Les huit finales du Réal

Ce soir, la Maison Blanche dispute l’un des matchs les plus importants de sa saison, la finale de Coupe du Roi, face à l’ennemi catalan, le bien nommé FC Barcelone. Mais la coupe nationale n’est pas l’unique objectif du club de la capitale, encore en course pour la Décima et le 33e titre national de son histoire. Focus sur les six semaines les plus importantes du club depuis le début de l’ère Ancelotti-Zidane.

Les huit finales du Réal
Les huit finales du Réal

La Coupe du Roi

Soir de finale donc, et pas des moindres : celle de la Copa Del Rey face à l’ennemi public n°1 de tous les Madridistas, le FC Barcelone. Rendez-vous ce soir à 21h30 au Mestalla de Valence. Le Réal devra faire face à un forfait majeur, celui de Cristiano Ronaldo, qui ne s’est pas encore totalement remis de sa blessure contractée à la cuisse. La « BBC » sera donc amputée de son membre majeur. Mais le Réal a d’autres arguments à faire valoir. Nous pensons notamment à Bale et Benzema, mais aussi un Di Maria qui dans la lignée de sa superbe prestation lors du précédent Clasico à Bernabéu (défaite 3-4), réalise des prestations de bonne facture (passeur décisif face à Vallecano et buteur le week-end dernier face à Almeria). Nous pourrions facilement donner un avantage au Real pour la confrontation de ce soir, surtout lorsque nous voyons l’actuelle mauvaise passe des Blaugranas (défaite face à Grenade en championnat et élimination en quart de finale de la Ligue des Champions face à l’Atlético Madrid, une première à ce stade de la compétition depuis 2007). Les troupes de Tata Martino pointent aujourd’hui à 4 points des Colchoneros et semblent définitivement distancés pour le titre, à 5 journées de la fin.

Le Réal semble revêtir le costume de favori pour la victoire finale en Coupe du Roi, si l’on s’en tient à la dynamique récente des Merengues. Les hommes d’Ancelotti restent sur trois victoires consécutives en championnat et la qualification pour les demi-finales pour la quatrième année d’affilée à ce stade de la compétition. Pour l’anecdote, la dernière formation à avoir évincé les madrilènes en huitièmes de finales est française, puisqu’il s’agit de… l’Olympique Lyonnais lors de la saison 2009-2010 (aller : 1-0 / Retour : 1-1).

Mais gare à l’excès de confiance pour une formation qui en surface semble actuellement marcher sur l’eau mais qui en réalité a montré quelques carences lors des grands rendez-vous. Madrid n’a remporté aucun match face au « Top 3 » espagnol composé de l’Atlético et du Barca (3 défaites et un match nul). Si l’on ajoute à cela le match retour au Signal Iduna Park de Dortmund face au Borussia dans lequel les partenaires de Cristiano Ronaldo, déjà sur le banc, se sont vus sortir par la petite porte, malgré une victoire probante 3-0 à l’aller. Le salut est venu de « San Iker », qui sera titulaire au poste de gardien. Il y disputera sa 11e finale majeure.

Gage d’espoir en vue de la finale de ce soir pour les castillans : malgré la finale perdue l’an dernier face aux troupes de Diego Simeone, le Réal a remporté sa dernière confrontation face au FC Barcelone à ce stade de la compétition : c’était en 2011, pour une victoire 1-0 (après prolongation). Et le théâtre de ce sacre était déjà Mestalla. La 19e Copa Del Rey de l’histoire du club est toute proche, le premier titre de Carlo Ancelotti sur le banc madrilène également.

La Ligue des Champions

Le tirage est tombé des demi-finales de la Ligue Des Champions n’a pas réservé un adversaire clément au Réal, même si à ce stade de la compétition, il n’y a plus vraiment de formations à éviter, surtout quand on s’appelle le Réal Madrid et que cette institution symbolise le club le plus titré d’Europe, avec neuf couronnes, la dernière en 2002. Mais il est vrai que la double confrontation s’annonce très ardue au vu de l’adversaire, puisqu’il s’agit du tenant du titre et double finaliste des deux précédentes éditions, le Bayern Munich. Formation entraînée par un certain… Pep Guardiola et ses 14 trophées remportés avec Barcelone sur 19 compétitions disputées en quatre saisons. En quinze confrontations face à la Maison Blanche, le natif de Santpedor l’a emporté neuf fois.

Mais ici les cartes sont totalement redistribuées : autre contexte, autre formation et opposition de style totalement différente avec Ancelotti que celle qu’il pouvait y avoir avec José Mourinho. La seule chose dont nous sommes sûrs, c’est que ce véritable « classique » de la coupe aux grandes oreilles (20e affrontement entre les deux formations) devrait aboutir à une avalanche de buts (cette opposition a débouché sur 59 buts, soit 3/match). C’est la 4e fois que ces deux géants du football européen se retrouvent à ce stade de la compétition, mais l’ironie du sort veut que les deux équipes ne se soient jamais affrontées en finale de la C1. Le bilan est sensiblement différent avec un Bayern qui « mène » cinq confrontations à quatre. Il est temps de remettre la balance à l’équilibre pour un Réal qui rêve d’inscrire un 10e titre européen à son tableau de chasse.

Le match aller aura lieu à Madrid le 22 Avril. C’est sûrement à la maison que le Réal devra aller son billet pour Lisbonne le 24 Mai. L’histoire serait belle avec Zidane sur le banc. En effet, l’homme de la 9e Ligue Des Champions serait aussi l’un des artisans de la 10e, mais cette fois-ci en qualité d’entraîneur adjoint.

La Liga

Ce sera sûrement le trophée le plus difficile à décrocher. Pourtant le Real avait encore fin Mars son destin entre les mains, lorsque celui-ci comptait trois unités d’avance sur l’Atlético. Mais la dernière demi-heure lors du Clasico finalement perdu 3-4 alors que Madrid menait encore 3-2 à la 64e minute a sonné comme un vrai coup de massue chez les hommes de Carletto. D’autant plus que la victoire barcelonaise fût entachée de décisions arbitrales douteuses, il n’en fallait pas moins pour susciter le sentiment de frustration chez les Merengues (déclarations d’après match de C.Ronaldo sur l’arbitrage, affaire Busquets…) propice à une démobilisation le match suivant. C’est ce scénario qui s’est produit face à un FC Séville revigoré et qui dispute la 4e place. A Sanchez Pizjuan, au terme d’un non match de la part du Real, les Andalous s’imposent 2-1. Ces deux défaites pèseront peut être lourd lors du décompte final, puisque aujourd’hui la Maison Blanche pointe à trois longueurs du leader, son voisin et ennemi madrilène. Nous pourrions dire même quatre points, étant donné que en cas d’égalité, les Colchoneros resteraient premiers au regard des confrontations directes, dans lesquelles les hommes d’El Cholo Simeone ont pris 4 points contre 1 pour le Real.

Mais au vu du calendrier et des cinq matchs restants, l’espoir est encore de rigueur pour le Real, qui recevra trois fois contre deux pour son frère ennemi. De plus, les clubs de Valence et Barcelone auront un vrai rôle d’arbitre à jouer. En effet, l’Atlético se déplacera deux fois consécutives, contre le FC Valence qui n’est jamais facile à battre, fraichement qualifié en demi-finale de Ligue Europa au prix d’une « remontada » exceptionnelle face au FC Bâle (5-0 après prolongations avec une défaite 3-0 à l’aller en Suisse), une première dans l’Histoire. Lors de la dernière journée, le fermer de rideau verra les deux clubs de Madrid affronter les deux formations de Barcelone. L’Atlètico se déplacera au Nou Camp et le Real recevra l’Espanyol.

Si la situation comptable des deux (ou trois si l’on compte Barcelone à 4 points) équipes reste inchangée au soir de la 37e journée, nous voyons mal le Barca lutter pour « offrir » le titre à son ennemi de toujours. Toutefois si un ménage à trois refait surface pour le titre lors de l’ultime journée, pas besoin de motiver l’Espanyol Barcelone pour que ces derniers privent leur ennemi régional d’un titre qui semble toutefois très hypothétique pour les hommes de Tata Martino.

Entre ce 16 Avril et jusqu’au 18 Mai, voire 24 Mai en cas de finale de Ligue Des Champions se jouent les heures les plus importantes de la saison du club, encore engagé sur tous les tableaux. Ce sont ces huit rencontres aux allures de finales hebdomadaires qui décideront de la qualité de la saison madrilène, et sûrement de la suite de l’avenir d’Ancelotti et de son staff.

Car il n’y a malheureusement qu’un pas entre un fantastique triplé et un triste zéro pointé. Surtout pour le plus grand club d’Europe et sûrement du monde.