D'importantes mobilisisations en soutien à Charlie Hebdo

De nombreux rassemblements ont eu lieu ce soir à travers l'hexagone pour affirmer la soutien à la rédaction du journal satirique victime d'un attentat qui a fait douze morts, parmi lesquels quatre dessinateurs, en fin de matinée.

D'importantes mobilisisations en soutien à Charlie Hebdo
D'importantes mobilisisation en soutien à Charlie Hebdo

Les étudiants en Journalisme de l’IUT de Lannion se sont mobilisés. Voici quelques témoignages :

Gwenvaël, porte-parole du rassemblement :

Etre rassemblé nombreux ce soir ça fait vraiment du bien pour tous ceux qui soutiennent une presse libre et indépendante. De voir autant de rassemblements, spontanés au niveau national, venus soutenir Charlie Hebdo, les victimes leurs familles, leurs proches, et surtout se battre pour les valeurs démocratiques qui ont été complètement bafouées ce matin.

Ca été vraiment un choque d’apprendre cette nouvelle ce midi, on était complètement abasourdi. Un choc déjà parce ça fait un grand vide pour nous, parce que quatre dessinateurs auxquels ont était habitués nous ont quitté. Ce fut également un choc car c’est la liberté d’expression, la liberté de la presse qui a été menacé et attaqué aujourd’hui, et c’est pour cela qu’on s’est rassemblé ici (à Lannion) ce soir, comme partout en France.

En tant qu’étudiant en journalisme, je pense qu’on à tous envie de dire à la profession et à tous les publics qu’on va essayer de faire de notre mieux plus tard, dès qu’on sera journaliste, pour défendre du mieux qu’on peut la liberté d’expression et la liberté de la presse et la démocratie.

Une minute de silence a été respectée.

J’en appelle à continuer le combat contre tout fanatisme et contre la liberté d’expression, ne pas non plus tomber dans les généralités car l’amalgame peut être très vite fait, notamment avec les réseaux sociaux, ou on a vu beaucoup de commentaires de soutien certes, mais aussi beaucoup qui ont tournés à la xénophobie et à la haine raciale. Donc désormais, notre âme c’est notre conscience, et il faut se battre pour.

Yonathan :

C’est important de répondre à ces attentats par ces rassemblements comme on le fait spontanément ce soir. Il est important de montrer que ce symbole qu’est la liberté de la presse est important, et que c’est quelque chose qu’il faut protéger. Même si dans un certain sens c’est un idéal, i y aura toujours des journalistes (comme ceux de Charlie Hebdo) qui seront peut être mis à risques et tués parfois, mais toujours il faudra que la population soit là pour engager sa parole, pour se dire « oui, il y a des difficultés, j’écris un article en étant pour les libertés générales, pour un bien commun, totalement utopique », mais c’est important de la défendre quand même. »

Estelle :

« Cet acte de barbarie ne me donne qu’une envie : celle de devenir journaliste. Oui on risque notre peau dans des événements dangereux tels que des conflits. Mais non, on ne devrait pas être en train de risquer notre peau en étant assis dans des salles de réunion à se demander ce qu’on va faire la semaine suivante. Parce que nous sommes Charlie, nous aussi, futurs journalistes.

Quand j’ai décidé une telle orientation, rien ne présageait une telle envie en cette journée du mercredi 7 janvier 2015. Mais on ne devient pas journaliste par envie, on le devient par passion. C’est ce message que je veux faire passer ce soir. Quel que soit le journalisme que l’on choisit, satirique, de sport, politique, tout ce que nous voulons faire, c’est tenir le reste de la population informée de ce qui se passe dans le monde, dans notre monde.

Mais ce monde est devenue d’une intense barbarie, alors battons-nous pour dénoncer ces personnes et pour informer le public. »

Monsieur le Maire de Lannion, Paul Le Bihan, a également pris la parole :

« La démocratie, c’est la libre expression dans toutes les composantes de la société qu’elles qu’elles soient, c’est la liberté pour chacun de dire ce qu’il a envie, de décider, de montrer ce qu’il a envie. C’est ça la démocratie, et c’est pour ça qu’il faut se battre. Donc encore une fois défendons cette démocratie et ayons une pensée pour les policiers, pour les victimes et pour leurs familles.

Didier Gagnat et Jacques Mercier, venus dans le public, ont eux aussi tenus à témoigner au micro de Vavel France :

« On reste sans voix. Sans prendre à des journalistes, dans une démocratie, c’est terrible. On ne peut pas faire ça, et on ne peut pas laisser passer ça. C’est difficile de s’exprimer. Je n’étais pas un fan de Charlie Hebdo, mais quand j’ai vu la nouvelle, je me suis dit « Il faut réagir ». C’est pour ça que je suis là ce soir.

Parce que la liberté de la presse c’est fondamental dans une démocratie, donc faut la défendre absolument. C’est bien que les étudiants soient venus dire qu’ils voulaient continuer à faire du journalisme. Il ne faut pas avoir peur. On ne peut pas accepter que des journalistes soient assassinés parce qu’ils écrivent ou parce qu’ils dessinent. Si on n’est pas d’accord, on fait la même chose. On écrit et on dessine. C’est terrible c’est ce qui s’est passé ce soir.

Il faut empêcher ça, tout en restant dans une démocratie. Je ne pensais pas que ça pourrait arriver en Europe. Mais ça ne devrait arriver dans aucun pays en fait.