Toulouse, un début de saison qui laisse à espérer

Après 9 journées de championnat, Toulouse reste sur une bonne dynamique en signant son 4ème match sans défaite (victoire face à Saint-Etienne, 1-0). A l'heure de la seconde trêve international de la saison, un retour sur ce début de saison s'impose.

Toulouse, un début de saison qui laisse à espérer
Toulouse, un début de saison qui laisse à espérer.

L'inquiétude des premières journées.

Alain Casanova l'a dit et répété, il est temps de faire du Stadium une forteresse où il est difficile de venir prendre un point pour nos adversaires. Chose faite, puisque les 2 premiers matchs à domicile se sont chacun conclus par une victoire face à Lyon et Evian (respectivement 2-1 et 1-0). Toulouse était  lors de la saison 2013-2014 l'une des équipes à avoir remporté le plus de points à l'extérieur avec 25 points, loin derrière Paris (41) et Monaco (38), mais proche des futurs européens Lyon (30), Lille (29), Saint-Etienne (28) ou encore Marseille (27), à contrario des matchs à domicile, classant alors le Tef 17eme.   


Sur les match à l'extérieur, le TFC a encaissé 7 buts en 3 matchs, pour n'en avoir marqué que 2. Ceci est notamment dû à un manque de concentration, des erreurs de défense mais aussi un manque de réalisme devant les buts. Il faut rappeler que Toulouse joue dans un système à animation offensive avec 3 défenseurs centraux et non 5 contrairement à ce que l'on peut croire, ce qui laisse plus d'espace pour l'adversaire et donc plus de risque d'encaisser des buts. La charnière de début de saison était composée de Dusan Veskovac, Uros Spajic et Dragos Grigore, mais des blessures, notamment celle d'Uros Spajic ont dû obliger le coach à effectuer 2 changements:  replacer Grigore au centre et mettre François Moubandje à gauche (ce dernier a tout d'abord été recruté pour jouer piston gauche, mais suite à une grosse blessure et une forte concurrence, Casanova l'a repositionné en défense dès cet été). Moubandje est l'une des surprises de ce début de saison, on ne s'attendait pas à le voir à un tel niveau, ses efforts ont payé et lui ont valu une première sélection avec l'équipe A Suisse.


Ce schéma à 3 défenseurs requiert donc des joueurs disciplinés, aimant le duel, défendant le plus haut possible et permettre à son relayeur (en l'occurrence Abel Aguilar) de rapidement relancer le jeu, sans oublier un gardien de but en pleine confiance. Le rôle des pistons est quand à eux plus offensif, ils doivent enchaîner les efforts et les allers-retours et leur rapidité est un atout sur les actions offensives. Mais comme l'a récemment expliqué Alain Casanova, lorsqu'un des pistons monte, le second peut alors se positionner à la même hauteur que la défense, ce qui permet de repasser à une défense à 4 et de prendre moins de risque en cas de contre attaque par exemple. 


Une régularité à installer.

Il faut savoir que le 3-5-2 instauré par Alain Casanova est un projet qui se fait sur du long terme, qui met du temps à s'installer. La saison dernière fut la toute première sous ce schéma, avec un gros renouvellement du 11 de départ jusqu'à présent (9 des 11 titulaires du dernier match sont des joueurs arrivés depuis le mercato estival de 2013). Des automatismes que l'on retrouve actuellement se sont ainsi mis en place.


Au niveau de la forme, Toulouse joue avec un milieu à 3 (dont 1 relayeur) et 2 pistons permettant de couvrir les ailes. Ce milieu compose la base, le cœur du jeu. L'absence de Didot (blessé à Rennes, 7eme journée) a été crainte au milieu de terrain mais c'était sans compter sur Tongo Doumbia, fraîchement arrivé en fin de mercato estival, qui a fait parlé de sa percussion et de sa lecture du jeu, chose que Didot faisait très bien. Cependant, Doumbia a un profil différent de nos autres milieux, il s'agit d'une sorte de Moussa Sissoko, joueur non technique mais très physique, qui apporte un plus et un autre rythme. 


Il y a par ailleurs dans cette équipe des joueurs sur qui l'on peut compter, que ce soit Pantxi Sirieix, Adrien Regattin, ou encore Jean-Daniel Akpa Akpro qui a passé un cap avec la Côte d'Ivoire à la Coupe du Monde. Une véritable solidarité s'est également installée, permettant aux joueurs de jouer tous les coups à fond, de ne pas laisser ses coéquipiers en difficulté à l'image de Wissam Ben Yedder qui n'hésite pas à venir défendre ou Dragos Grigore et ses montées. Cette solidarité est également marquée par un très bon état d'esprit, que ce soit sur ou en dehors des terrains.

De plus, l'une des choses qui faisait défaut la saison passée est l'arrêt du jeu après avoir mené, Toulouse avait ainsi du mal à terminer ses matchs convenablement et se faisait de plus en plus peur. Cette saison en prenant l'exemple de Rennes, en menant 1-0 à la mi temps, les violets continuaient de pousser, de se créer des occasions et de se montrer dangereux. Ce fut également le cas face à Paris, où après avoir été égalisé, les toulousains reprenaient le jeu en main, étouffaient l'adversaire par un pressing haut et constant malgré le score final de 1 partout. 
Ce milieu de terrain est non seulement composé de joueurs défensifs (Aguilar, Furman, Sirieix) mais également des profils plus offensifs (Trejo, Regattin, Roman) procurant une meilleure animation.

La force offensive.

Le 3-5-2 est un système qui laisse passer des buts mais qui, grâce à de bons joueurs de ballon, permet aussi d'en marquer. Le Toulouse FC dispose de 3 attaquants aux profils différents: Martin Braithwaite, arrivé été 2013, aime chercher la profondeur avec sa vitesse; Aleksandar Pesic, jeune espoir serbe fait de sa taille (1m90) un atout, lui permettant de chercher des ballons de la tête; et enfin Wissam Ben Yedder, le petit prodige (1m70) à la technique Futsal. Ce dernier est aujourd'hui assez connu en ligue 1 par ses gestes et sa polyvalence avec les 2 autres attaquants. En effet, ce joueur n'a cessé de s'améliorer au fil des saisons (15 puis 16 buts lors de ses 2 premières grandes saisons) et en est actuellement à 6 buts en 9 journées. Ils s'est d'une part amélioré devant les cages, tentant plus sa chance, et d'autre part dans ses mouvements qui lui donne l'occasion de marquer de beaux buts (à l'image de son but face à Reims la saison passé au Stadium, victoire 3-2, ou encore du mouvement collectif à Geoffroy Gichard plus récemment). Ben Yedder, que beaucoup réclament en Équipe de France, a par ailleurs cette faculté de pouvoir facilement s'associer à l'un de ses acolytes, ceux ci n'hésitant pas à se chercher sur le terrain. Il faut cependant conclure les nombreuses occasions qui sont provoqués, car même en ayant de bons attaquants, le manque de réalisme peut être présent. Espérons qu'en Pesic ce manque sera comblé.

Être plus décisif face aux buts, être plus régulier dans les résultats et être tout aussi agréable dans le jeu, tel est la recette du Toulouse Football Club pour cette saison 2014-2015. Le prochain match face à Marseille devrait plus nous éclairer.