Sinisa Mihajlovic est l'entraîneur d'un nouveau Milan

L'été sera chaud du côté de Milan. Et pour ouvrir la nouvelle ère, les dirigeants Rossoneri ont décidé de changer d'entraîneur, Inzaghi viré, Mihajlovic intronisé.

Sinisa Mihajlovic est l'entraîneur d'un nouveau Milan
Sinisa Mihajlovic est l'entraîneur d'un nouveau Milan

Cette fois-ci, il y aura eu moins de suspens. Alors que les rumeurs en tout genre ont fait aller et venir Berlusconi, Galliani ou Inzaghi pendant des semaines et des mois, le Milan tient son entraîneur pour la saison prochaine et pour un énième nouveau départ : Monsieur Siniša Mihajlović. Cet homme qui aura redonné à la Sampdoria une bonne cure de vitamines, après l'avoir recueilli souffrante dans les bas-fonds de la Serie A.

En version accélérée, avant d'être l'élégant Mister que l'on connaît aujourd'hui, Sinisa a pu enfiler short et crampons durant 18 ans de carrière professionnelle et ce, au plus haut niveau. Des débuts au Vojvodina Novi Sad puis l'Etoile Rouge où il gagnera notamment la C1 au cours d'une saison monumentale. 1992 ou l'année où il rejoint l'Italie en tant que joueur, qu'il ne quittera plus. Il commence avec la Roma mais c'est l'autre club de la capitale qui le marquera en tant que joueur et homme. La Sampdoria déjà, à l'époque, de 94 à 98 puis la Lazio donc pour 6 grandes saisons. Défenseur rude, technique et génie dans l'art du coup-franc, impossible de passer à côté du Serbe dans le début des années 2000. Actuel recordman du nombre de buts marqués sur coup-franc en Serie A pour quelqu'un qui a surtout joué défenseur, Sinisa en impose. Mihajlović signera à l'Inter Milan en 2004 pour deux dernières saisons, là où tout finira et là où tout commencera. De la pelouse au banc de touche, il va apprendre l'envers du décor aux côtés d'un certain Roberto Mancini sur le banc Nerazzurro.

Forcément, on imagine mal Sinisa posé son derrière sur le banc d'à côté quelques années plus tard... Ce dernier déclare même à l'époque qu'il n'entraînera jamais l'AC Milan, que c'était hors de question pour lui, en pur Interista. Cette déclaration habilement ressortie ces dernières semaines fait du bruit aujourd'hui comme on pouvait logiquement s'y attendre. Néanmoins, Mihajlović  n'aura pas le temps de connaître le poste d'entraîneur à Meazza, il se fait les dents à Bologne (2008) pour ses premières directives en Serie A. Catane 13 mois plus tard et une petite expérience solide en Sicile avant de rejoindre la Fiorentina lors de l'été qui suivra. Premier vrai couac en tant que coach puisqu'il sera remercié en novembre, son premier gros club Italien est synonyme d'échec. Son expérience suivante sera tout simplement sa sélection nationale (2012) et malgré un contrat de 4 ans, le bail prendra terme en fin d'année 2013 suite à la non-qualification de la Serbie pour le Mondial Brésilien (3e derrière  Belgique et Croatie). La fin du poste de sélectionneur coïncide avec son retour à la Sampdoria et une mission claire : le maintien. Delio Rossi viré, c'est Sinisa qui doit sauver le club d'un début de saison catastrophique (jusqu'à 2 victoires lors des 14 premières journées de championnat).

Les sourires reviennent peu à peu du côté de la Samp, le second derby de la saison est gagné et Sinisa signera un bilan de 36 points lors des 26 journées de championnat restantes, le club est tranquillement maintenu à la 12e place au bout de la saison, du bon boulot. Maintien donc un an de plus comme spécifié dans son contrat, le Serbe rempile et formera avec son président Ferrero, l'un des duos les plus spectaculaires de la saison en Italie, dans les travées comme sur le banc de touche. Mihajlović et ses hommes sont l’auteur d’une grande saison et alors que les Blucerchiati flirtent avec le podium en cours d’année, le technicien refuse catégoriquement d’entendre parler de Champions League. Et il aura raison. La Samp rate sa fin de saison avec une seule victoire sur les 10 derniers matchs de championnat et échoue à 7e place, juste derrière le wagon européen (la Sampdoria sera finalement qualifiée en EL étant donné que le Genoa, 6e, n’a pas obtenu sa licence UEFA).

Pendant ce temps, le Milan n’a même pas eu l’occasion de batailler pour l’Europe durant ce printemps 2015. Bourlingué entre la première et la seconde partie de tableau, les Milanais finissent péniblement à la 10e position avec Inzaghi toujours le banc au final. Pippo, victime d’un bon millier de rumeurs au long des week-ends, sera finalement remercié ce mardi 16 juin par le club. Merci, au revoir, c’est élégant et c’est comme un air de déjà-vu. Même pas de résiliation, viré. Et comme Carlo Ancelotti a poliment décliné l’offre des dirigeants Lombards, c’est Mihajlović qui remporte le grand prix devant une bonne dizaine de noms sortant et ressortant des médias Italiens parmi Donadoni, Montella, Spaletti, Brocchi, Emery ou même Conte.

Le banc Rossonero est modifié en 82 minutes top chrono, il en faudra forcément un peu plus pour changer la face de l’équipe. Et pourtant, Milan ne traîne pas sur le marché. Avec Monsieur Bee qui va prochainement acquérir 48% du capital, les robinets sont de nouveau ouverts. Doyen, Bee et Galliani, armes redoutables et c’est Jackson Martinez qui pourrait être la première victime, l’attaquant Colombien occupé au Chili en ce moment est en bonne voie pour rejoindre l’Italie. Et ensuite ? Kondogbia ? Miranda ? Hummels Ou même Ibrahimović ? Les rumeurs de transferts sont tenaces même si la concurrence est rude. Affaire(s) à suivre. Pour le moment, souhaitons beaucoup de réussite à Sinisa pour les deux prochaines saisons, voire plus si affinités, à la tête de la grosse écurie rouge et noire.