Moto 3 : Quand on veut, on peut

En Moto 3, coup de théâtre et changement de leader, les pilotes ne sont à l’abri de rien. Pas même d’une sanction ou encore d’un retour en flèche du dernier sur la grille de départ. Le suspense s’est invité pour bien débuter ce jour de course.

Moto 3 : Quand on veut, on peut
Moto 3 : Quand on veut, on peut

Navarro et Binder se battent en tête du classement général, et sont en première ligne, le rookie Niccolo Bulega a pris la pole, histoire de mettre un peu de piment dans ce début de saison assez plat, mais entretemps, Binder a été sanctionné pour infraction durant les qualifications et partira de la dernière ligne. Il a en effet été pénalisé pour avoir utilisé un logiciel non-homologué pour son électronique.

Bagnaia part donc en première ligne à la place de Binder. L’Italien fait le holeshot et dès le premier tour, l’action se centre vers la moitié de peloton : Quartararo s’accroche avec un autre concurrent, il repart mais la moto étant trop abimée, il préfère mettre fin à sa course. Comme prévu, Navarro prend les commandes devant Bagnaia et Bulega, il veut impérativement prendre la tête du championnat tant que Binder est hors-jeu du moins c’est ce qu’il pensait. Un tour plus tard, Binder est remonté quatorzième, pendant ce temps Bulega prend la première place pour un court moment, c’est déjà remarquable.

Derrière le trio de tête, Fenati est quatrième mais cette manche semble perdue d’avance, donc le vainqueur se trouve surement dans ceux qui ont déjà pris les devants. Navarro a repris la tête, il sait qu’il y a un énorme coup à jouer au général, Binder étant largement derrière. Mais Bulega ne se laisse pas faire comme ça ! Binder est onzième alors qu’il reste dix-huit tours, après une si belle remontée il peut encore faire mieux. Et oui, il le fait, un tour seulement après il est huitième. Le trio de tête est à six secondes du reste du groupe qui a comme meneur : Brad Binder !

C’est un exploit, on connaissait déjà le scénario avec Marc Marquez qui en était un adepte mais là personne n’aurait pu miser la dessus. Bref, pour le Sud-Africain il faut encore reprendre les fameuses six secondes, tout ça en évitant que ses poursuivants ne s’accrochent à sa roue arrière pour prendre l’aspiration.

Bagnaia et Navarro ont pris un peu d’avance sur Bulega. Binder a repris deux secondes et voit déjà Bulega en ligne de mire. Antonelli chute, la course a mal commencé et finit également sur une mauvaise note. Plus que dix tours, Binder est dans les roues de Bulega, il le passe, et est virtuellement sur le podium !

Il n’y va pas de main morte, Binder est en tête ! Tour après tour, il prend de l’avance, on revoit tout ce qu’on a dit, il n’a donc pas perdu le leadership, ni trop de points bien au contraire. Cela fait trente-six ans qu’un Sud-Africain n’avait pas gagné, un grand moment.

Dernier tour, Binder a deux secondes d’avance sur Navarro. Il gagne, c'est sa première victoire, et Bulega fait son premier podium suivi de Bagnaia, le grand perdant du jour est Navarro qui n’a pas démérité.

Enfin, une course qui vaut la peine et qui tient le spectateur en haleine jusqu’à la dernière seconde. Les prétendants au titre risquent de nous étonner, Bulega le petit jeune à peine arrivé semble bien être décidé à semer la pagaille dans le classement général.