Suisse - France, l'analyse tactique

Après la brillante victoire bleue face à la Suisse hier soir, retour sur la tactique mise en place par Deschamps pour contrer la Nati.

Suisse - France, l'analyse tactique
Giroud fut une pièce maîtresse des Bleus hier.
Suisse
2 5
France

La titularisation de Giroud

A la surprise générale, et ce, malgré l'annonce del'entraîneur adjoint des Bleus, Deschamps n'a pas reconduit le même onze. La surprise la plus notable concernait l'absence du onze de départ d'Antoine Griezmann, cédant sa place à un Olivier Giroud, décalant au passage Benzema à gauche. Si ce choix s'est avéré surprenant au départ, surtout puisque cela privait l'équipe d'un premier défenseur, rôle très bien tenu par Griezmann face au Honduras. Finalement, et peut-être parce la France a marqué deux buts avant d'être sérieusement inquiétée, cette différence ne s'est que très peu vue. La relation Evra - Benzema a toujours été excellente et DD a peut-être voulu jouer la dessus pour permettre des décalages et des combinaisons dans les petits espaces, incluant Blaise Matuidi. Benzema a joué comme face à la Jamaïque, échangeant souvent de poste avec Giroud. Ainsi, retrouvant sous une certaine forme la relation qu'il tient avec Ronaldo au Real, ces changements ont fini par brouiller les pistes dans la tête des défenseurs suisses. Si DD avait testé cette relation face à la Jamaïque, c'est bel et bien parce qu'il avait une idée derrière la tête ! 

Giroud en lui même jouait gros sur ce match. Notamment parce qu'il avait plus ou moins clamé mériter une place de titulaire dans ce onze, s'il s'était manqué, cela aurait ouvert un boulevard pour Griezmann pour la suite de la compétition. C'est lui qui ouvre le score sur une tête puissante, il est impliqué dans nombre d'actions et délivre une passe décisive fantastique pour Valbuena, faisant oublier rapidement sa gourmandise en conférence de presse. D'un autre côté, et cela pourrait paraître anecdotique, mais le Gunner a également laissé sa trace de crampon sur le pauvre Von Bergen, contraignant l'Helvète a sortir rapidement. Remplacé par Senderos qui n'était pas le premier choix de son sélectionneur, on a vite compris pourquoi.. Pari réussi ! 

La présence de Sissoko au milieu

Autre choix fort de Deschamps : sortir du onze Pogba, autant pour le préserver d'un deuxième carton jaune que pour le "punir" de son écart face aux Honduriens, et le remplacer par Moussa Sissoko. Ce joueur absolument méconnu en France malgré ses débuts à Toulouse est en train petit à petit de prouver qu'il n'est pas parmi les 23 pour jouer le rôle du "joueur remplacant du remplacant qui remplace le blessé" comme Morgan Schneiderlin (que j'aime beaucoup, ne mélangeons pas tout). Occupant la partie droite du triangle, Sissoko a apporté sa présence physique et sa pointe de vitesse sur les contres, formant un duo incroyable avec Matuidi autant défensivement qu'offensivement. Chacun couvrant les espaces laissé par l'autre, l'entente entre les deux bonhommes est au point. Elle dégagerait presque plus d'assurance que celle entre Matuidi et Pogba, qui a tendance à déserter son poste. Bien évidemment, Sissoko est loinde s'imposer comme un titulaire mais aura l'occasion de démontrer encore une nouvelle fois son potentiel contre l'Equateur en profitant de la suspension (débile, soit-il dit en passant) de Cabaye. A moins que DD ne décide de laisser Schneiderlin se dégourdir les jambes.

Les montées des latéraux

Si Patrice Evra n'a pas vraiment eu de montées tonitruantes à effectuer, avec Benzema devant lui, il avait un spécialiste offensif à ses côtés, Mathieu Debuchy a brillé dans ses montées couloir droit, déréglant la mécanique à priori parfaitement réglée de la défense suisse. Remplacant parfois même en phases offensives Valbuena, jouant alors en 10 derrière Giroud, il fut important dans ses transmissions, ses centres et parfois même ses dribbles, aidé par Sissoko toujours à ses côtés si la séquence samba se loupait. Combinant avec le milieu français, combien d'offensives sont venues des latéraux ? Profitant des trous phénoménaux dans la défense adverse, les longues transversales effectuées étaient du petit lait pour Giroud et Benzema,qui n'en demandaient pas tant pour dynamiter la défense adverse. 

Les "trois défenseurs", seul point d'interrogation

Puisque Debuchy et Evra ont eu la bonne idée d'aller s'amuser en avant, Varane, Sakho et Lloris étaient un peu les trois seuls joueurs à vocation défensive du onze, et tant mieux. Si leur début de match a été convaincant, surtout de la part du Madrilène, allant gratter des ballons difficiles dans les pieds de Seferovic ou Stocker, le léger relâchement  de la fin pourrait laisser perplexe. Alors, certes.La France menait 5-0 et s'est logiquement relâchée mais on a quand même pris deux pions. Si sur le premier, seul Lloris est un peu court, et encore, il ne pouvait pas prévoir que Benzema allait sauter pour laisser passer le bourrin de Dzemaili, autant sur le deuxième but, Varane et Koscielny (puisque Sakho était alors sorti) ont particulièrement laissé seul Xhaka pour fusiller Lloris. Seul point noir(et encore noir clair) de cette belle soirée bleue, marquée par les choix tactiques concluants de DD, lui laissant une liberté totalepour composer son onze pour l'Equateur.