Quel bilan pour Girard au LOSC ?

L’entraîneur qui a fait le bonheur de Montpellier en 2012 a annoncé cette semaine aux dirigeants lillois son départ en fin de saison. Le Gardois ne sera resté que deux ans à Lille. Vahid Halilhodzic (1998-2002), Claude Puel (2002-2008) puis Rudi Garcia (2008-2013) avaient tous trois officié au moins quatre saisons sur le banc du club champion en 2011.

Quel bilan pour Girard au LOSC ?
Le technicien n'a jamais voulu accorder sa confiance à un attaquant sur le long terme

Ce qu’il a récupéré du LOSC : une équipe diminuée

En 2013, après sa première saison dans son Grand Stade, l’équipe de Rudi Garcia ne se qualifie pas pour une compétition européenne. Claude Puel, lui aussi, avait laissé à son successeur un effectif non qualifié pour l’Europe. Girard récupère donc des Dogues sortant de leur plus mauvaise saison du quinquennat de Rudi Garcia. De plus il perd trois joueurs devenus indispensables dans la composition lilloise. Lucas Digne, Aurélien Chedjou, et Dimitri Payet, qui semble pourtant enfin libéré sur le terrain, sont en effet en partance. Simon Kjaer, jeune défenseur danois, doit lui s’imposer d’entrée.

Grâce aux simples achats de Delaplace et Kjaer, ainsi que quelques retours au club (Enyeama, Souaré), le LOSC ne dépense même pas 4 millions. En revanche de grosses sommes sont empochées par les ventes de Payet (9 millions), Chedjou (6,3 millions), Digne (14 millions) ainsi que la revente de Thauvin (environ 9 millions de bénéfice). Le marché des transferts 2013 permet donc au LOSC de gagner 35 millions d’euros. René Girard, lui, récupère un effectif appauvri, usé par les transferts. Seuls Béria, Balmont et Mavuba étaient du XI champion deux ans plus tôt.

Première saison : peu de jeu, beaucoup de points

Pour sa première saison sur le banc, Girard choisit d’évoluer en contre. Le bilan est simple : 46 buts marqués en 38 matchs, mais seulement 26 encaissés. Lille termine troisième de Ligue 1 avec plus de 50% de victoires (20V, 11N, 7D). Vainqueur du championnat des budgets réalistes, le LOSC se qualifie pour le 3ème tour préliminaire de Ligue des Champions. Les parcours en coupes sont plus décevants. Le LOSC s’incline dès les 16ème de finale en Coupe de la Ligue face à Auxerre dans un stade presque vide. En Coupe de France il tombe à Rennes, 2-0, réalisant une de ses plus mauvaises performances de la saison.

Seconde saison : peu de points, moins de supporters

L’été 2014 est compliqué à gérer. Les dirigeants ne savent pas comment organiser les transferts. Le budget du club dépend en effet de l’éventuelle qualification en phase de poules de Ligue des Champions. Le club n’hésite pas à vendre Origi à Liverpool dès le mois de juillet. Ce joueur des diables rouges profite de l’effet Coupe du Monde pour prendre 10 millions de valeur en jouant à peine quatre rencontres. Pour finaliser sa formation le joueur est prêté dans la foulée à Lille pour y disputer la saison 2014-2015. Salomon Kalou, meilleur buteur du LOSC la saison précédente, est vendu pour alléger la masse salariale. Arrivent alors le jeune Marcos Lopes, technicien portugais prêté par Manchester City, et Sébastien Corchia, en provenance de Sochaux, relégué.

Les Lillois se qualifient pour le barrage de Ligue des Champions en sortant le Grasshopper Club de Zurich. Face au FC Porto les hommes de Girard sont éliminés sans être ridicules. Début septembre un pari est tenté en recrutant le jeune buteur Michael Frey (1,88m, 86kg). Surprenant leader mi-septembre, le LOSC s’écroule. Aucun match n’est remporté jusqu’à fin décembre, les Lillois sont 15ème. Girard, déjà peu apprécié, devient alors haï de la quasi-totalité des supporters. Son problème est de ne pas mettre en confiance le moindre attaquant en les alternant titulaires et remplaçants. En Europa League l’élimination est logique dans une poule relevée (Everton et Wolfsburg), mais sortir avec les honneurs, en décrochant au moins une victoire face aux modestes russes du Krasnodar, aurait été appréciable. La deuxième partie de saison sauve l’honneur. Il reste deux journées et les Dogues devraient terminer 8ème du championnat, avec environ 15 points de moins qu’en 2014.

Et maintenant ?

Comme l’ont fait avant lui Garcia et Puel, Girard laisse à son successeur une équipe déchargée de toute compétition européenne. Les jeunes ont eu leur chance lors du mandat du coach vauverdois. Origi s’est découvert, Traoré et Pavard ont eu plus de temps de jeu qu’ils n’auraient pu l’espérer. Gueye et Sidibé ont réalisé de beaux progrès à leurs postes respectifs. Probablement lassé des mercatos à balance largement positive et des sifflements en tribune, Girard quitte une formation qui devrait se bâtir autour de jeunes éléments en 2015-2016.

Dans le Nord depuis plusieurs saisons, Balmont et Mavuba risquent de partir. Au bout d’une saison décevante le concernant, le corps d’Origi rejoindra sa tête Outre-manche. Le nouvel entraîneur, qu’il se nomme Hervé Renard, annoncé en discussions avec Seydoux par la presse, ou pas (Antoine Kombouare, Vahid Halilhodzic, Jocelyn Gourvennec ou encore Rémi Garde…), devra plus compter sur de jeunes talents (Boufal, Gueye, Pavard, Lopes s’il reste) que sur de grosses sommes d’argent.