Combien résisteront à l'ascenseur ?

Troyes, le GFC Ajaccio et Angers. Ces trois équipes sont les nouvelles écuries de la Ligue 1, après un exercice à l'étage inférieur bien maîtrisé. Toutefois, il est rare qu'aucun promu ne retourne de suite en Ligue 2, et il est envisageable que deux d'entre eux, voire que les trois, ne profitent que le temps d'une saison de l'élite de ce sport en France. Quels sont leurs atouts, et quels sont leurs points faibles ? C'est ce que nous allons découvrir.

Combien résisteront à l'ascenseur ?
Benjamin Nivet, l'éternel métronome de l'ESTAC

Angers.

Après six saisons durant lesquelles le SCO a manqué de peu la montée, les Angevins ont enfin accroché le bon wagon, en particulier grâce à sa défense, deuxième de Ligue 2 l'an passé. Le club comptera sur trois éléments, qui se partagent vécu et talent.

Le premier, Ludovic Butelle, est un gardien de but, qui compte 14 saisons professionnelles, dont 8 en première division. Il a évolué en France (Metz, Lille, Nîmes, Arles-Avignon) et en Espagne (Valence, Hercules Alicante, Real Valladolid). Triple meilleur gardien de Ligue 2 sur les quatre derniers exercices, les rencontres disputées en Ligue 1 avec le LOSC lui confèrent aussi une certaine autorité dans le vestiaire.

Le deuxième se nomme Olivier Auriac, milieu relayeur et capitaine de cette équipe, qu'il a représenté durant 8 de ses 14 saisons professionnelles, les autres ayant eu lieu à Bordeaux, en première division, et à Brest. Peu puissant, mais adroit techniquement, et très accrocheur, il est la clé de voûte de cette formation, qu'il compte bien maintenir dans l'élite.

Le dernier n'est autre que Jonathan Kodjia, un grand espoir qui s'élève enfin au niveau attendu. Après 7 saisons professionnelles, à Reims, Cherbourg, Amiens et Caen, voilà que cet attaquant de 25 ans est en Ligue 1 avec Angers, avec un titre de meilleur joueur de Ligue 2 à confirmer. Néanmoins, son mètre 90 et sa capacité à jouer dos au but peuvent servir son club.

GFC Ajaccio.

Promu à la surprise générale, avec la deuxième meilleure attaque, après une première accession du National vers la Ligue 2, le Gazélec découvre la Ligue 1, à l'occasion de ses 35 ans. Paradoxalement, l'expérience, non pas de l'équipe, mais de certains éléments, sera un atout primordial pour la survie du club. Ainsi, l'effectif comprend trois joueurs possédant un vécu colossal.

Le premier se nomme Jérémie Bréchet, défenseur central, 17 saisons professionnelles au compteur, dont 16 en première division, en France (Lyon, pour deux titres nationaux, ainsi qu'une Coupe de la Ligue et un Trophée des Champions ; Sochaux, pour une Coupe de France ; Troyes, et Bordeaux), mais aussi en Italie (Inter Milan), en Espagne (Real Sociedad), et aux Pays-Bas (PSV Eindhoven, pour une Supercoupe des Pays-Bas). Ses performances lui ont d'ailleurs ouvert les portes de la sélection à trois reprises, au début du siècle.

Le deuxième n'est autre que David Ducourtioux, milieu défensif, qui en est également à 17 saisons professionnelles, toutes en France (Bastia, Reims, Sedan, et Valenciennes), dont 10 en première division. Coéquipier modèle, qui a par ailleurs sauvé la vie de l'un de ses partenaires il y a de cela quelques années, son irréprochable mentalité permettra sans doute à sa formation de garder les pieds sur terre.

Le dernier, Grégory Pujol, attaquant de pointe, est redouté de beaucoup de défenses de l'Hexagone. 14 saisons durant, dont 13 en première division, il a étalé son sens du but, en France (Nantes, Sedan, et Valenciennes) et en Belgique (Anderlecht, pour un titre national). Très altruiste, parfois même trop, il sait faire jouer ses partenaires, faisant ainsi oublier une technique légèrement défaillante.

C'est donc sur ces trois éléments que le club se reposera afin de trouver le juste milieu de confiance, entre perte et trop-plein.

ES Troyes.

Après avoir écrasé l'édition 2014-2015 de la Ligue 2, avec la meilleure attaque et la meilleure défense, Troyes fait son retour dans l'élite, deux ans seulement après l'avoir quittée. Afin d'y rester, et de ne pas retomber à l'étage inférieur, le club devra se baser sur trois joueurs primordiaux dans l'accomplissement de cet objectif.

Le premier n'est autre que Lionel Carole, un latéral gauche courtisé par de nombreuses formations du Vieux Continent. Il a roulé sa bosse en France (Nantes, Sedan) ainsi qu'au Portugal (Benfica Lisbonne), il est arrivé dans l'Aube il y a de cela deux ans, et s'y est imposé. Longtemps critiqué pour ses oublis défensifs, il a peu à peu gommé ses erreurs pour s'affirmer comme le meilleur de Ligue 2 à son poste l'an passé.

Le deuxième , Benjamin Nivet, est un meneur de jeu de 38 ans, qui semble éternel, preuve en est des 6 buts inscrits l'an passé, pour le même total de passes décisives. Il est également passé par Auxerre, Châteauroux et Caen, bien que l'ESTAC reste son club de coeur. Véritable métronome, doté d'une vision du jeu au-dessus de la moyenne, son charisme jouera énormément dans la course au maintien qui arrive.

Le dernier se nomme Henri Bienvenu, est attaquant de pointe, et international avec le Cameroun qui plus est. Sa carrière tourmentée l'a conduit à Troyes il y a un an, où il a su se montrer décisif en de rares mais précieuses occasions. Auparavant, il avait joué en Tunisie (CA Bizertin ; ES Tunis, pour une Coupe de Tunisie, un Championnat de Tunisie, une Ligue des Champions du Maghreb et une Supercoupe du Maghreb), en Suisse (Young Boys de Berne), en Turquie (Fenerbahçe, pour une Coupe de Turquie ; Eskisehirspor), et, enfin, en Espagne (Real Saragosse). Bien qu'en manque de confiance ces dernières années, nul doute qu'il s'imposera à Troyes, où une telle expérience ne peut faire que du bien.