Comment la Belgique est redevenue un cador

La Belgique retrouvera l'Islande ce soir à 20H45 au stade Roi Baudoin. L'occasion d'analyser la folle remontée des Belges au classement FIFA, et sa nouvelle place sur la scène européenne.

Comment la Belgique est redevenue un cador
Benteke retrouve les Diables Rouges ce soir face à l'Islande

La Belgique accueille ce mercredi soir au stade Roi Baudoin l'Islande, en match amical. Bien que cette rencontre ne compte pas pour les qualifications de l'Euro 2016, il est intéressant de garder un oeil sur ces deux nations européennes, en particulier la Belgique. Il y a encore quelques années, ces deux pays jouaient des rôles de figurant sur la scène mondiale, mais depuis les éliminatoires de la Coupe du Monde 2014, la donne a quelque peu changé. La Belgique s'est hissée jusqu'aux quarts de finale de la fameuse compétition européenne, se payant le luxe de bousculer l'Argentine jusqu'au terme de la rencontre. L'Islande a pour sa part manquer le coche dans les barrages de la Coupe du Monde, laissant la Croatie valider son billet pour le Brésil.

La Belgique unie derrière les Diables Rouges

La Belgique doit son ascension fulgurante à sa génération dorée, encadrée par des vétérans de la période famélique qu'elle a traversé (Kompagny, Van Buyten), mais aussi au soutien et au patriotisme indéfectible de la population belge. Wallons, Flamands, Bruxellois. Si leurs disparités affichées ouvertement imbibent le quotidien des Belges, ces derniers s'unissent en choeur quand il s'agit de supporter les Diables Rouges. Un leitmotiv qui galvanise les troupes de Marc Wilmots, le sélectionneur belge, qui ne manque pas de rappeler que cette unisson doit se perpétrer en dehors des stades de football. La sélection belge  joue donc un rôle fédérateur au-delà des terrains.

On doit aussi ce renouveau de la sélection à une génération dorée menée par Eden Hazard, Vincent Kompagny, et... Marc Wilmots ! En effet, c'est ce dernier l'instigateur de ce vent de fraîcheur, celui qui a réussi à surmonter la période charnière que traversait l'équipe sous l'ère Leekens. Il est celui qui a confié les clés du jeu à De Bruyne, qui a fait de Benteke sont avant-centre numéro un dans la hiérarchie, ou encore qui a lancé les Januzaj, Bakkali, et Origi dans le grand bain. Il est la figure de proue de ce projet fou auquel personne n'y croyait. Aujourd'hui il gère d'une main de fer ce groupe, visiblement solide au-delà du rectangle vert, et ne se laisse pas tenter par les sirènes d'alarme de certaines formations européennes (Schalke 04 a tenté de l'embaucher au mois de septembre).

Un jeu encore trop poussif

Certes la Belgique a réalisé une belle Coupe du Monde au Brésil, mais elle montre encore certaines difficultés à faire le break dans les premiers quarts d'heure d'une rencontre. Si l'on se réfère aux matches qu'elle a disputé lors de la Coupe du Monde, on constate que la bande à Hazard trouve la faille dans les dix dernières minutes de la rencontre, voir même dans les prolongations comme ce fût le cas face aux Etats-Unis. Face à l'Algérie, il a fallu remonter un handicap d'un but sur penalty, ce que les Belges ont réussi admirablement à faire dans les derniers instants de la rencontre. Face à la Russie, Origi qualifiait les Diables Rouges à dix minutes du terme également.

Le score est donc souvent favorable aux hommes de Wilmots, mais cette manière de conserver le ballon stérilement et de jouer poussivement peuvent leur faire défaut. L'Argentine l'a prouvé en les sortant aux portes des demi-finales. Il semble donc que la Belgique doive encore élever sa qualité de jeu pour rivaliser avec les meilleures écuries mondiales et mener à la marque dans la première demi-heure de jeu, comme pourrait le faire l'Allemagne, la France ou les Pays-Bas. Ils y arriveront, à n'en point douter. Si il n'y a pas encore de véritables tueurs au sein de la sélection rouge et noire, ça ne saurait tarder. Origi (19 ans), Lukaku (21 ans) et Benteke (23 ans) ont encore le temps de le prouver.