Le parcours de l'équipe de France en Coupe du Monde

Just Fontaine en 1958, le scandale de Séville, Kostadinov dans les dernière secondes, le triomphe de 1998 et 2000, le fiasco de 2002, le coup de tête de Zidane, le bus à Knysna. À quelques semaines de la Coupe du Monde 2014 au Brésil, revenons sur le parcours de l’équipe de France dans les différentes Coupes du Monde.

1958, la génération dorée

La France sort première de sa poule avec deux victoires et une défaite devant la Yougoslavie, le Paraguay et l’Écosse grâce notamment à Just Fontaine, qui inscrit six buts en trois matchs. En quart de finale, elle se débarrasse facilement de l’Irlande du Nord (4-0) avec encore deux buts de Just Fontaine. Pour la toute première fois de son histoire, l’équipe de France va jouer une demie-finale de coupe du monde. Le match face à la seleçao permet au monde de découvrir Edson Arantes do Nascimento, ou Pelé. En effet, grâce à un triplé de la légende Brésilienne, les Bleus sont contraints de s’incliner (2-5). La sélection tricolore finira quand même quatrième de la compétition en s’imposant face à la RFA (3-6) et Just Fontaine inscrit son nom dans l’histoire de la Coupe du Monde en inscrivant un quadruplé et surtout en battant le record de buts marqués en une édition avec 13 réalisations, une performance quasiment inaccessible aujourd’hui.

1962-1978, période de désillusions

La France ne parvient pas à se qualifier à la coupe du monde 1962, après sa défaite face à la Bulgarie (1-0) en barrages. En 1966, elle ne passe pas les poules, les Français, après le match nul (1-1) face au Mexique, doit s’incliner face à l’Uruguay (2-1) et l’Angleterre (2-0). Suit alors une très longue période de défaites, notamment face aux amateurs Norvégiens (1-0) ou encore à Wembley, face aux Anglais (5-0). 

Cependant, l’équipe de France alors sous la direction de Georges Boulogne, puis de Stefan Kovacs, parvient à se reconstruire en appelant énormément de joueurs différents. C’est en 1977 que les Bleus parviennent à se qualifier pour le mondial en Argentine après la victoire (3-1) contre la Bulgarie. Le sélectionneur de l’époque est Michel Hidalgo, son groupe vivra pendant 10 ans. 

1978-1986, cruelles défaites

En 1978, après les deux défaites face à l’Italie (2-1) et l’Argentine (2-1), la France est éliminée. Il reste cependant un match plutôt insolite face à l’Hongrie. Les Français avaient oubliés leur jeu de maillots bleus et n’avaient que les blancs avec eux, or la Hongrie voulait absolument jouer en blanc, et la FIFA avait dit que c’était aux Français de changer de maillots. Le coup d’envoi fut retardé de 40 minutes et on trouva un jeu de maillot d’une équipe locale de couleur verte et blanche (ce fut la seule fois que les joueurs français ont porté un maillot avec la couleur verte). La sélection française remporta toutefois le match (3-1).

La France se qualifie in-extremis pour la Coupe du Monde 1982, et termine deuxième de son groupe, notamment grâce à la victoire contre le Koweit (4-0). Un polémique éclata durant ce match  suite à un but Français valable non accordé par l’arbitre suites aux protestations du frère de l’émir qui était descendu sur la pelouse (l’arbitre de la rencontre a d’ailleurs été radié à vie). Dans la seconde partie de la compétition, la France finit première de son groupe (il y avait deux phases de groupe à l’époque) et arrive en demie-finale face à la RFA. 

La demie-finale de Séville en 1982, tout le monde la connaît. Littbarski marque le premier but Allemand dès la 11ème minute, puis Platini égalise sur pénalty un quart d’heure plus tard. À la 57ème minute, Michel Platini lance parfaitement Patrick Battiston (entré après la blessure de Bernard Genghini) et le gardien Allemand, Harald Schumacher le percute de plein fouet, sans toucher le ballon. L’arbitre, Charles Corver, ne siffle pas faute, ne donne pas de carton au gardien et ordonne une balle à terre. Peu de temps avant la fin du temps réglementaire, Manuel Amoros touche la barre transversale, de plus, durant le match, un but de Dominique Rocheteau fut refusé pour une faute peu évidente. Malgré tout, ce sont les Français qui se distinguent dès le début de la prolongation avec un but de Marius Trésor à la 93ème minute et un autre d’Alain Giresse à la 99ème minute. Cependant, Rummenigge et Fischer permettent à la Mannshaft de revenir à la hauteur des Bleus qui s’inclinent aux tirs aux buts. Dans une interview, Michel Hidalgo a dit qu’il avait mis sur le terrain une formation d’homme solides et costauds, mais que dans les vestiaires, on aurait dit une équipe d’enfants, ils pleuraient tous. De plus, plus un joueur ne voulait entendre parler de l’équipe de France, ou de Coupe du Monde. Cependant, la victoire de l’Euro 1984 grâce à un Platini étincelant remet la France dans la course à la Coupe du Monde de 1986, au Mexique.

Pour la première fois dans une Coupe du Monde, l’équipe de France fait partie des favoris. Au premier tour de cette édition 1986, la France termine deuxième de son groupe à égalité avec l’URSS, alors première grâce au goal average. En huitième de finale elle parvient à éliminer l’Italie, alors championne en titre (2-0), puis en quart de finale, elle bat le Brésil aux tirs aux buts après un match très intense, et notamment grâce à Joel Bats qui arrêta deux pénaltys Brésiliens. Elle affronta la RFA pour une seconde fois d’affilée, mais fut battue (2-0), sans Michel Platini qui était alors blessé. Elle obtient tout de même la troisième place en battant la Belgique (4-2). Cette Coupe du Monde était pour la génération de Platini, la dernière chance de décrocher une étoile, il est temps de laisser la place aux nouveaux joueurs.

1986-1998, période délicate

Après la Coupe du Monde et le départ de nombreux joueurs, le fantôme d’une mauvaise équipe de France ressurgit. Peu de joueurs se distinguent sauf deux, Éric Cantona et Jean-Pierre Papin. Les Bleus ne parviennent pas à se qualifier ni pour la Coupe du Monde 1990, ni pour celle de 1994. Lors du dernier match qui était sensé qualifier les Bleus face à la Bulgarie en cas de match nul, les Bleus encaissent un but de Kostadinov dans les derniers instants et doit donc s’incliner (2-1).

1998-2000, l’avènement

La France accueillant la Coupe du Monde 1998, elle n’a pas besoin de se qualifier pour y participer. Elle termine première de son groupe après les victoires face à l’Afrique du Sud (3-0), à l’Arabie Saoudite (4-0) et au Danemark (2-1). Le premier match vraiment compliqué fut face au Paraguay, notamment à cause du gardien José Luis Chilavert qui a été absolument énorme durant toute la rencontre en faisant de nombreuses parades extraordinaires. Cependant, c’est pendant la prolongation que l’équipe de France marque un but en or par Laurent Blanc à la 114ème minute. Le quart de final efut lui aussi compliqué puisque les Français ont du s’imposer face à l’Italie (finalistes de la dernière édition face au Brésil) après une séance de tirs au buts (0-0 ; 3 TAB à 4). La demie-finale face à la Croatie fut certainement le match le plus éprouvant pour les Bleus. Après une première période durant laquelle ils furent dominés, les Bleus encaissent un but dès le retour des vestiaires par Davor Suker. Dès le coup d’envoi, Thuram, qui avait demandé s’il devait monter et qui se sentait coupable du but encaissé, égalise. Il marque un second but à la 70ème minute grâce à une frappe en dehors de la surface alors que le matin même Aimé Jacquet lui avait dit qu’il avait les pieds carrés. 6 minutes plus tard, Laurent Blanc est exclu, puis privé de finale à cause d’une simulation de Bilic. La France parvient tout de même, malgré une domination Croate, à se qualifier pour sa toute première finale de Coupe du Monde. Les Français vont d’ailleurs vivre un avant-match curieux. En effet, sur la feuille de match du Brésil, Ronaldo n’est pas aligné. Il semblerait que l’attaquant vedette ait eu une crise d’épilepsie le jour même de la finale. Cependant, des sponsors de l’attaquant voulaient absolument qu’il joue cette finale, et une autre feuille de match fut alors donnée aux Français et voient que le Brésilien est finalement aligné. Les Bleus remportent le match (3-0) grâce à deux coups de têtes de Zidane, et un but en contre d’Emmanuel Petit. L’équipe de France réussit donc l’exploit de battre le Brésil 3-0 et remporte sa première Coupe du Monde, chez elle. 2 ans plus tard, elle remporte l’Euro et est la première équipe à réussir ces deux performances d’affilée. 

2002-2006, l’équipe de France sombre

Qualifiés d’office (grâce à son sacre), les tricolores n’ont pas besoin de passer les préliminaires. Cependant, avant même le début de la compétition, Zidane se blesse. Le médecin de l’équipe de France, lors de la conférence de presse, annonce une déchirure bénigne à la cuisse. On sait aujourd’hui que c’était faux et que la véritable blessure était une déchirure de 10 cm. Il était donc impossible pour Zidane de jouer convenablement lors de sa rentrée face à Danemark. Entretemps, la France a perdu son premier match face Sénégal (1-0) et a fait un match nul et vierge face à l’Uruguay. Le dernier match face au Danemark est perdu par les Bleus (2-1). L’équipe de France se qualifie à l’arrachée pour l’Euro 2004, mais tombe en quarts de finale face aux Grecs (2-1), futurs champions. De plus, Zidane, Thuram, Makélélé et Lizarazu annoncent leur retraite internationale.

2006, retour au plus haut niveau

Zidane, Thuram et Makélélé annoncent finalement leur retour et la France se qualifie de justesse pour le Mondial en 2006. Après une phase de poule compliquée, l’équipe de France enchaîne les bons matchs face à l’Espagne (3-1), au Brésil (1-0) et au Portugal (1-0). La France obtient donc son ticket pour sa deuxième finale de Coupe du Monde. 

Dès la 7ème minute, Florent Malouda obtient un pénalty que Zidane transforme en faisant une Panenka. Les Italiens égalisent à la 19ème minute d’un coup de tête de Materazzi. L’équipe de France domine ensuite largement la finale et Buffon enchaîne les parades décisives. Durant les prolongations, Zidane est exclu pour un coup de tête sur Materazzi, cette finale était son dernier match en tant que joueur. Le vainqueur doit être désigné au tirs aux buts et Trézéguet manque son tir. La Squadra Azzura remporte donc la finale et Zidane ainsi que Thuram annoncent leur retraite.

2006-2010, de nombreux problèmes

Les Bleus sont éliminés dès la phase de poule, notamment après la défaite face aux Pays-Bas (4-1). 

Durant la Coupe du Monde 2010, de nombreuses polémiques vont éclater. La première est l’exclusion de l’équipe de France de Nicolas Anelka après les propos qu’il a tenu à Raymond Domenech (« Va te faire en**ler, sale fils de p**e ») lors de la mi-temps du match face au Mexique (2-0). Aussi, après la rencontre, il est dit que William Gallas aurait fait un doigt d’honneur à David Astorga, alors journaliste de TF1 et qui voulait avoir une réaction d’après-match. Le lendemain de l’annonce de l’exclusion d’Anelka, les joueurs font grève et refusent de s’entraîner sur le terrain de Knysna, le Field of Dreams. Finalement, l’équipe de France perd son dernier match (2-1) et est éliminée dès le premier tour de la compétition. Thierry Henry met alors un terme à sa carrière internationale et Raymond Domenech est limogé. 

2010-…, un espoir

Après cette édition ratée, les Bleus se qualifient pour l’Euro 2012, et sont éliminés en quart de finale par l’Espagne. 

L’Équipe de France parvient à se qualifier pour la Coupe du Monde 2014 après les barrages face à l’Ukraine (2-0 ; 3-0), ce qui fut tout de même très compliqué. Cependant, les récents matchs de l’équipe de France permettent d’espérer une bonne performance des Bleus, qui devront également préparer l’Euro 2016, qui se déroulera en France.