Le point sur les 20 entraîneurs de la Serie A 2015 / 2016

Adulés ou critiqués, les techniciens du championnat Italien sont toujours sous le feu des projecteurs. Avant de se faire malmenés par la presse et par certains présidents, rapport sur l'ensemble des bancs de Serie A.

Le point sur les 20 entraîneurs de la Serie A 2015 / 2016
Le point sur les 20 entraîneurs de la Serie A 2015 / 2016
La stabilité avant tout

Tout n’a pas été complétement modifié durant ce mois de juin et heureusement. Sur les 20 tacticiens de la saison 2015 / 2016, onze étaient déjà présents lors du précédent exercice. Parmi eux, on retrouve logiquement ceux du tiercé de tête, Max Allegri tout en haut. Celui qui est passé de désastre à merveille en l’espace de quelques mois a très logiquement été prolongé jusqu’en 2017 (option comprise pour 2018). Forcément, ça sera un petit peu compliqué de faire mieux pour la Juve de Massimiliano la saison prochaine. Doublé Scudetto – Coppa, le triplé envolé à peu de choses finalement, on désire juste être de nouveau surpris par cette Vieille Dame en pleine cure de jouvence depuis plusieurs semaines (rapatriement de Rugani ou Zaza, achat de Dybala et fermeté au sujet de Pogba ou de Morata). A toi de jouer Max ! Début d’été tranquille sur les bancs Romains également, Garcia confirmé par sa hiérarchie, Pioli a été prolongé d’une saison dans le même temps, amplement mérité.

Ce dernier pourrait connaître la Champions League très prochainement à condition de passer les barrages, ça serait également le cas pour un bon nombre des joueurs de l’effectif Laziale. Pour le Français, l’avenir semblait également paisible sur la touche de l’Olimpico même si la seconde partie de la saison de la Louve n’a pas vraiment été rose. C1 malgré tout assurée sur le fil, Pallotta confirme Garcia, l’objectif est et restera le titre cette année, mais il faudra veiller à ne pas le crier trop fort cette fois-ci. Pour les postulants à l’Europe, les débuts d’intersaison ont été assez différents. Néanmoins, Mancini, Gasperini ou Ventura seront bien là pour la pré-saison du côté de l’Inter, du Genoa et du Torino. Après six premiers mois confus, Mancio et le mercato prometteur Nerazzurro aspirent plus que logiquement au podium en mai prochain. Sans Europe, on attend l’Inter et son technicien de 51 printemps au tournant.

L’Europe, Gasperini n’y goutera finalement pas à cause du refus de la licence UEFA, indispensable pour participer aux compétitions européennes. On aura le droit à du Gasperini jusqu’en 2018 mais ça sera sans les Falque et autres Bertolacci, tous disparus dès le mois de juin, encore un beau bordel du côté du Grifone. Enfin, Ventura attend encore l’officialisation de l’extension de son contrat qui devait se terminer l’an prochain, ça ne saurait tarder. A son Toro de refaire des miracles après des ventes qui s’annoncent encore importantes cet été. Après un parcours de qualité en Europa et une victoire historique face au voisin Turinois, il faudra encore s’attendre à tout avec Giampiero. La stabilité, c’est surtout le cas du côté du Vérone. Les deux clubs de la ville qui visent toujours le maintien, ont parfaitement validé leurs objectifs lors du précédent printemps : 13e pour l’Hellas, 14e pour le Chievo. Résultat des courses, Mandorlini, au club depuis 2010 donc le plus « ancien » de Serie A, signe pour 2017 et Maran jusqu’en 2018 (+ deux année en option), tout de même.

Les anciens de Serie B que sont Di Francesco et Iachini ont également reçu des signes de confiance significatifs de la part de leurs directions. Contrats courant jusqu’en 2017 pour les coachs de Sassuolo et de Palerme, on compte encore sur ces deux formations qui, malgré de l’irrégularité, ont proposé du jeu et ont révélé des joueurs d’avenir pour le Calcio. Enfin, on reverra bel et bien Reja avec l’Atalanta Bergame l’année prochaine. Appelé en mars pour sauver le club de la Serie B, le vieux briscard a rempli sa mission validant l’année supplémentaire comprise alors dans son contrat.

Changement de tête

Et puis, il y aussi ceux qui ont décidé de changer, d’entraîneur, de projet. Celui qui aura été sans doute le plus sous les lumières s’appelle Sinisa Mihajlovic : de la Sampdoria au Milan. Signature de deux saisons et le club Lombard repart avec un nouveau visage et de nouveaux joueurs fraîchement arrivés grâce au nouvel investisseur que représente Bee Taechaubol. Sinisa, l’ex-Nerazzurro assume pleinement son passé, le Serbe annonce son futur 4-3-1-2 tel qu’il a déjà pu le faire lors de la saison dernière à Gênes. Milan prend un nouveau souffle, la Champions League devrait et devra être un objectif prioritaire désormais.

A sa place sur le banc de la Samp, c’est un ancien gardien de la Nazionale qui a pris place, Walter Zenga le cinquantenaire. Lui qui a enchaîné bon nombre de clubs à travers sept championnat était perdu de vue depuis 2010 et son départ pour le Moyen-Orient (Arabie Saoudite puis EAU). La Sampdoria, Zenga connaît : il y a évolué durant deux saisons jusqu’en 1996. Epoque costume-cravate désormais où le grand gaillard est officialisé début juin et affirme avoir eu d’autres offres importantes provenant de clubs Européens mais que les conditions étaient idéales à la Samp. Pas le temps de chômer, les tours préliminaires d’Europa League arrivent à grands pas et l’après-Mihajlovic ne sera certainement pas aisé.

Pendant ce temps à Naples, le vide laissé par Benitez aura duré 15 jours. Le temps d’officialiser un certain Maurizio Sarri, le pari Italien de De Laurentiis. Enfin le grand saut pour l’ancien banquier qui a eu l’occasion de découvrir la Serie A il y a tout juste un an. Fin de cycle également pour un certain nombre de joueurs ayant fait leur temps au pied du Vésuve, le renouveau est total pour un club qui n’a terminé qu’à la cinquième place du championnat au soir de l’ultime journée. Comme Miha, Sarri n’aura pas l’éternité pour faire ses preuves, les tifosi n’excuseront pas un nouvel exercice raté, alors Maurizio a signé un bail d’un an seulement (avec une autre année en option, évidemment). Ce même Sarri sera probablement regretté du côté d’Empoli pour quelques temps encore… A moins que le petit nouveau n’obtienne les mêmes résultats. Un certain Marco Giampaolo qui entraînait quelques semaines auparavant du côté de Cremonese, en Lega Pro. Pas vraiment synonyme de spectacle, Giampaolo est surtout reconnu pour rester très peu de temps dans les clubs où il a eu l’occasion d’entraîner (deux ans à Ascoli pour le maximum). Maccarone, l’attaquant expérimenté de l’Empoli, se montrera plus enthousiaste suite à l’arrivée du coach qu’il a déjà connu à Sienne, convaincu qu’il fera du bon travail avec les jeunes. Et des jeunes joueurs, il en faudra pour remplacer les Sepe, Rugani, Verdi et Valdifiori, en attendant Hysaj, Mario Rui, Tonelli ou Saponara. Au boulot.

Non loin de là, à une trentaine de kilomètres, le changement est plus que jamais d’actualité du côté de Florence. La page Vincenzo Montella s’est tournée péniblement, plusieurs communiqués de presse auront été nécessaires pour une fin en queue de poisson, entre incompréhension et manque de communication entre les deux partis. L’élégant Vincenzo s’en va et c’est un Paulo Sousa, non moins stylé, qui démarre un nouveau chapitre à la Fiorentina (contrat de deux ans – option pour une troisième année). Première expérience pour le Portugais en Serie A en tant qu’entraîneur évidemment.

En tant que joueur, il a déjà connu la Juventus, l’Inter puis Parme dans la fin des années 90. Sousa aura la tâche de poursuivre le travail de qualité de son prédécesseur, l’étape restante est quand même de remporter des titres. Ça sera sans Salah et avec un groupe à rajeunir, encore pas mal de travail en perspective. Enfin, remontons au nord-est pour assister au sixième changement de personnel de cet été 2015. Adieu Stramaccioni, bienvenue Colantuono, voilà la rengaine à Udine lors de la première semaine de juin. Après Guidolin, le constat était assez clair pour Strama, un échec. Sombre 16e place acquise en fin de saison dernière, le président Pozzo a décidé de miser sur l’expérience de Colantuono. Lui qui sortait d’une saison plus que délicate avec Bergame avait même vu son contrat se rompre en mars dernier suite aux mauvais résultats de l’Atalanta. Désormais, Colantuono s’est dit curieux de ce nouveau challenge, que les matchs à domicile allaient être la base du prochain exercice, ils se feront dans un Stadio Friuli flambant neuf si tout est prêt pour la rentrée. Le technicien pourra également compter sur les services de Di Natale, reparti pour une (dernière ?) saison, Toto devrait encore être si précieux durant ces prochains mois, lui qui reste le leader incontesté et incontestable du vestiaire de son Udinese.

Et les petits "nouveaux"

Pour finir, zoom sur les trois techniciens qui rejoignent l’élite suite à leurs bonnes saisons en Serie B, honneur au champion Carpi et à son entraîneur : Fabrizio Castori. 61 ans et une bonne expérience derrière lui des divisions Italiennes. Par contre, son dépucelage en Serie A est prévu en août prochain tout comme le club qui l’entraîne depuis maintenant un an, grandes premières. Après 10 saisons en Serie B (pas toujours heureuses), Castori a donc pu entamer la onzième du côté de Carpi le 30 juin 2014. Et le miracle qu’on connaît tous désormais aujourd’hui s’est réalisé. Champion de Serie B à quatre journées de la fin et montée historique. Collectif résistant à toute épreuve, tout sourit au petit club d’Émilie-Romagne qui prolonge Castori d’une saison supplémentaire très logiquement. Si Carpi a tout franchit jusqu’à maintenant, il s’agit bel et bien d’une opération maintien qui commencera dans les semaines à venir, ce qui serait un exploit obligatoirement. Castori tient sans doute là le plus gros challenge de sa carrière, comme il l’a lui-même dit à la reprise : Il faudra le même esprit que lors de la saison précédente, avoir le même esprit, il faudra aussi des joueurs avec un minimum d’expérience qui viendront s’ajouter à notre effectif. C’est chose faite avec Marrone, Benussi et Wilczek.

Ensuite vient le tour de Frosinone, l’autre extra-terrestre microscopique qui débarque en Serie A avec les mêmes ambitions que Carpi. A sa tête, retrouvons Roberto Stellone, un trentenaire au profil atypique. L’homme fut attaquant il n’y a encore pas si longtemps avec des passages à Naples ou chez le Torino trimbalés entre la première et la seconde division. Stellone termine finalement sa carrière du côté de Frosinone en Serie B, il raccroche ses crampons en juin 2011. Dans le même temps, le club est descendu en Lega Pro. C’est alors qu’un an plus tard, en juin 2012 donc, Stellone prend les commandes de l’équipe première en tant qu’entraîneur, le début d’une belle aventure. Une septième place pour se mettre dans le bain la première année et Stellone passe la seconde, deuxième place et accession à la Serie B après des playoff face à Lecce. Et ça ne traîne pas en 2014, nouvelle ascension grâce à une autre seconde place synonyme de montée express vers la Serie A, pour la première fois dans l’histoire de Frosinone.

Ascension fulgurante pour Stellone qui croisera Luca Toni ou Di Natale prochainement qui sont du même âge que lui ! Le mercato sera important et il a déjà commencé avec des joueurs qui connaissent le championnat (Diakité ou Rosi) et des jeunes espoirs prêtés par les grands clubs (Verde ou Leali). Le défi est énorme, à voir si Stellone et son effectif sont capables de renverser à nouveau les montagnes ou si la marche est tout simplement trop haute.

Enfin, vient le troisième et dernier promu et à sa tête le plus connu des managers provenant de la B. Delio Rossi, 55 ans, 25 ans de métier en Italie et malgré cela, un palmarès plutôt triste. C’est sans doute grâce à son expérience tout-terrain que la direction Américaine de Bologne l’a choisi en toute fin de saison dernière pour conclure l'exercice et saisir le bon wagon pour la Serie A. En effet, à l’approche de l’épilogue, rien n’était encore fait pour le club qui n’arrivait pas à se placer définitivement dans le trio de tête. Celle de Diego Lopez a donc été coupée début mai, Delio Rossi a relevé le défi avec la troisième place et une victoire finale en playoff face à Pescara. Mission accomplie, nouvelle année débloquée dans son contrat, c’est bien lui qui sera à la tête du BFC aux dents longues, après seulement un an de purgatoire. Les investisseurs sont présents, le projet d’un nouveau stade existe bel et bien, si le maintien reste forcément l’objectif prioritaire en 2016, Bologne voit plus loin encore. A l’ancien milieu de terrain des années 90 ne pas décevoir.

Crédits : Zimbio