Pourquoi le Barça peut encore tout perdre cette saison ?

Le FC Barcelone, que de nombreux observateurs pensaient invincible, vient d'aligner deux défaites rang. Le FC Barcelone est-il assez solide pour disputer deux grandes compétitions (Liga et Ligue des Champions) et les remporter ou est ce que le club catalan peut tout perdre en quelques matchs ?

Pourquoi le Barça peut encore tout perdre cette saison ?
Pourquoi le Barça peut il encore tout perdre cette saison ?Photo : sport.es

Voyager en terre basque est toujours choses compliqués quand on s'appelle le FC Barcelone. En effet, cette saison le Barça aura soit perdu soit gagné dans la douleur la plus extrême contre Bilbao et la Real Sociedad. Pire encore, la dernière victoire à Anoeta remonte à l'air Rjikaard en 2007 avec Ronnie Eto'o Déco and co. Seulement pourquoi une simple défaite peut en faire venir à ce que le Barça, que l'Europe du football pense invincible puisse faire basculer dans le mauvais sens la saison du club catalan.

Tout d'abord, il en revient que ce n'est pas uniquement cette défaite qui pourrait remettre en cause la saison jusque là exceptionnelle de la bande à « Lucho » mais elle peut être considérée comme révélatrice de plusieurs problèmes au sein de l'équipe catalane.

Premièrement le réel niveau des remplaçants de l'effectif catalan :

Si le onze type paraît vraiment imbattable selon la plupart des observateurs du football européen, il n’en est pas de même pour les joueurs devant assurer les rotations de l’effectif catalan.

En effet, hormis Sergi Roberto, le “couteau suisse” de Luis Enrique (il a évolué à 7 positions différentes cette saison !) et dans une moindre mesure Ter Stegen (qui a connu un début de saison compliqué coûtant des points au Barça) aucun joueur ne semble en capacité de pouvoir contrecarrer le onze type.

En défense, Bartra est considéré trop peu sécurisant par “Lucho”, Vermaelen n’a jamais donné satisfaction (erreur de casting) et Jérémy Mathieu quand celui-ci évolue en central donne souvent des sueurs froides notamment dans son alignement ou sa relance. Adriano bien que prolongé n’entre pas dans les plans du coach catalan quant à Aleix Vidal c’est pour l’instant un point d’interrogation quant à son statut au sein de l’effectif barcelonais du fait qu’il n’ait pu intégrer l’équipe première qu’à partir du mois de Janvier. Je vous ferai grâce de ne pas mentionner le statut de Douglas …

En définitif, il manque un troisième défenseur central de haut niveau à cet effectif derrière Mascherano et Pique ainsi qu’une doublure efficace à Alba.


 

Au milieu de terrain : derrière le trio Busquet-Rakitic-Inesta  c’est malheureusement un peu le désert pour plusieurs raisons.

Premièrement, Sergi Roberto a certes évolué à 7 positions différentes cette saison pour ainsi dire sa polyvalence entraîne souvent Luis Enrique à le positionner hors du milieu de terrain qui est son poste de prédilection.

La blessure de longue durée de Rafinha a privé l’effectif d’un bon second couteau capable de pouvoir jouer au milieu de terrain ainsi que sur le front de l’attaque. Bonne nouvelle cependant il a fait son retour sur les terrains lors du match aller face aux Colchoneros mais arrivera t-il à retrouver son niveau d’avant sa longue blessure au genou c’est un point d’interrogation quand on connaît le nombre de joueurs n’ayant jamais retrouvés leur niveau après une telle blessure. Vient ensuite le problème Arda Turan. Recrue phare de l’été 2015 pour plus 40 M et promesse électorale de Bartolomeu lors de la campagne pour la présidence cet été, il connaît le même problème que Vidal c’est à dire son incorporation tardive à l’effectif catalan. Cependant au bout de trois mois le constat est simple, rares sont les matches dans lesquels le génie turc a répondu aux attentes des supporters ainsi que des observateurs. En effet son impact n’a rien avoir avec celui qu’il avait du côté de Vicente Calderon ou de l’équipe nationale turque .De plus il a remplacé numériquement Xavi au sein de l’effectif mais rare sont ceux qui peuvent prétendre pouvoir remplacer le plus grand joueur espagnol de l’histoire (n’en déplaise à SoFoot …)

Enfin un petit jeune pointe le bout de son nez régulièrement dans le groupe catalan depuis cette année : Sergi Samper. Capitaine du Barça B depuis le départ de Grimaldo au Benfica cet hiver il a les qualités pour devenir à moyen terme un membre à part entière de l’équipe A malgré tout il semble trop frêle (pour le moment) pour prétendre à figurer dans les rotations de l’effectif.

Passons à l’attaque à présent. Derrière le trio MSN il y a deux hommes : Munir El Hadaddi et Sandro Rodriguez. Les deux joueurs sont des espoirs de la Masia mais peinent à confirmer les espoirs qu’on avait mit en eux. Munir lui évolue de plus en plus à son poste de prédilection (dans l’axe) et améliore ses statistiques depuis janvier mais n’a pas l’impact d’un Suarez quand il est sur le terrain, cependant il faudra compter sur lui à l’avenir. Sandro lui de son côté a beau avoir été formé au Barça, ses qualités sont plus la percussion la vitesse et la recherche de la profondeur qui ne correspondent pas tellement à la tactique de possession appliquée par le club catalan. De plus lors de la blessure de Messi, aucun des deux n’a véritablement satisfait donc l’un des deux sera certainement vendu ou prêté cette saison (Sandro ?). L’attaque barcelonaise se retrouve donc dépourvue du joker qu’était Pedro mais qui ne satisfaisait plus de sa situation de quatrième homme et qui a préféré vogué vers les cieux londoniens…

    En définitif, le FC Barcelone possède un onze type irréprochable mais ne dispose pas non plus d’une longueur de banc qualitative pouvant lui assurer de faire tourner l’effectif quand il en a besoin. C’est l’un des chantiers du mercato estival du côté des pensionnaires du Camp Nou.


 

    Autres problèmes pouvant altérer la fin de saison du FC Barcelone : les mauvais choix de la part de Luis Enrique.

Alors certes c’est l’homme du triplé mais il n’en reste pas moins critiquable sur plusieurs aspects depuis le début de saison. Des choix qui pourraient coûter cher en fin de saison quand il faudra faire les comptes. En effet, depuis le début de saison, sur certaines sorties le coach catalan multiplie les erreurs à des moments cruciaux du match. Premier exemple : le match aller de Supercoupe à Bilbao n’était qu’un prémice de ce qui est énoncé dans la qualité des remplaçants plus haut. Cependant, la composition d’équipe est le choix de Lucho ! Typiquement Luis Enrique a l’habitude de faire rentrer Jérémy Mathieu en défense lorsque l’équipe mène à la marque. Or, au moins à trois reprises cette saison (Valence, Villareal, La Corogne) son entrée a perturbé l’équilibre défensif permettant aux adversaires de revenir à la marque faisant ainsi perdre des points précieux dans la course aux titres. Autre exemple, la sortie de Rakitic au profit d’Arda est une erreur tactique. En effet, sortir Rakitic qui est solide défensivement couvrant ainsi les montées d’Alves mais tout en apportant un jeu long et un impact physique toujours juste. Sa sortie a laissé le Real pouvoir sortir en contre plus facilement car Arda étant plus offensif son travail défensif n’équivaut pas à celui du croate, pour les conséquences que l’on en sait. A la place d’Arda, Luis Enrique aurait du privilégier Sergi Roberto plus défensif et pouvant plus facilement apporter dans le repli défensif et à la récupération du ballon. Enfin, le match de samedi soir à Anoeta fut décrit comme “le déplacement le plus dur de la saison en conférence de presse” or dans ce cas pourquoi aligner une équipe remaniée avec plusieurs joueurs hors rythme dans un match traquenard avec le risque de voir revenir l’Atletico dans ses pas en championnat. Bref, Luis Enrique ne doit pas en vouloir qu’à la qualité des joueurs présents sur le terrain mais également à certains de ces choix que l’on peut aisément qualifier de discutable.

Le calendrier du Barça est également plus que compliqué avec notamment deux matches sous tensions face à Valence qui doit se racheter de sa saison manquée auprès de ses supporters et aller vaincre l’ogre catalan dans son antre ravirait les supporters pour un soir au moins. Mais aussi le derby une nouvelle fois au Camp Nou face aux voisins de l’Espagnol qui au terme d’un match âpre avait réussi à décrocher un match nul à l’aller. Un tel scénario n’est pas à exclure pour le retour surtout si le FC Barcelone continue son aventure européenne qui lui demandera de puiser davantage dans ses réserves physiques et mentales. Alors que dans le même temps, les deux clubs de Madrid ont a priori un calendrier plus abordable surtout si leurs épopées en Ligue Des Champions s’achèvent au terme des quarts de finales. Ajouté à cela une méforme de l’ensemble des sud américains de l’effectif catalan (Messi et Claudio Bravo en tête) vous obtenez une Liga complètement relancée jusqu’au bout du championnat.

Pour ce qui est de la Copa Del Rey, le Barça affrontera une de ses bêtes noires le FC Séville. En effet l’équipe andalouse emmenée par l’excellent Unai Emery à l’habitude de jouer des mauvais tours aux deux gros que sont le Real et le Barça (qui ont tous les deux été s’incliner à Sanchez Pizjuan cette saison) alors avec l’enchaînement des matches et un pressing intense comme à l'accoutumer de la part des Sévillans, il n’est pas totalement exclu que cette finale échappe au FC Séville qui de plus est typiquement une équipe savant faire déjouer un adversaire sur le papier supérieur et sachant se transcender lors des matches couperet ( les performances du club andaloux en Europa League pouvant facilement attester de cette affirmation)

Voilà les  raisons pour lesquelles le Barça ne peut pas rééditer l’exploit du triplé cette saison. Surtout n’allez pas croire que les Azulgrana n’en restent pas moins favoris dans les trois compétitions auxquels ils participent seulement des faiblesses apparaissent ici et là pouvant fragiliser l’équilibre instauré par Luis Enrique depuis le début de son mandat. La défaite face à la Real Sociedad en janvier 2015 avait servi d'électrochoc pour lancer la saison du FC Barcelone alors avertissement sans frais ou début de crise; seul l’avenir nous le dira mais une chose est sûre le Barça a toutes les cartes en main alors il est maître de son destin !