Cameroun les raisons d'un fiasco

Retour sur l'élimination des Lions Indomptables du Cameroun à l'issue de leur défaite face à la Croatie 4-0.

Cameroun les raisons d'un fiasco
Source: www.france24.com

Mercredi soir, au coup de sifflet final de Croatie-Cameroun, les Lions Indomptables ont été éliminés. Si la lourdeur du score permet de quantifier le mal camerounais. Quelles sont les raisons pouvant expliquer un tel fiasco ? Qui sont les responsables de cette débâcle ? Et enfin, ce scénario était-il prévisible ?

Les raisons qui ont causé une telle désillusion sont diverses et variées. Le mal camerounais a assurément pris racine dans l’histoire des fameuses primes décidées avant le début du Mondial 2014. La divergence sur le montant et ses méthodes d’application étaient les raisons officielles de ce début de grève. Le conflit se durcissait tellement entre les deux parties, qu’une menace de boycott des joueurs tombait. Un Knysna sur fond d’argent… Cependant grâce à l’omnipotent Samuel Eto’o, ce différend était aplani sans plus d’information. Malgré ce début de polémique au pays et dans le monde entier, les lions partaient dans une ambiance « détendue et bon enfant » selon plusieurs joueurs. Le mot Mexique revenait sur toutes les lèvres et le travail de propagande pouvait débuter.

UN MATCH INQUIETANT FACE AU MEXIQUE

Face aux mexicains, le Cameroun a fait illusion une mi-temps. Lorsque Peralta a ouvert le score, plus personne dans l’équipe ne répondait aux exigences qu’un match international requiert. Souhaitant faire la différence individuellement, les africains tombaient dans une sorte de parodie de football. Malgré cette prestation insipide, la défaite était minimale. 1-0. La qualification restait encore possible en dépit de ce joker grillé.

Au micro des journalistes, l’optimisme régnait dans les paroles, mais les visages ne trompaient personne. Tous les esprits étaient tournés vers le match contre la Croatie. Alors que cette équipe semblait perdue et en manque de flagrant de repères, son leader charismatique Samuel Eto’o disparaissait du camp d’entrainement. Officiellement, pour soigner une blessure. Plus de 12 heures, par le biais d’un tweet, il confirmait son absence pour ce rendez-vous décisif. Lunaire…La suite ? Un résultat 4-0 bien trop prévisible. Néanmoins, envisager le pétage de plomb de Song et le début de rixe entre Assou-Ekotto et Moukandjo relevait du pari osé.

UNE FEDERATION ET ETO’O RESPONSABLES

Les principaux responsables sont nombreux. En premier lieu, la fédération camerounaise de football et son ingérence quasi culturelle. Incapable de laisser travailler un sélectionneur plus de six mois, ces dirigeants ont une part importante voire prépondérante de responsabilité dans cet échec cuisant. Le second à blâmer est Samuel Eto’o. Son rôle en sélection est négatif et contre-productif. Pourquoi le joueur génial et collectif en club laisse place à un égoïste forcené avec son pays ?  Enfin, le sélectionneur Volker Finke a semblé totalement dépassé par son effectif et les évènements. Affaibli par ses dirigeants et Eto’o lui-même, en coulisses, l’allemand n’a jamais eu la main sur sa formation et les mains libres pour la composer.

Des signes annonciateurs étaient apparus avant même le regroupement initial. Dans la liste des 23, on en pouvait que constater des manques criants à certains postes clés. Le gardien Charles Itandje n’a pas le niveau pour jouer un tournoi aussi important. Le poste de latéral gauche confié à Assou-Ekoto était une erreur monumentale tant le joueur de QPR était hors de forme. Le milieu de terrain n’est pas complémentaire et certains d’entre eux sortaient de saison pénibles (Makoun, N’Guemo ou Enoh). En attaque, on retrouvait la foire aux solistes. Aboubakar, Moukandjo , Webo ou même Choupo- Moting. Individuellement, ils sont intéressants. Collectivement, ils ne ressemblent à rien. Quand on ajoute à ces faiblesses, le cocktail explosif de gestion lamentable et égoïsme omniprésent, on obtient des lions domptés voire même dociles. Ce Cameroun 2014 a quelque chose en commun avec la France de 2010. Assurément, le reproche le plus dur pour cette sélection historique. A force de faire le malin, on tombe dans le ravin…