Lorient à l'Ouest

Quatre défaites consécutives, avec quatre matchs consécutifs sans marquer le moindre but, le FC Lorient est très en difficulté. Entre une défense très distraite par moment, et une attaque inefficace, le FC Lorient se place maintenant comme un candidat sérieux à la descente. Analyse.

Lorient à l'Ouest
Sylvain Ripoll et Loïc Fery, une association qui (pour l'instant) ne porte pas ses fruits

On avait prédit au FC Lorient une saison compliquée, dûe à un changement d'entraîneur. La philosophie de jeu n'ayant pas changé, la qualité de jeu n'est toujours pas au rendez-vous. Une attaque stérile et manquant de créativité, combinée à une défense qui a parfois des trous d'air, et le club breton se retrouve au bord de la zone de relégation. Mais pourquoi cette équipe a-t-elle autant de problèmes ? Risque-t-elle réellement la Ligue 2 ? 

Un mercato problématique

Tout d'abord, le problème est un problème d'effectif. Les nombreux départs parmi les titulaires, de Jérémie Aliadière, Vincent Aboubakar, Kevin Monnet-Paquet et de Bruno Ecuele Manga, n'ont pas été remplacés par des joueurs qui, pour l'instant, montrent l'étendue de leur talent. Ayant l'habitude de recruter à l'échelon inférieur, le club breton a recruté Benjamin Jeannot, dont l'intégration au collectif semble compliquée malgré des entraînements intéressants, François Bellugou, dont le premier match a été une catastrophe, Walid Mesloub, expulsé ce samedi et Vincent Le Goff, encore un peu tendre pour la première division. Difficile donc de faire oublier les cadres, avec des joueurs encore tendres. Le recrutement en Ligue 2 les années précédentes semblait plus efficace, basé sur des joueurs présents dans l'équipe type UNFP de la saison (Laurent Koscielny, Bruno Ecuele Manga...). 

Mais surtout, le problème du mercato lorientais reste le "gros coup" teasé par le président Loïc Féry. Jordan Ayew, payé quatre millions d'euros par le FC Lorient, est arrivé présenté comme une rockstar et comme une marque d'ambition. Ambition détruite plus tard par la vente de Vincent Aboubakar. Le ghanéen semble avoir du mal à s'intégrer dans le collectif lorientais, en témoignent ses nombreux contrôles de balle ratés, et des buts qui tardent à arriver (un seul but en sept rencontres). Quand les attaquants ne marquent pas...

Un effectif donc chamboulé pendant un mercato agité, et dont les lorientais ne sont pas les plus heureux. Dans un style de jeu où les automatismes sont rois, le mercato agité est un bouffon.

Un manque de créativité affolant

Le FC Lorient est une équipe basée sur un milieu de terrain qui agite la rencontre, et qui trouve souvent les espaces. Mais voilà, avec un Mathieu Coutadeur loin de son meilleur niveau, c'est l'équipe bretonne qui est en manque de créativité. De plus, les attaquants, très actifs dans le jeu les années passées (Jérémie Aliadière surtout, mais aussi Vincent Aboubakar), sont aujourd'hui passifs ou cantonnés à un rôle de pivot, dans lequel ils ne sont pas forcément très utiles. Une possession inutile, et stérile, qui laisse penser que le club pourrait jouer des heures, sans pousser la balle au fond des filets.

Sur les côtés, Kevin Monnet Paquet absent, c'est Gilles Sunu qui prend le relais. Le seul endroit où le départ est convenablement remplacé, par un joueur du club, qui prend de l'ampleur. Les côtés, pour palier les carences du jeu central du FC Lorient, devront dynamiter les défenses, là où quand elles sont bien en place, l'impression est que rien ne peut leur arriver. Que ce soit Reims ou Evian, quand le "bus" est en place, Lorient n'a pas les clés pour le pénétrer, du moins pas tant que les automatismes manquent. 

Des relations étranges entre les supporters et le président

On a rarement l'habitude de voir un stade du Moustoir qui sonne creux. Parmi les meilleurs affluences les dernières saisons, c'est un stade à moitié vide qui a accueilli les Merlus pendant les premières journées de championnat. Affluence probablement dûe à des valeurs du club moins présentes qu'auparavant et des fidèles de Christian Gourcuff, qui ne se sont pas ré-abonnés, comme signe de protestation envers le président. Vu le spectacle affiché ces derniers temps, pas sûr que ce soit mieux lors des prochaines rencontres. 

C'est que le président lorientais enchaîne les couacs. Les lorientais commençaient à avoir l'habitude de ses maladresses, mais récurrentes, elles deviennent insupportables pour les fidèles bretons. Depuis le cas Mario Lemina, elles ne sont plus pardonnées. Christian Gourcuff parti, et le mercato mal géré, c'est déjà compliqué pour les lorientais. Mais maintenant, c'est en terme de communication, que cela coince. Notamment sur Twitter, où le "trader" semble très bavard les jours de victoire (notamment contre Guingamp et ses très nombreux retweets), et son Twitter sonne très creux les jours de défaites. Mais aussi dans les interviews, où il ne semble pas vouloir reconnaître le bon travail de Christian Gourcuff ou alors mettre le problème du mercato lorientais sur les épaules de Sylvain Ripoll. Disant que "Traoré était la recrue du mercato de Ripoll", il oublie qu'à quelques heures près, il le cédait au club de la Principauté. Présent dans  les travées du Moustoir ce samedi, il a pu entendre les nombreux "Fery démission", entonnés par certains supporters, masqués par les "Ne lâchez rien" des Ultras présents.  

L'entraîneur, pas le problème

Sylvain Ripoll, reprenant la même philosophie que son précédesseur Christian Gourcuff, ne semble pas être le problème du FC Lorient. Même si son nom semble moins "glamour" et parlant que celui de l'actuel sélectionneur de l'Algérie, il semble perpétuer les traditions. Mais un effectif limité et très loin de ce qu'il y avait l'année passée complique sa tâche, déjà rendue ardue par les supporters, moins tolérants.

Le problème se situe réellement chez Loic Fery, désavoué par les supporters et par les amateurs de football, il enchaîne les couacs et complique la situation sportive du club, semblant préférer les montages financiers. Pour le FC Lorient, il faudra rectifier ces problèmes de suite, si l'on veut que l'âme de la Ligue 2 ne plâne pas au dessus du Stade Yves-Allainmat. 

Ils étaient une équipe de copains, mais l'ambiance semble moins présente en ce moment, dans un groupe qui va devoir se serrer les coudes pour rester dans l'Elite.