Williams F1 Team - 2006-2013 : Loin du compte

Dernière partie aujourd'hui de notre chronique sur l'écurie Williams F1 Team. Après les années glorieuses entre 1987 et 1997, la première partie des années 2000 a été une accumulation d'occasions manquées. Le départ de BMW fin 2005 place l'écurie dans une situation délicate, tant sur le plan financier que sportif.

Williams F1 Team - 2006-2013 : Loin du compte
La victoire de Maldonado en Espagne en 2012 sonne comme une délivrance pour Williams (Sky)

C'est un vrai bouleversement pour l'écurie de Frank Williams qui perd à l'orée de la saison 2006 son moteur BMW, les pneus Michelin, l'un de ses pilotes Nick Heidfeld. Comment l'écurie va-t-elle s'y prendre pour essayer de revenir au niveau qui doit être le sien, à savoir lutter pour le titre mondial ?

Tout d'abord en recrutant un jeune espoir allemand au nom qui évoque de bons souvenir pour Grove, Rosberg. Nico, fils de Keke, fait ses débuts en F1 dans l'équipe qui a sacré son père en 1982. Mais l'espoir se transforme vite en cruelle désillusion. Le nouveau moteur Cosworth n'est pas assez performant et les Williams sont engluées dans le ventre mou du classement.

2007-2009, l'espoir Toyota

A partir de 1983-84, Honda avait propulsé Williams sur la plus haute marche en F1 avec en point d'orgue les fabuleuses saisons 1986 et 1987. Au vu des performances désastreuses en 2006, Frank Williams décide de changer de groupe propulseur. Il se tourne vers Toyota, avec l'espoir secret que cette nouvelle union anglo-japonaise fasse retrouver des résultats dignes de ce nom. Clairement, 2007 est bien meilleure que 2006. Rosberg entre dans les points à de multiples reprises, et Alex Wurz monte sur le podium au Canada.

Idem en 2008 mais après une bonne entame (podium de Rosberg en Australie), Williams retombe dans ses soucis de fiabilité et de performance. Patrick Head et Frank Williams paraissent en difficulté à la tête de l'écurie, car le manque criant de résultats commence à peser sur les finances de l'écurie. 2009 sera une nouvelle fois compliquée, à tel point que les fondateurs vendent une partie de l'écurie à Toto Wolff. Autre coup de massue, Toyota annonce son retrait de la F1 et Williams se retrouve une nouvelle fois à devoir chercher un moteur pour 2010.

2010-2011 : Se battre pour exister

C'est une nouvelle fois avec Cosworth que Frank Williams fait affaire pour la fourniture moteur pour les deux saisons qui viennent. Nico Rosberg est parti relever le défi de sa vie chez Mercedes et les nouveaux venus Hulkenberg et Barrichello se démènent au volant d'une monoplace qui ne permet pas de viser autre chose que de petits points. La pole improbable d'Hulkenberg au Brésil (dans des conditions humides) n'est qu'un leurre. En 2011, et pour la première fois, Williams doit mettre dans le baquet de l'une de ses FW un pilote payant, l'une des grandes tendances de ces dernières années. Les écuries ne payent plus le pilote, le pilote, aidé de ses sponsors, paye pour conduire.

L'arrivée de Maldonado et du groupe vénézuélien PDVSA vont être une vraie bouffée d'oxygène pour l'écurie de Grove au niveau financier. Mais qu'en sera-t-il au niveau sportif pour les années futures ? 2011 est compliquée, mais une nouvelle qui va faire frémir le monde de la F1 est sur le point d'être révélée.

 

2012-2013 : le retour d'un duo mythique

Williams-Renault. Pour Frank Williams, ce nom résonne comme une chimère victorieuse et qui lui a apporté ses plus grandes joies et ses plus grandes peines dans les années 90. Lorsque début janvier 2012, le motoriste français annonce un partenariat de deux ans avec Williams, le paddock est en ébullition. Le retour de l'un des duo écurie-motoriste les plus célèbres de l'histoire de la F1 a de quoi réjouir et impressionner. Et lorsque quelques jours plus tard, Frank Williams annonce avoir recruté Bruno Senna, en provenance de chez Lotus, l'histoire semble essayer de se jouer au présent.

En effet, voir un Senna, casque jaune à bord d'une Williams est une chose particulière. Le patron de Williams avoue avoir longuement hésité à titulariser Bruno, du fait de l'histoire tragique de son oncle Ayrton avec l'écurie de Grove. Il n'en reste pas moins que sur le papier, Maldonado-Senna avec des Williams-Renault, l'écurie a fière allure.

  

Dès l'entame de la saison, le bond en performance est flagrant. Là où les FW33 se battaient pour essayer de rentrer dans les points en 2011, les FW34 de Maldonado et Senna jouent les places d'honneur, voir un peu plus. Et lors du GP d'Espagne, Pastor Maldonado réalise le week-end parfait (pole-victoire) pour offrir le 114e succès de l'histoire de l'équipe. Même si la fin de saison est plus mitigée, Williams est revenue sur le devant de la scène. On attend alors beaucoup de 2013.

Et là .... Une monoplace arrivée tardivement et pas au niveau, un Maldonado en délicatesse, Bottas le nouvel arrivant encore un peu tendre, malgré quelques jolies performances en qualifs ... Williams retombe dans l'anonymat des places hors des points. L'association avec Renault s'a pas apporté autant qu'espéré. De plus, à l'orée d'une saison 2014 qui va voir un bouleversement de la règlementation avec l'arrivée des nouveaux moteurs V6 Turbo, Renault ne souhaite plus fournir autant d'écuries. Williams apparait comme le fusible dans la stratégie de Renault, qui équipe RedBull et Lotus, deux écuries de pointe, en plus de Caterham (avec qui le constructeur français à de liens privilègiés pour la renaissance d'Alpine). Frank Williams a compris qu'avec la signature de Toro Rosso avec Renault, il va lui falloir chercher ailleurs.

C'est vers l'Allemagne que le futur de Williams va s'écrire. En choisissant de s'allier avec Mercedes, Grove choisit un motoriste qui a été capable de fournir McLaren avec le succès que l'on connait, et grand pourvoyeur de moteurs de qualité (le Mercedes étant souvent reconnu comme le plus puissant du plateau). La nouvelle épopée des moteurs Turbo en F1 sera-t-elle aussi glorieuse pour Williams que la période dorée 1984-1987 ? A voir dès l'an prochain.