Mercato : La Chine, la destination à la mode ?

A quelques heures de la fin du mercato hivernal, les choses s'emballent et certains transferts seront réalisés sur le fil. Mais un championnat a beaucoup dépensé et a surpris.

Mercato : La Chine, la destination à la mode ?
Les fans chinois qui accueillaient Drogba en 2012 - imatin.net

Le mercato hivernal s’emballe et c’est la Chine qui attire certains joueurs tout comme Ramires (Chelsea), Gervinho (Roma), M'Bia (Trabzonspor) ou encore Guarin (Inter). Un choix étonnant pour des joueurs qui n’ont pas encore la trentaine et encore de beaux jours devant eux. Un choix sportif ? On a du mal à y croire. La Chine devient un véritable paradis fiscal pour les footballeurs.

Si certains rêvent de cadors européens, d'autres s'en éloignent et s'exilent à l'autre bout du globe. Si la destination à la mode pour une fin de carrière tranquille, est le rêve américain (MLS), de nombreux footballeurs semblent aujourd'hui se tourner vers le championnat chinois. Très peu médiatisé mais qui commence à gagner en attrait et qui compte bien s'imposer parmi les plus grands. Millions déboursés, naturalisation de joueurs étrangers pour jouer dans l'équipe nationale chinoise, investissements de droits TV, investissements ligue 2 portugais .... Le tout pour gagner en attractivité et concurrencer le football européen sur le modèle russe ou encore Qatari.

Après un passage éclair d’Anelka, Drogba ou encore Guillaume Hoarau et Demba Ba, c’est Ramires, Gervinho, Mbia et Guarin qui découvriront le championnat chinois.  Lors de ce mercato, la Chine a déboursé un bon pactole et accueilli des grands noms inattendus. Est-ce le début d'un championnat conquérant ou une lubie du moment ? 

Les Blues en partance pour la Chine, un hasard ?

Shangai a déjà compté dans ses rangs deux grands noms de Chelsea en 2012 tel que Didier Drogba et le Français Nicolas Anelka, recruté par Jean Tigana, ont fait un aller-retour pour problèmes financiers. Demba Ba, lui, a rejoint le Shanghai Shenhua Football Club l'été dernier pour un montant de 13 millions d'euros. Une coïncidence? Non. Jiangsu Suning, basé à Nankin est entraîné par un ex-joueur de Chelsea, Dan Petrescu. 

C'est Ramires qui devrait suivre ce chemin puisque le milieu international brésilien de Chelsea, âgé de 28 ans s'est engagé avec le Jiangsu Suning pour 5 ans et demi. Le Suning a déclaré avoir déboursé 28 millions d'euros pour le Brésilien, ce qui en fait le joueur le plus cher de l'histoire de la ligue chinoise. Ramires n'a disputé que 12 matches de Premier League cette saison et semble en déssacord avec Guus Hiddink qui ne semble pas compter sur lui. 

Gervinho, Guarin et M'Bia sur le même modèle 

L'attaquant ivoirien de l'AS Roma Gervinho, âgé de 28 ans, s'est engagé avec le Hebei Fortune pour 18 millions €. L'international colombien de l'Inter Milan, Fredy Guarin (29 ans), a signé pour le Shanghai Shenhua pour 15 millions €. Il devrait gagner 11 millions d'euros par an. Stéphane Mbia, le capitaine de l'équipe nationale du Cameroun, s'est engagé avec le Hebei China Fortune FC, et rejoint Gervinho.

La Chinese Super League en pleine ascension 

La Chinese Super League aussi appelée Chinese Football Association Super League est la division 1 chinoise. Elle se compose de 16 clubs qui luttent pour un titre de champions. Le tenant du titre est le club de Guangzhou Evergrande, champion en titres qui domine la Chine depuis 2011. Le record de titres est décerné au club Dalian Shide et ses 8 titres, mais le club disparaît en 2012 à la suite de l'arrestation et le décès de son président.

Les autres clubs cherchent donc à rivaliser en dépensant des sommes astronomiques pour accueillir de grands noms et permettre au championnat d'évoluer. Les salaires sont aussi très attractifs puisque pour exemple Fredy Guarin, qui s'est fraîchement engagé avec le Shanghai Shenhua, devrait toucher 11 millions d'euros par an. Des salaires avantageux et des dépenses impulsives qui s'expliquent principallement grace aux droits télévisés qui sont passés de 11 millions d'euros par saison à 280 millions d'euros. Les autorités chinoises ont également annoncé en mars dernier la création de plus de 100 centres de formation, avec pour investisseur le célèbre brésilien Ronaldo. Et dès la saison prochaine, Ledman, multinationale chinoise, va devenir le sponsor officiel de la deuxième division portugaise. Avec pour obligation, dix joueurs chinois qui devront y évoluer et trois entraîneurs qui entraîneront. 

La Chine, investit également depuis plusieurs années dans des clubs européens de part des riches propriétaires (Manchester City ou encore le FC Sochaux). Une stratégie proche du modèle Qataris. L'objectif est simple, attirer des grands noms, leur proposer des salaires abondants et en contrepartie permettre au championnat chinois de faire parler de lui à l'international.

La Chine veut briller sur la scène internationale du football 

Mais un problème se pose toujours, l'équipe nationale chinoise n'est que 82ème au classement Fifa et peine à s'imposer sur la scène mondiale. Les autorités chinoises envisageraient de donner la nationalité chinoise à des footballeurs étrangers afin de renforcer l’équipe nationale. Des pratiques qui ont déjà eu lieu pour Diego Costa (Espagne) ou encore durant l’Euro de basket pour des équipes roumaines et qui est en grande mutation.  Mais même si le président Xi Jinping est un fan de football, une pratique qui semble compliquée puisque le droit chinois ne reconnaît pas la double nationalité. Il reste encore du travail au football chinois pour s'imposer mais il semble que l'ascension est sur la bonne voie et que si le championnat chinois arrive à conserver ses joueurs de renoms, certains pourraient se laisser tenter par le challenge dans un futur proche.