Christian Gourcuff, clap de fin

Si cet emblématique coach a bouclé sa vingt-cinquième saison avec le FC Lorient, c'est aussi la dernière. Pour cet entraîneur emblématique du club breton, comme pour les entraîneurs, cette séparation sera douloureuse.

Christian Gourcuff, clap de fin
Gourcuff saluant un Moustoir débout, scandant son nom, malgré la défaite.

Samedi 17 mai, 23h : Monsieur Rainville siffle la fin du match Lorient-Lille, qui va permettre aux Lillois de faire les barrages de Ligue des Champions. Mais pour le Moustoir, debout, l'important n'est pas là. En effet, Christian Gourcuff, entraîneur emblématique et historique du club, vient de faire ses adieux. Un stade scandant son nom, un bras tendu en signe d'au revoir, des larmes aux yeux, voici les derniers souvenirs que le "druide" (comme il est surnommé) gardera de son dernier match, malgré la défaite. Un stade ému comme rarement, voyant 25 années, un quart de siècle, une énorme page se tourner. Ne revenant même pas sur le terrain par la suite, et ayant eu un échange plutôt virulent avec son président dans les couloirs devant les caméras, Christian Gourcuff vient définitivement de faire son dernier match à Lorient. "Je ne reviendrai pas comme Guy Roux" disait l'intéressé dans le Ouest-France. 

Un départ, la faute à qui ? 

Loic Féry, président du FC Lorient, semble avoir fait son choix. Son choix de laisser partir une figure emblématique du club, sans artifice, sans fête prévue (contrairement à Ludovic Giuly). Son choix de ne pas continuer avec Christian Gourcuff, dont le profil ne semblait plus lui plaire. Ne se rendant probablement pas compte de ce qu'était cet homme, ne se rendant probablement pas compte de la ferveur populaire qui règnait en faveur du natif de Hanvec (Finistère), qui a sorti le club du fond de la Division d'Honneur (DH) pour l'emmener aujourd'hui dans l'élite du football français. 

Mais également son staff, de qui il semble s'être éloigné. Sylvain Ripoll, son adjoint, fortement pressenti pour le remplacer, n'a cependant rien fait pour le retenir. Sans citer de nom, l'ancien entraîneur du FC Lorient a parlé de "trahison" ne sachant pas s'il s'agit de son adjoint, ou d'un autre membre de sa "garde rapprochée". Quand tout se goupille contre un seul homme, tout est à terre, le travail, la philosophie. 

Un travail énorme, une philosophie apportée

Si cet homme est arrivé à performer avec un effectif relativement réduit et décimé (par le nombre de blessures conséquent), il aura surtout réussi à faire parler du club breton comme un club qui joue au ballon, et qui prône une qualité de jeu à tout prix. "La manière avant le résultat" comme le disent beaucoup de supporters de Lorient, où une défaite peut être applaudie, et une victoire sifflée. Un public exigent mais connaisseur, lorsqu'il s'agit de congratuler l'homme qui est probablement l'homme de ce club. 

Le 4-4-2 lorientais reste une légende, une identité pour ce club, dont on ne connait pas l'avenir. Le 4-4-2 lorientais n'était même plus une question pour les journalistes, qui pouvaient annoncer le dispositif avant même la remise de la feuille de match. Son exigence en a fait un robot pour certains, un donneur de leçon pour d'autres, mais cela reste un passionné de football, qui n'a pour lui que ses idées, qu'il a réussi à imposer. 

"Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé", l'ambiance qui régnait au FC Lorient était celle-ci, et la sera probablement en fonction des résultats du remplaçant. L'identité de jeu disparaîtra peut être, quand on parle de Raymond Domenech ou Paul Le Guen, mais l'âme de Gourcuff planera éternellement sur le stade du Moustoir.