Résumé de l'audience du Testgate Mercedes-Pirelli

L'audience dans l'affaire des essais secrets entre Mercedes et Pirelli avait lieu aujourd'hui au Tribunal de la FIA à Paris. Retour sur un évènement très attendu par le monde de la F1.

Résumé de l'audience du Testgate Mercedes-Pirelli
Mercedes dans le collimateur de la FIA (F1)

La position du représentant de la FIA en F1 est un des éléments clés de cette affaire. En effet, Mercedes a basé une partie de sa défense sur le fait que Charlie Whiting n’avait rien trouvé à redire sur la tenue de ces essais. Or la FIA, par le biais de son avocat Mark Howard, a clairement pris ses distances aujourd’hui avec son représentant sur les circuits. La FIA annonce que la parole de Whiting et son avis n’avaient aucune "valeur juridique" dans ce cas présent. Donc la Fédération n’avait pas donné son aval.

La FIA a également insisté sur le fait que Mercedes et Pirelli n’ont pas été totalement transparents dans cette affaire. Elle pose aussi la question de l’avantage potentiellement tiré par Mercedes de ces essais. Une question à laquelle Ross Brown, TP de Mercedes, a finalement répondu par l’affirmative.

Mercedes contre-attaque

On attendait beaucoup de la position de Mercedes. L’écurie allemande, via son avocat Paul Harris et son team manager Ross Brown, a martelé que les essais ont été menés par Pirelli et non par elle-même. Elle appuie son propos avec la question de la télémétrie, qui, selon Mercedes, est la propriété unique du manufacturier italien.

Ross Brown a quant à lui rappelé que Whiting représente la FIA et que les données des essais n’auraient pas pu servir à Mercedes. Il a rappelé que les essais étaient du ressort de Pirelli, et que du coup, il n’avait pas jugé utile d’en informer les autres équipes. En outre Pirelli n’est pas un compétiteur pour Mercedes qui donne là son interprétation du règlement (qui stipule qu’un compétiteur ne peut effectuer des essais privés dans la saison).

Donc Pirelli pouvait faire ces essais selon Mercedes qui se range à nouveau derrière le fait que le fournisseur de pneus F1 est l’instigateur de ces sessions de Barcelone.

Défense parfois confuse

Outre le rejet de la responsabilité des essais sur Pirelli, la marque à l’étoile est en suite revenue sur le cas de Ferrari. Selon Mercedes, la Scuderia devrait aussi être accusée car les monoplaces de 2011 (utilisée par Ferrari lors d’essais avec Pirelli) et 2013 sont très proches. L’écurie de Lewis Hamilton et Nico Rosberg est en possession de mails entre Ferrari et Pirelli où la Scuderia réclame plus de données sur les essais menés avec Pirelli. Ce que Mercedes n’aurait pas fait. Du coup, les Allemands s’interrogent sur le fait que Ferrari ait été dédouanée de toute infraction.

Autre pan de la défense quelque peu particulier, le cas de Lotus. Mercedes est revenue sur le cas de la Renault de 2010 utilisée par Pirelli. Selon la marque allemande, Lotus aurait pu bénéficier des données du manufacturier italien. Ce à quoi la FIA est intervenue pour remettre Brown sur le droit chemin.

Pirelli derrière la loi

La position des Italiens est claire et nette. Pirelli ne peut pas être inquiétée par la FIA. Seul le TGI de Paris est compétent. Entrée en matière musclée du manufacturier qui poursuit sur sa proposition envoyée à toutes les écuries pour des essais dès mars 2012, proposition valable aussi pour 2013. Une ligne de défense au final simple.

La question des sanctions

Le verdict devrait être rendu demain. L’interdiction des essais privés avec les jeunes pilotes a été évoquée par l’avocat de Mercedes. Nous en saurons plus demain.