Débrief de la 30ème journée de Serie A

Les tops, les flops, l'équipe ou encore le but du week-end. Voilà ce que vous devez retenir de cette trentième journée de Serie A. Débriefing.

Débrief de la 30ème journée de Serie A
Débrief de la 30ème journée de Serie A

Après un mois de disette, le Genoa a retrouvé le chemin de succès dans l’un des deux matchs d’ouverture de cette 30e journée. Face à Cagliari, coincé au fin fond de la Serie A, les Grifoni ont su faire la différence en seconde période dans une partie riche en occasions. Si Ceppitelli et M’Poku pourront se mordre les doigts d’avoir touché les montants du Genoa dans les 20 premières minutes, les locaux sauront remettre le pied sur le ballon et c’est Mbaye Niang, bien placé à la limite du hors-jeu, qui ouvrira le score à 51e. Pas vraiment de suspens puisque le break est inscrit dans la foulée. Superbe raid de Perotti dans la moitié de terrain Sarde, il trouve Iago Falque qui croise bien sa frappe pour le 2-0. Belle prestation collective, du trio de devant, décisif, grand Bertolacci, de même pour Roncaglia. Grand match pour Eugenio Lamanna également, le remplaçant de Mattia Perin (blessé) sort 90 minutes de bonheur au grand dam de Zdenek Zeman, toujours sans succès depuis son retour sur le banc du Casteddu. Sans viser grand-chose au bout, le Genoa se rassure à domicile et se maintient dans la première moitié de tableau. Mérité.

Grosse prestation du Napoli qui retrouve les Tops avec un score évocateur pour principal argument, 3 buts à 0 contre la Fiorentina, rien que cela. Plus que jamais ennemis au classement, les Napolitains comptaient bien gagner ce match au San Paolo et repasser devant leurs adversaires du jour. C’est aussi et surtout ce qu’espéraient les tifosi du Napoli, écœurés après l’élimination en milieu de semaine dernière par la Lazio dans le cadre de la demi-finale retour de la Coupe d’Italie. Protestation après le match, les joueurs, eux, se sont retranchés dans leur camp d’entraînement pour intensifier le travail, colère du président De Laurentiis à l’appui, il était temps que ça change. Egalement éliminés brusquement de la Coppa, la Fiorentina n’aura pas fait long feu durant la rencontre. 23e, Mertens déboule et trompe Neto d’un enroulé séduisant, les Toscans n’entreront jamais dans le match. Un peu le même cas pour Gonzalo Higuain qui ne parviendra toujours pas à marquer, la faute cette fois-ci à l’arbitre qui n’a pas vu le ballon rentré aisément après avoir fracassé la barre transversale, il devait y avoir 2-0. Peu importe, les Partenopei repartiront en seconde période avec les mêmes intentions. Hamsik entre en jeu et marque de suite avant le troisième de Callejon, bien servi par Insigne, lui aussi apparu en cours de match, 3-0. Net et sans bavure, le message est lancé. A eux de confirmer en milieu de semaine face à Wolfsbourg. On retrouvera aussi la Fiorentina qui se déplacera à Kiev.

Retour aux sources et retour des trois points pour Palerme ce week-end. En déplacement chez l’Udinese pour un duel entre deux équipes malades, Iachini a tenu à revenir à son 3-5-2 (ou 3-5-1-1), dispositif qui avait fonctionné durant plusieurs mois. Out la défense à 4 qui n’aura pas représenté une très bonne alternative. Spectacle d’entrée de jeu et KO très rapide des locaux avec la frappe monstrueuse d’ Achraf Lazaar qui troue la lucarne de Karnezis. Bien servi par Dybala, Luca Rigoni boucle un beau mouvement dans la surface, 0-2 en 20 minutes. En seconde période, c’est le Bulgare Chochev qui fera trembler les filets pour le 0-3. A signaler la seconde passe décisive de Paulo Dybala du match, désormais co-meilleur passeur du championnat (9 assist) avec son coéquipier Franco Vazquez, la classe. C’est Toto Di Natale qui viendra sauver l’honneur de l’Udinese en fin de match avec le but du 1-3. Victoire logique des Siciliens qui repartent enfin de l’avant et qui se positionnent tout en haut de la seconde moitié de tableau.

Flop et rendez-vous raté pour Cesena dimanche midi. Le 18e et premier relégable de Serie A avait l'occasion de jouer le 16e à domicile et de réduire l'écart sur Bergame pour la survie dans l'élite. Le Chievo Vérone ne l'entendait pas de cette oreille et a parfaitement contrecarré les plans de Domenico Di Carlo. Sous le soleil d'Émilie-Romagne, les deux formations vont longtemps se neutraliser, partie très équilibrée à tous les étages, Cesena est poussé par ses tifosi mais les offensives blanches et noires se heurtent au double rideau habituel du Chievo. Alors qu'on se dirige vers un 0-0, c'est Sergio Pellissier qui va faire taire le stadio Dino Manuzzi à la 81e. L'attaquant qui était entré en jeu 25 minutes plus tôt crucifie Leali et coupe de la tête un bon centre du Français Nicolas Frey. Pellissier fêtait ses 36 ans ce dimanche, c'est le bomber qui offre un cadeau énorme pour son club, un but peut-être bien synonyme de maintien pour son Chievo. Cesena n'y arrivera pas et se voit concéder la 16e défaite de la saison, aucun succès durant les cinq derniers matchs de championnat, la pente s'élève encore un peu plus. Alors que l'Atalanta a gagné un peu plus tard ce dimanche (voir plus bas), l'écart s'est finalement accrût avec le 17e. Avant de se rendre deux fois de suite à Gênes pour y jouer la Samp' puis le Genoa, il ne reste plus beaucoup de joker(s) à Cesena avant de retourner d'où ils sont venus : en Serie B.

Et ce qui devait arriver, arriva. Après longtemps avoir rêvé de Scudetto, la Louve souffre et a logiquement revu ses ambitions à la baisse avec la place de dauphin au chaud, histoire d'assurer la Champions League l'année prochaine. Et puis, l'aigle Laziale a déployé ses longues ailes pour prendre son envol. Ce week-end a vu la Lazio prendre enfin le dessus sur la Roma, la bataille s'annonce superbe pour les deux clubs de la capitale, à qui finira au dessus de l'autre. Avec l'énième victoire des Biancocelesti, le flop vient donc forcément des hommes de Rudi Garcia. En déplacement chez le Toro, les Giallorossi ont été mis en échec, il manque encore quelque chose à cette équipe pour pouvoir enchaîner les bons résultats. Après une première mi-temps stérile, ce sont les Romains qui vont prendre l'avantage par l'intermédiaire d'Alessandro Florenzi sur penalty après une faute de Moretti sur De Rossi, plutôt généreusement donné, 0-1. Il faudra seulement six minutes aux grenats pour rectifier le tir, Vives pour Maxi Lopez, fraîchement entré en jeu, 1-1. Les problèmes commencent maintenant, la Roma insiste mais n'arrivera jamais à reprendre le dessus, marquer deux buts dans le même match ? Trop compliqué pour eux.

Il faut remonter à l'Europa League et le retour à Feyenoord (1-2) le 26 février dernier, puis le 08 février à Cagliari en championnat (1/2 également), ça commence à faire. En clair, il suffit de marquer un but à De Sanctis pour s'assurer au moins le point du match nul. De nombreux problèmes en attaque expliquent cela, Totti toujours absent, Ljajic toujours inconstant, Iturbe intermittent du spectacle et Ibarbo qui fêtait sa première titularisation avec la Roma, peine à trouver sa place. Sans parler de Doumbia, entré en cours de jeu qui lui, peine à rejouer un football potable. Peu servi de ballons, c'est peut-être également la faute au meneur de jeu reculé, Miralem Pjanic qui, n'en déplaise au but inscrit au Napoli la semaine dernière et à la célébration qui va avec, effectue une saison d'un faible niveau. Un point pris chez le Torino au final, résultat logique. Réaction immédiate obligatoire sous peine de voir la Lazio prendre définitivement son envol pour la seconde place.

Déception pour le dernier match de ce week-end, une partie qui n'a pas tenu toutes ses promesses avec l'affrontement du Milan et de la Sampdoria. Les Rossoneri avaient l'occasion de s'offrir une dernière chance pour l'Europe en prenant les trois points avant de jouer un derby décisif à San Siro, la première étape n'a pas été franchie. Déception, tout comme pour la Samp qui a pu voir le podium se dessiner et le Napoli solide vainqueur à domicile reprendre la quatrième place. Au final, un match nul qui n'arrange absolument personne avec un tableau du score qui s'est un petit peu affolé au cours des 45 dernières minutes. C'est d'abord la bande de Sinisa Mihajlovic qui va venir inquiéter encore un peu plus les tifosi Milanais, encore en rogne et demandant une nouvelle fois la vente du club. But de Roberto Soriano, récemment titulaire avec la Nazionale face à l'Angleterre, 1-0. Sur une passe astucieuse de Samuel Eto'o, le meneur de jeu pétrifie Diego Lopez. A 20 minutes du terme, c'est Nigel de Jong qui parviendra à égaliser d'une belle reprise déviée par Duncan, 1-1. Et puis, c'est tout. Une des seules satisfactions de l'ACM sera l'entrée de Suso qui aurait pu être décisive à quelques centimètres près. Sa frappe enroulée de toute beauté heurte le poteau droit de Viviano, malchanceux sur ce coup-là, le jeune Espagnol commence à faire son nid. Un point chacun, bien peu pour suivre la cadence des équipes de tête. Si la Samp n'a pas dit son dernier mot, la course à l'Europe devrait définitivement s'arrêter ici pour Milan qui devra sauver l'honneur face à l'Inter dimanche prochain.

« Nous restons dernier, mais c’est une grande satisfaction d’avoir battu les premiers du championnat. Nous voulons terminer cette saison la tête haute. » Ces quelques mots de Roberto Donadoni résument assez bien l’envie des joueurs Parmesans depuis ces quelques dernières semaines, mourir les armes à la main, donner le maximum jusqu’à la dernière seconde du dernier match de cette saison épouvantable pour le Parma Football Club. La plus grosse surprise de cette 30e journée de Serie A est sans aucun doute la victoire de ce Parme face à la Juventus qui a fait beaucoup de bruit en Italie, comme dans l’Europe entière. Une Vieille Dame qui avait démembré ces mêmes Parmesans lors du match aller à Turin, un score fleuve de 7-0 dans un match qui n’avait absolument rien à voir avec celui de samedi après-midi. Une Juventus logiquement remaniée, Pogba, Pirlo, Buffon, Barzagli et Tevez n’étaient même pas dans le groupe et Evra, Bonucci ou Morata ne partaient même pas titulaires... Pas de questions à se poser de l’autre côté, les Crociati ont joué au ballon. L’écart de niveau n’est vraiment pas criant malgré la différence évidente au niveau de la possession (66%), logique avec un milieu de terrain où étaient tout de même titulaires, Marchisio, Vidal ou Pereyra. Antonio Mirante ne cèdera jamais sur sa ligne, sa défense à 3 juste devant lui non plus. A l’heure de jeu, un contre Parmesan viendra faire trembler le Tardini. Belfodil remet proprement dans l’axe pour Jose Mauri qui arrive plein gaz et qui va tromper Marco Storari d’une frappe parfaite, 1-0. Le milieu de terrain de poche signe son second but de la saison en championnat et confirme de nombreux espoirs que certains portent en lui.

Un 19e anniversaire dans quelques semaines, un double passeport Italo-Argentin et un départ quasi-acté lors du prochain mercato vers une équipe de standing. Parme donne tout et arrache sa quatrième victoire depuis août provoquant la seconde défaite des Bianconeri dans cet exercice 2014 – 2015. Exploit pour ces Parmesans qui auront avant tout joué avec le cœur, victoire à souligner pour ce club qu’on ne devrait plus revoir dans l’élite pendant quelques temps. Ces mêmes joueurs étaient, ce dimanche matin, dans un parc public pour s’entraîner, enfin courir un peu et pour surtout fêter cette victoire avec leurs tifosi. Sublime week-end pour les Crociati, grand coup de chapeau à eux.

Les tifosi Nerazzurri l’avaient presque perdu de vue depuis de nombreux mois suite au dernier Mondial Brésilien, Rodrigo Palacio s’est refait une santé pour revenir comme une fusée depuis février 2015. Lui qui avait passé une bonne partie de son été dans son Amérique du Sud natale, avait très peu brillé avec le maillot Argentin. 5 entrées en jeu, aucunement décisive et une finale perdue au bout du suspens face à l’Allemagne comme chacun le sait. Retour peu évident en club après ces semaines de compétition pour de nombreux joueurs. Palacio reviendra avec l’Inter pour la seconde journée de championnat où il évoluera un petit quart d’heure de manière discrète. Discret, c’est le qualificatif qui conviendra le mieux à une grosse partie de la saison à l’attaquant à la tresse la plus connue du football moderne. En chiffres, c’est assez simple, Palacio inscrit 2 buts pour 2 passes décisives de septembre à janvier. Cinq mois de compétitions où il est méconnaissable. Heureusement pour l’Inter, Mauro Icardi tient la baraque sur le front de l’attaque et les renforts du mercato hivernal 2015 avaient tout pour rendre cette équipe plus forte. Podolski remplace un Osvaldo parti découvrir l’Argentine, et Shaqiri vient pour hausser le niveau d’une équipe qui patine tristement. Plusieurs semaines après la fin de ce mercato, on peut affirmer que la meilleure recrue des Lombards aura finalement été le retour en forme de Palacio. Rodrigo  évolue et redevient Rodrigol.

A ce jour, sur les 12 derniers matchs de l’Inter toutes compétitions confondues, le club aura marqué aura 20 buts, Palacio sera impliqué sur la moitié de ces réalisations : 8 buts et 2 passes décisives, le frein à main s’est brutalement desserré. Samedi soir à Verone pour faire face à l’Hellas, Icardi et lui étaient alignés d’entrée de jeu avec Hernanes en meneur de jeu. La recette aura été la bonne, Palacio pour Icardi à la 10e, Icardi pour Palacio à la 47e, les Argentins se régalent, 0-2. Rodrigol trouvera la barre transversale dans les 20 dernières minutes avant un petit exploit d’Handanovic sur Luca Toni, arrêt splendide du gardien Slovène sur penalty. Vangelis Moras marquera contre son camp dans les ultimes secondes pour un score final épicé, 0-3. Un gardien toujours au top et une doublette offensive qui fonctionne au poil, l’Inter retrouve un tout petit peu de couleurs dans ce début de printemps. Mention spéciale à Palacio, on retrouve l’attaquant qu’on a aimé, l’un des Hommes du week-end.

Un but venu d’ailleurs puis un autre sur penalty et trois points fondamentaux, German Denis et l’Atalanta Bergame ont vécu un drôle de dimanche après-midi. Pour la réception de Sassuolo, la victoire était impérative dans la course au maintien. Il était grand temps de reprendre des points sur Cesena et Cagliari, tous défaits plus tôt durant le week-end. Pour cela, Pinilla est suspendu et Reja replace Denis en pointe, c’est l’Argentin qui va illuminer la partie avec une action de très grande classe à la 41e. Bicyclette grand luxe pour lancer Bergame. Les locaux se verront freinés par Domenico Berardi à l’heure de jeu, un but et un carton jaune, à l’accoutumée pour le jeune Italien, 1-1. C’est néanmoins l’Atalanta qui reprendra l’avantage rapidement grâce à un penalty de German Denis, homme du match, 2-1. De l’air sur la zone rouge, 7 points pour être précis, un matelas correct.

Retour sur le fantastique but de Denis :

https://vine.co/v/eueFUuTqu0U

Marre d’être toujours classée dans les Tops du week-end, la Lazio se rend « La Décla’ » cette semaine avec les paroles du Mister Pioli et du Capitano Mauri après la victoire à domicile face à l’Empoli, assez aisément, 4-0 :

« Pour nous, c’était important de gagner face à l’Empoli. Et puis, le Torino nous a donné un coup de main, nous sommes contents. Le but du Toro ? Nous avons réalisé oui. Le stade était plein cet après-midi et on a vite deviné que quelque chose se passait. Tôt cette année, en stage de préparation, nous avons réalisé que nous étions une bonne équipe et que le club avait fait de bons investissements durant le mercato, l’équipe s’est améliorée. De là à faire un tel parcours en championnat, je ne pensais pas non, mais nous récoltons tout simplement le travail effectué en cours de semaine. Si je signe pour un match nul samedi prochain ? Non, nous jouons tous les matchs pour les gagner. Nous savons que ça ne sera facile car ils sont plus forts que nous. »

Stefano Mauri à propos de son entraîneur: « Il est fort pour préparer les matchs, d’un point de vue tactique. Pour être sincère, j’ai été beaucoup surpris, pas seulement de la gestion des joueurs en match mais aussi dans le domaine technico-tactique ainsi qu’en termes de motivation. C’est une vraie surprise, je suis content qu’il puisse nous entraîner. »

Huit derniers matchs de championnat : 8 victoires, 21 buts inscrits, 2 encaissés. Il y a de quoi être un peu surpris effectivement par cette SuperLazio. Prochain challenge alléchant pour eux : à l’assaut de la SuperJuve samedi prochain donc.

1 - Juventus (70 points)
2 - Lazio (58 points)
3 - Roma (57 points)
4 - Naples (50 points)
5 - Fiorentina (49 points)
6 - Sampdoria (49 points)
7 - Torino (43 points) 
8 -  Milan (42 points)
9 - Inter (41 points)
10 - Genoa (41 points) -1
11 -  Palerme  (38 points)
12 - Sassuolo (35 points) 
13 - Chievo (35 points) 
14 - Udinese (34 points)
15 - Empoli (33 points) 
16 -  Verone (33 points)
17 - Atalanta (29 points)
18 - Cesena (22 points) 
19 - Cagliari (21 points)
20 - Parme (16 points) -1

Samedi 18 avril

Sampdoria - Cesena (18h00)
Juventus - Lazio (20h45)

 

Dimanche 19 avril

Sassuolo - Torino (12h30)
Chievo - Udinese (15h00)
Empoli - Parme (15h00)
Palerme - Genoa (15h00)
Roma - Atalanta (15h00)
Inter - Milan (20h45)

 

Lundi 20 avril

Fiorentina - Verone (20h45)

Crédits : ANSA / Repubblica