Le Portugal à 90 minutes d'un sacre aussi mérité qu'attendu

Critiqué par beaucoup pour son parcours dans cet Euro (3 nuls en phase de poules, une qualification après prolongations en huitièmes de finale et une qualification aux tirs aux buts en quarts de finale), le Portugal reste malgré tout un épouvantail, l'une de ces équipes qui, même dans un mauvais jour, font peur. Et son accession à la finale ne doit rien au "hasard" ou à la "chance", car les joueurs de Fernando Santos sont invaincus, possèdent la quatrième attaque de la compétition (8 buts marqués) et la meilleure défense de la phase à élimination directe (un seul but encaissé). Voici donc les 7 raisons qui pourraient nous rallier à la cause de la Seleçao.

Le Portugal à 90 minutes d'un sacre aussi mérité qu'attendu
Légende vivante du football, Cristiano Ronaldo espère offrir à sa sélection le premier titre de son histoire

1. Parce que le palmarès du Portugal est encore vierge.

Un véritable déshonneur pour ce pays de football, qui a connu tant de générations dorées et de légendes de ce sport (Eusebio, Figo et maintenant Ronaldo). La Seleçao "devait" ouvrir son compteur à l'Euro 2004, sur ses terres, mais s'est faite surprendre par la Grèce en finale (0-1).

2. Parce que le Portugal est l'équipe la plus régulière de ce siècle à l'Euro.

La Seleçao est en effet la seule sélection à être sortie des phases de poules lors de chacune des 5 dernières éditions (quarts en 2008, dernier carré en 2000 et 2012, finale en 2004 et 2016). Ils n'ont peut - être pas encore soulevé le trophée, mais ils se donnent les moyens de le faire, et s'en rapprochent d'année en année.

3. Parce que les voir en finale est quand même une sacrée surprise.

Présenté comme simple outsider, moins bien armé que les fois précédentes, le Portugal, sur le papier, n'avait pas sa place en finale. Mais Ronaldo et ses partenaires, au contraire de la Belgique, ont su profiter d'un tableau ouvert pour y accéder, preuve qu'ils ont les armes pour atteindre leur objectif.

4. Parce que cette équipe est aussi disciplinée que solidaire.

Preuve que les "petites" équipes ne sont pas les seules à pouvoir se baser sur une discipline tactique de fer, le Portugal met à profit un surprenant 4-4-2, à plat ou en losange, pour prendre le meilleur sur son adversaire.

5. Parce que cette équipe est capable de s'adapter comme aucune autre.

Sans même changer de système de jeu, le Portugal peut alterner défense de fer (comme contre la Croatie) et attaque de feu (comme contre la Hongrie). Tout ceci sans attaquant de pointe de métier, Nani et Ronaldo étant des ailiers de formation obligés de se fondre dans ce moule dévastateur.

6. Parce que cette édition permet de découvrir la brillante relève du Portugal.

La force de Fernando Santos, c'est de s'être entouré de jeunes joueurs encore méconnus du grand public, mais terriblement talentueux, qui profitent de cette mise en lumière pour jouer le football de leur vie. Renato Sanches (18 ans) est la révélation du tournoi, et la nouvelle recrue du Bayern de Munich ; André Gomes (22 ans) est suivi de très près par Chelsea et Manchester United ; Raphaël Guerreiro (22 ans) est la nouvelle recrue du Borussia Dortmund). Vous n'avez pas fini d'entendre parler de ces joueurs.

7. Parce que cette édition permet la consécration tardive d'une génération dorée du Portugal.

Depuis l'Euro 2008, une colonne vertébrale quasiment inamovible mène le Portugal. Qu'ils soient titulaires indiscutables, occasionnels ou supersubs, ils ont été de toutes les campagnes de la Seleçao, et ils sont encore là aujourd'hui.                                                                                                                                                                                             En attaque, trois joueurs incontournables : le fantasque Ricardo Quaresma (32 ans, 56 sélections, 8 buts), le fantastique Nani (29 ans, 102 sélections, 21 buts), et l'incroyable Cristiano Ronaldo (31 ans, 132 sélections, 61 buts), qui pèsent 7 buts et 4 passes décisives dans ce tournoi (chaque but du Portugal a été marqué par et/ou après une passe de l'un de ces trois joueurs).                                                                                                                                                                                                                                                   Au milieu, c'est la consécration pour le discret mais tellement précieux Joao Moutinho, chef d'orchestre brillant par sa vision du jeu, mais qui doit se contenter d'un rôle de remplaçant pour laisser la place aux jeunes.                                                                                                                                                                                                                     Enfin, en défense, le trio formé par Bruno Alves (34 ans, 86 sélections, 10 buts), Ricardo Carvalho (38 ans, 89 sélections, 6 buts) et Pepe (33 ans, 74 sélections, 3 buts) tient la baraque depuis des années, mais c'est bien le dernier nommé qui épate, et qui, n'en déplaise à Ronaldo, est pour l'instant le meilleur joueur de la Seleçao dans cet Euro.