L'ascension de Morata

Du banc de Madrid à la lumière de Turin, portrait du joueur Ibérique qui s'est fait une place au gré des week-end sur le front de l'attaque de la Vieille Dame.

L'ascension de Morata
L'ascension de Morata


Si je vous demande quels sont les jeunes joueurs qui composent l'équipe de la Juventus, vous me direz Paul Pogba bien sur ! Il est d'ailleurs très fort, annoncé un peu partout en Europe et extrêmement apprécié des supporteurs, mais on en oublierait presque Alvaro Morata. Encore une fois, si je vous demande l'attaquant Turinois par excellence, c'est bien le nom de Carlos Tevez qui ressortira. Morata est dans l'ombre de ses coéquipiers, ce n'est pas le meilleur buteur, encore moins le meilleur passeur et pourtant il est la pièce maîtresse de l'effectif Bianconero. Quel type d'homme et de joueur est-il ? Analyse sur le jeune Espagnol qui n'en finit plus d'étonner la planète football.


Début sous les couleurs Madrilènes

Morata par ci, Morata par là, vous commencez peut-être a entendre le nom du joueur un peu partout maintenant et ceux, depuis la demi finale gagnée contre le Real Madrid. D'ailleurs, parlons des Merengues, car c'est bien par là que la carrière du numéro 9 a commencé. S'il est formé par le club rival de l'Atletico Madrid, c'est bien à la maison blanche qui fait ses gammes. Il joue 2 saisons au côté de Ronaldo, Modric, Ramos et surtout Benzema, qui lui barre la route pour une place de titulaire dans une équipe où le trio offensif est tellement important qu'il ne s'impose pas. En 2 ans, seulement 11 buts pour lui. Mais au delà des statistiques, c'est surtout le joueur qui ne plait pas aux madrilènes.

Il est grand, plutôt physique, une rapidité plutôt bonne pour son mètre 90, un bon passeur et un buteur capable de tirer a 25 mètres ou de bien se placer dans les 6 derniers mètres. Jusque là, on y voit un attaquant complet, sauf que le Real, c'est une équipe qui aime le spectacle, ce que l'Espagnol n'est pas. Un joueur peut être "trop" simple pour cette équipe. Mais il n'est pas abattu pour autant. C'est la ville de Turin qui rejoint a l'été 2014, pour 20 millions d'euros. Sachant que le directeur sportif, Beppe Marotta, n'achète jamais les joueurs très cher, 20 millions d'euros pour un attaquant de 22 ans qui n'a encore rien montré, c'est beaucoup d'argent. Bien sûr, le pari est gagnant mais ce fut difficile.


La monté en puissance

A ce moment là, les supporteurs sont septiques. Surtout qu'il se blesse juste avant la reprise du championnat. Allegri prend ses fonctions que depuis quelques mois seulement et doit déjà composer son équipe sans lui, mais les tifosi s'inquiètent beaucoup plus de la blessure de Barzagli, qui l'éloignera des terrains pendant 8 mois encore. Alors, il marque son premier but contre l'Atalanta en fin septembre, la Juve gagnait déjà 2-0, il en a ajouté le troisième en fin de match, de quoi lui donner de la confiance. Dans cette première partie de saison, il n'a qu'un rôle de remplaçant, il joue des bouts de matchs, fait de bonnes entrées mais ne marque pas. Entre temps, Llorente n'est pas dans la même dynamique que la saison dernière et petit a petit, les rôles s'inverseront.

Ce qui fait la force de Morata c'est son aspect collectif, pour s'intégrer dans l'effectif, il a délivré plusieurs passes décisives pour gagner la confiance de ses coéquipiers. Puis le déclic vient de la coupe d'Italie : la Juve fait toujours 0-0 contre Parme et c'est Morata, tout juste rentré en jeu qui marque, un seul tir, 1-0, il offre la qualification au tour suivant. Il monte en puissance de janvier à mars où il délivre presque a tout les matchs une passe décisive ou un but et lui vaut sa place de titulaire. Il est aussi bien aidé par un Llorente qui fait peut être la pire saison de sa carrière. Mais, Allegri est malin dans la gestion du joueur, il ne joue pas tous les matchs, on ne veut pas le cramer si vite et cela accroit son développement.

Puis des buts contre Dortmund, le penalty provoqué contre Monaco et les deux buts marqués contre son ancien club a l'aller et au retour, offrent une finale a la Juve, 12 ans après la dernière. Le championnat étant déjà acquis, il ne reste plus que la Finale de la Ligue des Champions à jouer pour lui, si son équipe a aussi une Coupe d'Italie a son actif, ce sera sans lui, suspendu pour l'occasion. En résumé, il a mis 4 mois a s'intégrer pour ensuite être un titulaire indiscutable.


Simplicité, efficacité et complémentarité

Voici les trois mots qui définissent le mieux l'Espagnol. Il n'est pas un adepte des gestes techniques de grandes classes mais il sait éliminer un adversaire sur un crochet ou en le prenant de vitesse. Il joue simplement, il ne se complique la vie que très rarement car il n'est pas obnubilé que par le but, il n'hésitera pas a faire une passe importante dans les 20 derniers mètres. Sa complémentarité en fait un joueur different de n'importe quel autre joueur car il sait changer sa manière de jouer selon les adversaires. Prenons Llorente par exemple, c'est un pivot, on peut lui balancer des balles aériennes, il les récupéra, il conservera le ballon jusqu'a qu'un coéquipier vienne en soutien.

Llorente est très grand et a un jeu de tête qui lui permet de reprendre n'importe quel ballon. Et Morata dans tout ça ? Et bien, il peut effectuer les mêmes taches que son coéquipier mais pas que. Morata sait jouer en pivot quand il faut mais aussi faire la différence sur un dribble, contrairement a son compatriote, il sait accélérer le jeu, il peut décrocher pour aider son équipe comme rester dans les 16 mètres adverses, faire une chevauché d'une vingtaine de mètres pour ensuite centrer sur un coéquipier, attendre le bon centre et encore avoir une inspiration de génie aux 20-25 mètres. Si l'on regarde les buts inscrit tout au long de sa saison, ils sont tous différents, il apporte le danger dans tous les compartiments du jeu, ce que Llorente ne peut pas faire.

Puis, son adaptation avec Tevez est bonne puisque lorsque l'Argentin dézone, l'Espagnol reste en pointe et inversement. Une cohésion d'équipe excellente puisqu'ils arrivent à se servir l'un et l'autre des caviars, se qui en fait un duo performant. Et sans le ballon sa donne quoi ? Et bien, il n'hésite pas non plus a défendre et il n'est pas rare de voir l'espagnol faire des retours importants pour l'équipe. Il est capable aussi, de ne pas avoir le ballon, de jouer un rôle ingrat pour peser sur la défense adverse.


Travailleur et reconnaissant

Ne vous détrompez pas ! Si vous avez vu l'Espagnol avec des lunettes de soleil pour célébrer son but victorieux face a l'Inter (1-2), il est loin d'être arrogant. Les images fortes qui illustrent l'homme sont les non célébrations des buts qualificatifs dans le dernier carré de la plus grande compétition. Qui n'aurait pas, par euphorie, célébrer des buts aussi important que les siens ? Il vient de qualifier son équipe un finale de la Ligue des Champions et il déclare "même si je mettais 1000 buts contre le Real, je n'en aimerais aucun".

Mais malgré son attachement a son ancien club, il en reste pas moins un professionnel et il n'a que 22 ans. Ce n'est pas son habitude de parler, il répond sur le terrain. À l'image d'Allegri, il a réussi a se faire accepter par tous les tifosi alors que très peu croyait en lui. La Juve, par son histoire, a eu de grands joueurs mais restera un club dont le nom sera toujours plus fort que les individualités. Tout au long de son histoire, la Juve n'a jamais changer d'ADN : c'est le Club qui représente l'organisation et la rigueur. Et si la Juve était le meilleur club pour Morata ? Celui qui le correspond le mieux ?

Comme dit précédemment, il a pas ce style spectaculaire qui caractérise le club Merengue, il a plus le style "Da Juve", la grinta d'un battant, l'esprit de sacrifice pour l'équipe. Lorsqu'un joueur fait briller la Vielle Dame, elle lui rend bien en l'accueillant comme l'un des leurs. Pas de gestes techniques fantasques, pas de phrases polémiques de servant qu'a alimenter les médias, ce n'est pas le Style "Da Juve". Il a beaucoup fait pour cette institution cette saison, encore une petit effort et le graal sera dans ses mains. Mais peu importe, les supporteurs sont déjà tous "inna'Morata" de leur numéro 9.