Récit : VAVEL était à l'écran géant de Paris

VAVEL avait rendez-vous avec l'Histoire à l'Hôtel de Ville de Paris. On est venu, l'Histoire, elle se fera attendre. Reportage.

Récit : VAVEL était à l'écran géant de Paris
Récit : VAVEL était à l'écran géant de Paris

Il est 14h00, nous avons vu les choses en grand, nous partons pour la place de l'Hôtel de Ville. Arrivés sur l'Île de la Cité, nous croisons déjà quelques drapeaux tricolores se baladant gaiement au dessus de la Seine. Il fait beau, la vie est belle.

"L'écran géant ? Suivez les cars de CRS."

A un policier se baladant non moins joyeusement sur le pont Notre-Dame, nous demandons notre chemin. "Suivez les cars de CRS" nous répond-il, devant notre amusement, nous levons les yeux. Bienvenue dans un pays en guerre civile. Habitués aux affres des stades chauffés à blanc, le dispositif de sécurité mis en place par la Mairie est très impressionant. C'est donc sans souci que nous suivons les gardiens de la paix pour trouver cette fameuse place. Arrivés avec deux bonnes heures d'avance, nous sommes loin d'être les premiers. Nous nous asseyons naïvement, aux côtés d'un groupe d'Anglais, visiblement assez loin de ces affres footballistiques. Un jeune enfant de quatre ans maximum les accompagne. L'ambiance est bon enfant. Le temps passe et le soleil tape fort, la place se remplit au compte-goutte, vu les contrôles de sécurité mis en place pour accéder à la place, les mêmes qu'à l'entrée d'un stade. 

Nous sommes debout depuis longtemps, par la force des choses, des premiers chants de supporters,passant de la Marseillaise au désormais fameux "Qui ne saute pas n'est pas Français". L'écran tarde à s'allumer et les premières envolées lyriques à l'égard du technicien se font entendre. Quelques caméras s'aventurent dans cette foule compacte mais la plupart préfèrent rester aux fenêtres de l'Hôtel de Ville, plus sûr.

A l'arrivée, avant la foule

"Baisse ton parapluie, e***** ! " 

Plus sûr car cette masse peut se révéler inquiétante. Pourtant pas novices des foules enflammées, celle-ci se révèle être parfois un peu sur les nerfs. Quand quelques drapeaux ou pire, para(pluie)soleil se pointaient, ils étaient aussitôt amenés à se retrouver à l'ombre suite aux belles poésies proférées par les supporters. Chaque image de joueur allemand était accompagné d'une volée de sifflets et de doigts venant défier tout principe d'autorité. C'est de bonne guerre.(?) L'hymne nationale fut respectée,il faut le souligner. Ceinturé autour d'une foule compacte, gentiment enfumés par les fumigènes, mon voisinde derrière se trouve mal dès la mi-temps sifflée. Je dois malheureusement craindre qu'il n'était pas le seul cet après-midi. L'ambiance, malgré tout, se révélait sympatique et bien que le but encaissé ait rapidement refroidi les ardeurs, de nombreux chants se sont élevés peu après à la gloire de cette équipe. Preuve que le soutien reste un minimum solide. 

Cette belle girafe était notre voisine

​Sitôt la défaite entérienée, un petit groupe de supportrices allemandes, qui, visiblement, maitrisait mal la langue de Molière était pris à partie par quelques supporters Bleus, venu leur enseigner tout le mal qu'il pensait de leur équipe nationale. La sortie était difficile et, une fois sorti de cette place, tout le quartier était bouclé par la police et un nombre incroyable de services urgentistes sur une place jonchée de projectiles en tout genre, pouvant laisser penser que le match ne s'est pas bien passé pour tout le monde..

Bienvenue en pleine guerre civile

De retour dans le métro, puant, fatigués, le ventre vide, éliminé, cette journée était décidément agréable. On a vu une belle équipe de France, éliminée avec les honneurs. Les espoirs pour 2016 sont intacts. La place de l'Hôtel de Ville, beaucoup moins.