Grosjean vers Haas, Renault rachète Lotus

La grille 2016 en F1 prend forme, et les choses bougent pour les Français. Alors que Renault vient d'annoncer son intention de racheter l'écurie Lotus, Romain Grosjean quittera Enstone l'année prochaine. Il rejoindra l'écurie américaine Haas, qui fera son apparition en F1.

Grosjean vers Haas, Renault rachète Lotus
Romain Grosjean, GP des Etats-Unis 2013. Source : Fox News

Grosjean chez Haas, Renault de retour en constructeur à plein temps, peut-être avec Alain Prost comme consultant et Jean-Eric Vergne à bord, et un gros point d'interrogation sur le futur motoriste de Red Bull : quelques certitudes se forment et beaucoup de questions demeurent sur les protagonistes de la saison 2016 de F1, alors qu'il reste 5 courses à disputer en 2015.

Romain Grosjean à l'heure US

La nouvelle a été officialisée ce mardi depuis les locaux de l'écurie en Caroline du Nord : Romain Grosjean fera partie de l'aventure américaine en F1. A la veille du Grand Prix des Etats-Unis, l'écurie dirigée par Gene Haas, qui se prépare à faire son entrée sur le plateau de la F1 la saison prochaine, a présenté celui qui sera son premier pilote. On attend la confirmation de son équipier qui devrait être le mexicain Esteban Gutierrez, pilote d'essais Ferrari. L'écurie Haas, soutenue par Ferrari pour son entrée en F1, bénéficiera du moteur ainsi que d'une partie du châssis de la Scuderia en 2016. C'est aussi le tremplin rêvé pour le Français pour rebondir chez Ferrari, où le baquet de Räikkönen devrait se libérer pour la saison suivante, en 2017.

Renault rachète Lotus...

On savait déjà que Romain Grosjean allait quitter Lotus, trop de doutes planant sur l'avenir l'écurie d'Enstone. Renault vient également d'annoncer son intention de racheter l'écurie qu'elle avait revendue à Genii en 2012. Courant sous l'appellation Lotus, cette écurie privée n'avait rien à voir avec le célèbre constructeur britannique dont elle porte le nom, et qui avait fait les heures glorieuses de la F1 jusque dans les années 1990, sous la houlette du génial Colin Chapman, avec des pilotes comme Clark ou Senna. Equipée d'un moteur Renault jusqu'en 2014, l'écurie avait préféré se tourner vers Mercedes pour la fourniture des moteurs en 2015, avec un regain de performance à la clé. Néanmoins, criblée de dettes, l'écurie devait trouver un repreneur prêt à éponger celles-ci pour repartir de l'avant.

 

2010, dernière F1 100% Renault. Source : The Telegraph

... et divorce de Red Bull

Lotus, qui devrait être renommée Renault F1 Team, sera le fer de lance du constructeur français en F1. L'aventure de Renault en tant que simple motoriste n'aura donc duré que 4 ans, et l'ère du V6 Turbo amorcée en 2014 aura sérieusement écorné son image. Après avoir enchaîné les titres avec Red Bull et Vettel entre 2010 et 2013 (et malgré la présence d'une écurie Renault "officielle" en 2010), Viry-Châtillon a souffert de la nouvelle réglementation sur les moteurs, faisant pâle figure à côté de Mercedes, ainsi que de Ferrari depuis 2015. Seule Honda peut servir de faire-valoir aux moteurs français, avec une année d'expérience en moins de ces technologies.

Alain Prost à la barre ?

Au vu des difficultés de Renault, le mariage avec Red Bull s'est rapidement étiolé, avec seulement trois victoires en 2014, et toujours aucune en 2015, à tel point que le divorce a été annoncé à la fin de l'été. Dès lors, les deux écuries motorisées par Renault étant Red Bull et sa petite soeur Toro Rosso, le motoriste français ne pouvait rester en F1 qu'au prix d'un investissement total dans la discipline, passant par le rachat d'une écurie. Le candidat idéal était Lotus, malgré ses dettes, pour le passé unissant l'écurie d'Enstone à Renault : rappelons que les deux titres de Fernando Alonso ont été acquis en 2005 et 2006 sur les monoplaces sorties de ces usines et motorisées par Renault. Il se murmure en coulisse qu'Alain Prost pourrait aussi être de la partie, lui qui manqué le titre de peu en 1983 au volant d'une Renault à moteur V6 turbo.
 

Jean-Eric Vergne et Alain Prost. Source : Eurosport



Vergne pourrait rejoindre Renault

Du côté des pilotes, le Vénézuélien Pastor Maldonado est déjà confirmé. S'il a souvent été critiqué pour son manque de constance et ses nombreuses sorties de pistes, le Sudaméricain arrive aussi avec une valise bien remplie de pétrodollars (le Vénézuéla étant l'un des plus grands producteurs). Qui pour le seconder ? Là encore, les Français pourraient être bien placés : avec le départ de Grosjean, Renault pourrait chercher à placer un pilote tricolore dans l'autre monoplace. Le meilleur candidat est Jean-Eric Vergne, actuellement pilote d'essais pour Ferrari, qui aurait pu prétendre à un baquet chez Haas à ce titre... mais deux Français dans une écurie US, cela risquerait de faire un de trop ! Ce statut ferait aussi de lui une source d'informations précieuse pour Renault. Le jeune Esteban Ocon, impressionnant en F3 en 2014, pourrait être un autre bon choix pour Renault, à moins que la décision s'oriente vers le pilote d'essais britannique de Lotus, Jolyon Palmer, champion GP2 en 2014.

Red Bull et Toro Rosso motorisées par Ferrari ?

Parmi les dernières interrogations principales sur la grille 2016, figure le sort de Red Bull. Après la séparation avec Renault, l'écurie autrichienne doit trouver une motorisation pour ses deux formations. Mercedes a déjà annoncé avoir refusé de fournir un moteur à Red Bull - l'argument avancé étant, sans langue de bois, que les monoplaces dessinées par Adrian Newey seraient trop menaçantes au championnat avec un bloc Mercedes à bord - Ferrari n'a pas encore indiqué sa position sur le sujet, mais les craintes sont les mêmes du côté de Maranello. Puisque Honda fournira exclusivement McLaren en 2016, Red Buill compte pourtant sur les moteurs de la Scuderia pour 2016. L'écurie Manor, précédemment fournie par Ferrari, passant chez Mercedes pour 2016, Maranello pourrait avoir la capacité de production pour équiper les deux écuries de Red Bull. Les dernières rumeurs faisaient état de négociations avancées entre Red Bull et le groupe Volkswagen/Audi/Porsche pour la fourniture de moteurs en 2017... mais c'était avant le scandale des contrôles antipollution, dont on ne sait pas comment il affectera l'avenir du groupe VAG en sport automobile.

La grille 2016 : certitudes et interrogations

Mercedes-Mercedes : Lewis Hamilton - Nico Rosberg
Red Bull-Ferrari : Daniel Ricciardo - Daniil Kvyat/Max Verstappen
Williams-Mercedes : Valterri Bottas - Felipe Massa
Ferrari-Ferrari : Sebastian Vettel - Kimi Räikkönen
McLaren-Honda : Fernando Alonso - Jenson Button/Stoeffel Vandoorne/Kevin Magnussen
Force India - Mercedes : Nico Hülkenberg - Sergio Pérez
Toro Rosso - Ferrari : Carlos Sainz - Max Verstappen/Pierre Gasly/...
Renault - Renault : Pastor Maldonado - Jean-Eric Vergne/Esteban Ocon/Jolyon Palmer
Sauber - Ferrari : Marcus Ericsson - Felipe Nasr
Manor - Mercedes : Pascal Wehrlein/Rio Haryanto/Will Stevens/Alexander Rossi/Esteban Ocon...
Haas - Ferrari : Romain Grosjean - Esteban Gutierrez

En italique, les points encore en doute.