Gaitàn, dans la peau de Pablo Aimar

Un Sud-Américain à la benfiquista, Osvaldo Fabiàn Nicolàs Gaitàn, ou plus simplement Nico Gaitàn ne cesse d’affoler les défenses depuis son arrivée à Benfica en 2010, ses dribbles déroutants ainsi que ses passes parfaitement placées sont provocateurs de maux de têtes aux entraîneurs qui l’affrontent depuis désormais presque trois ans. Même Riquelme est sous le charme, « C’est un phénomène », dit-il. Après une période de disette, l’international argentin renaît peu à peu de ses cendres. Aujourd’hui une question persiste, arrivé au Portugal pour remplacer Di Maria dans le schéma tactique sur une aile, ne serait-il pas finalement le successeur de Pablo Aimar dans l’axe ?

Gaitàn, dans la peau de Pablo Aimar
Nico Gaitàn, incertain pour la finale de l'Europe League contre Chelsea

Il a failli faire craquer Sir Alex Ferguson durant l’été 2012, rares sont les personnes à douter du talent de Nico Gaitàn. « Très convoité » d’après son agent, à 25 ans, il attire toujours le riche Anzhi Makhatchkala de Samuel Eto’o, le Bayer Leverkusen qui pourrait nécessiter d’un gaucher explosif en cas de départ de Schürrle et l’Internazionale Milan en reconstruction. Sans oublier le Napoli, le Milan AC, Manchester United, Manchester City et Liverpool, autres noms de clubs cités dans la presse en relation au milieu de terrain. Le mercato n’étant nullement entamé, les pensées de Gaitàn restent fixées sur sa fin de saison à l’Estadio da Luz, actuellement sa ligne de mire se dirige vers Amsterdam où son club ira faire face à Chelsea en finale de la compétition européenne qu’il n’est pas sur de jouer en raison d’une sortie sur blessure à Porto.

L’inconstance réincarnée

Si lors de la saison 2011/2012, Gaitàn avait époustouflé quelques titans européens, le transfert de Shinji Kagawa à Manchester United a coïncidée avec l’abandon des Red Devils dans le dossier de l’Argentin, restreint de continuer à Benfica, Gaitàn a semblé avoir eu du mal à digérer son non-départ alors que plusieurs offres sont parvenues sur le bureau de Luis Filipe Vieira. Snobé par Jorge Jesus, il a du attendre la 5ème journée de championnat pour porter la tunique rouge pour la première fois de la saison, lors d’une victoire à l’extérieur face à Paços Ferreira. Peu en jambes et barré par Salvio, Bruno César, Ola John et Nolito, le natif de San Martin perd sa place au sein de l’effectif et de la valeur. Gaitàn retombe dans l’anonymat au point de ne plus inscrire sa présence sur les feuilles de matchs en Liga Sagres, son entraîneur lui préférant d’autres joueurs de son effectif. C’est à partir de la mi-saison que le numéro 20 décide de se reprendre en main, il regagne sa place et commence à apparaître régulièrement sur les pelouses. Les chances données par Jorge Jesus sont saisies, Nicolàs repart sur les mêmes bases que la saison passée, donnant l’impression de décider de ses bons moments et de ses bons matchs. Une irrégularité remarquée, d’autant plus que les performances de Gaitàn ont tendance à changer en fonction de l’adversaire et de la compétition. Car le produit de formation de Boca Juniors paraît élever son niveau dans les parties à haute visibilité comme en Ligue des Champions ou face aux favoris en championnat. Désormais titulaire dans l’équipe type, il dépasse la barre des 10 passes décisives toutes compétitions confondues, faisant de lui le meilleur benfiquista dans cet exercice, et marque toujours sa trace sur quelques exploits individuels, en témoigne son slalom contre le Sporting amenant au break de Lima. Après tout, si ses prestations impressionnent plus durant les grands matchs, un autre facteur lui permet à de nombreuses reprises d’améliorer ses prestations : sa position sur le terrain.

Après Rui Costa et Aimar, Gaitàn ?

En cette année 2013 Jorge Jesus a fait découvrir un nouveau Nicolàs Gaitàn aux spectateurs, le meneur de jeu. Et à chaque fois qu’il apparaît, la satisfaction se répète. Eblouissant de technique, ses passes mesurées demeurent plus visibles lorsque les clefs du jeu sont offertes à l’Argentin. Son entente avec Oscar Cardozo, caractérisable de télépathique en phase offensive, est un atout de poids en faveur d’un entraîneur habitué à profiter de sa profondeur de banc pour varier les systèmes. Parfois en difficultés lorsqu’il s’agit de déborder un défenseur sur son couloir gauche, le dynamiteur de l’Albiceleste fait l’unanimité sur le poste qui lui correspond le mieux.

Le problème est au niveau de la concurrence. Benfica est maître d’un arsenal offensif doté d’une grande qualité, possédant dans ses rangs des joueurs de talent tels que Lima, Cardozo ou Rodrigo dans la colonne « attaquants », le 4-4-2 sans 10 à l’ancienne est donc une option appréciée de Jorge Jesus. Forçant Gaitàn à se placer latéralement, ce 4-4-2 permet l’utilisation de tous les avant-centres utilisés cette saison de l’armada du SLB, deux titulaires et un remplaçant tout frais au moment de faire ses premiers pas sur la pelouse.

La seule chance de se faire une place derrière le goleador reste le 4-2-3-1, dont le technicien portugais fait usage à de nombreuses reprises, partagé avec le 4-4-2. Parfois dirigé par Gaitàn, il arrive aussi à son compatriote Aimar prendre les commandes de ce 4-2-3-1. D’autant plus que les renforts estivaux ne viendront pas en aide du meilleur passeur de la saison en cours s’il marque toujours présence chez les Aigles, un meneur de jeu, Djuricic, et un buteur, Suljemani, ont déjà signé leur contrat et évolueront sous la tunique du SL Benfica au cours de la saison 2013/2014. Les exigences s’élèvent du côté des canonniers de l’attaque.

Partie départs Aimar devrait très vraisemblablement se retirer vers son continent natal où des clubs argentins comme brésiliens le courtisent. Son contrat atteignant son terme, il pourrait faire ses valises dés le mois de juillet. Peut-être une façon de préparer un nid à Nico Gaitàn.