Un Italie-Angleterre haletant

Retour sur la seconde rencontre du groupe D entre la sélection de Roy Hodgson et celle de Cesare Prandelli.

Un Italie-Angleterre haletant
Le duel Chiellini-Wellbeck. Souce: Calciomercato.it
Italie
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Angleterre
Le duel Chiellini-Wellbeck. Souce: Calciomercato.it

Angleterre-Italie, une rencontre où le vainqueur peut perdre davantage que trois points. Après la victoire surprise du Costa-Rica face à l'Uruguay, les deux formations savaient qu'en cas de victoire, une qualification serait presque acquise. Légers favoris de l'opposition en raison du dernier Euro, les Italiens se présentaient avec l'infirmerie au complet. De Sciglio, Abate et surtout le capitaine Gigi Buffon étaient absents.bL'emblématique gardien de la Nazionale était remplacé par Salvatore Sirigu. En défense, Matteo Darmian débutait à droite, la charnière centrale Paletta-Barzagli et un latéral gauche de fortune nommé Chiellini. Au milieu autour du diamant Pirlo, on retrouvait De Rossi et Verratti ainsi que sur les cotés Marchisio et Candreva. Enfin, Mario Balotelli occupait l'axe.

Deux buts en deux minutes

Coté anglais, Roy Hodgson avait opté pour une composition résolument offensive avec un quatuor Rooney, Sterling, Wellbeck et Sturridge. Le duo des Reds de Liverpool Henderson-Gerrard assurait la récupération. En défense, l'arrière garde classique avec Johnson, Cahill, Jaglieka, Baines.Le plan initial Anglais consistait à entamer la rencontre pied au plancher. Des la 4ème minute, Sterling envoyait une magnifique frappe qui terminait dans le petit filet de Sirigu. Dans la foulée, Henderson imitait son coéquipier en club en cadrant l'essai. Le portier Italien repoussait l'essai. Les transalpins laissaient passer l'orage pour mettre le pied sur le ballon. Sur un bon mouvement, Pirlo obligeait Johnson à toucher la balle du bras sans que l'arbitre ne bronche. Plus à l'aise techniquement et collectivement, la Squadra Azzurra restait vulnérable en contre où la vitesse de Sterling, Sturridge, Rooney et Wellbeck mettaient le danger à chacune de leurs incursions. Il aura fallu attendre plus de vingt minutes pour voir Balotelli pointer le bout de son nez. A 25 mètres, Super Mario enchaînait une frappe flottante au dessus de Joe Hart. Il pouvait retourner hiberner. Sur le contre, Wellbeck se jouait de Chiellini à l'aide d'un grand pont, il servait Sturridge, mais Barzagli se jetait et taclait le ballon en corner. 

On avait dépassé la demi-heure de jeu, l'Italie dominait plus nettement les débats. A la 35ème minute, sur un corner joué en deux temps, Pirlo laissait intelligemment le ballon passer sous ses jambes. Marchisio s'en saisissait et envoyait une frappe à ras de terre que Cahill et Joe Hart laissaient filer. Le "marquis" de la Juventus ouvrait le score. 1-0. Dans l'inconscient collectif, lorsque la sélection italienne mène 1-0, elle verrouille et l'emporte sur ce score minimal. Cependant en 2014, cette époque est révolue... Le meilleur exemple, deux minutes après le but de Marchisio, Darmian laissait s'échapper Rooney sur le coté gauche qui centrait au second poteau pour Sturridge qui n'avait plus qu'à pousser le ballon dans le but vide. 1-1. Ces deux minutes folles passées, le rythme retombait. Toutefois, dans les arrêts de jeu, Balotelli réapparaissait et sortait sa palette de génie du foot. Il tentait un lob astucieux sur un Joe Hart , très aventurier sur ce coup là. Heureusement pour les anglais, Jagielka sauvait sur sa ligne. Sur l'ultime corner, Candreva trouvait le poteau anglais. Mi-temps sur 1-1 extrêmement plaisant et ouvert.

Balotelli marque son premier but en Coupe du Monde

Après une première période animée, la seconde reprenait sur le même tempo. 48ème minute, Sturridge envoyait un missile que Sirigu boxait en corner. Deux minutes plus tard, suite à un beau mouvement de Candreva sur le coté droit, le laziale centrait au second poteau pour Balotelli. Super Mario plaçait une tête parfaite que Joe Hart ne pouvait qu'accompagner dans ses filets. L'Italie reprenait l'avantage 2-1. Si ce nouveau but compliquait la tâche des anglais, ces derniers ne baissaient pas la tête pour autant. Rooney, Gerrard et Sturridge tentaient leurs chances de près et de loin. Sans succès. A l'heure de jeu, Verratti sortait pour laisser place à Thiago Motta. Wayne Rooney, plus en jambes qu'en première mi-temps, manquait une grosse occasion, à dix mètres. Cela ne voulait toujours pas sourire.

Malgré cette débauche d’énergie, les Italiens profitaient d'espaces en contre. Darmian et Candreva tentaient d'en profiter, mais ils échouaient pas manque de précision.  Les minutes passaient et la Nazionale reculait plus significativement. Le buteur Balotelli sortait. Immobile faisait son apparition. A la 77ème minute, Baines expédiait un très beau coup franc, mais Sirigu veillait. A cinq minutes de la fin , Gerrard bénéficiait d'un coup franc légèrement décalé coté gauche à 20 mètres. Le capitaine enroulait trop son ballon qui terminait au dessus de la transversale. Dans les arrêts de jeu, Andrea Pirlo tentait un bijou de coup franc qui terminait sur la barre d'un Joe Hart, totalement aux fraises. L'arbitre pouvait siffler la fin sur la victoire des Italiens 2-1.

L'Italie supérieure sur des détails

Au terme d'un match sérieux et solide, la Squadra Azzura s'est imposée logiquement. Appelé à être titulaire à la dernière minute, Salvatore Sirigu a été très bon. La défense a très bien géré les temps forts et faibles. Mention particulière à Barzagli, qui a fait jouer son expérience face à la vivacité anglaise. Davantage en difficulté, Paletta a été moins performant que son partenaire. Chiellini a fait ce qu'il pouvait offensivement. Pour la partie défensive, on l'a connu plus en forme, mais il a contrôlé ses adversaires sans trop se forcer. Au milieu du terrain, Pirlo a rayonné sur le jeu de son équipe comme à l'accoutumée. Ses partenaires Verratti et De Rossi ont également assuré au centre du terrain. Sur les cotés, Candreva a réalisé un grand match avec notamment une passe décisive sur le deuxième but. Il a tenté sa chance à plusieurs reprises, dont une s'est soldée par un poteau. Marchisio a été décisif avec son but mais aussi par sa qualité technique. Enfin, Balotelli a une nouvelle fois justifié toutes les attentes placées en lui. Avec son inspiration géniale conclue par le sauvetage de Jagielka et son but crucial dans l'obtention du de la victoire, l'enfant terrible du foot italien a marqué son premier but en Coupe du Monde pour son premier match.

La performance globale Anglaise est bonne. Volontaire et généreuse dans l'effort, la sélection de Roy Hodgson a réalisé une prestation convaincante. Néanmoins, il a manqué de la réussite mais beaucoup de réalisme aux joueurs anglais pour pouvoir l'emporter. Joe Hart n'a pas semblé rassurant tout au long de la rencontre. La charnière n'a pas fait d'erreur majeure mais sur les deux buts, Marchisio et Balotelli ont pu facilement se démarquer pour marquer. Le milieu de terrain  a enchaîné les kilomètres, mais dans la zone de vérité, ils n'ont pas été performants. Enfin, l'idée surprise d' Hodgson d'aligner quatre joueurs à vocation offensive n'a pas été payante, en dépit de plusieurs situations chaudes. Mention particulière à Daniel Sturridge qui a semé la panique autour de lui à chacune de se prises balle. Enfin, la série noire continue pour Wayne Rooney, après cette rencontre il n'a toujours pas mis de but en dix matchs de Coupe du Monde. Gênant.  En battant le Costa Rica, l'Italie s'assure la première place du groupe à l'issue de cette victoire. N'allez plus chercher la bonne affaire. Elle s'est déroulée ce samedi, à Manaus. Et c'est la Squadra Azzura qui l'a réalisé. Comme très souvent...