Bilan Top 14 : Première partie
Source - AFP

Bilan Top 14 : Première partie

La saison 2016-2017 de Top 14 s’est achevée il y a un peu plus d’un mois avec la victoire de l’ASM sur le RC Toulon (22-16). Les Clermontois remportent ainsi leur premier Brennus depuis 2010 et deviennent pour la deuxième fois de leur histoire champions de France. Après de nombreuses finales perdues au cours du XXe siècle ainsi qu’au début du XXIe siècle, les Clermontois semblent avoir vaincu le signe indien. En effet, depuis 2010 ils ont donc remporté deux des trois finales qu’ils ont disputé, laissant seulement le titre de Champion au Stade français en 2015. Quels enseignements peut-on tirer de cette saison riche en surprises ? Qu’attendre pour l’année prochaine ? Quels joueurs français ou étrangers ont changé de dimension cette saison ?

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Simon Renoud

L’équipe de l’année

   L’ASM a imposé sa loi cette année en France et en Europe et n’a seulement cédé en phases finales que face aux coups de butoir des très pragmatiques et efficaces anglais des Saracens, 17-28 le 13 mai dernier au stade de Murrayfield.

   Mais le tube de l’année c’est bien le stade Rochelais. Un mélange de joueurs rompus aux joutes de la Pro D2 (Aguillon, Rattez…), de joueurs revanchards en manque de temps de jeu (Boughamni, Retière, Maurouard…), de néo-internationaux (Gourdon et Atonio) et de tauliers (James, Vito…). On pouvait penser que les Charentais fonctionnaient déjà en surrégime dès les premières victoires à l’extérieur et que cet état de grâce allait s’estomper avec le temps mais il n’en fut rien. Nombreuses sont les équipes qui ont du s’incliner devant leur public face aux Rochelais : Grenoble, Castres, Bayonne, Toulon, Toulouse, Racing et Pau. Ces performances effectuées loin de Marcel Deflandre combinées à une invincibilité à domicile ont logiquement fait de la Rochelle la meilleure équipe de la saison régulière.

   Le manque d’expérience des matchs couperets leur sera malheureusement fatal. Au Vélodrome de Marseille, les Maritimes s’inclineront un peu à cause du sort, avec le carton rouge adressé à Pierre Aguillon pour plaquage dangereux. Mais la performance de Toulon, faite de puissance et de percussion fut de qualité. Les joueurs de Richard Cockerill et de Matt Giteau auront réussi à faire déjouer la Rochelle à défaut d’avoir permis d’assister à un match agréable à regarder. C’est ainsi sur un drop du minot Belleau, au placard une grande partie de la saison, que l’aventure des Rochelais ne s’achève. Mais l’année était belle et nul ne doute que le duo Collazo-Garbajosa saura remobiliser les troupes pour la saison prochaine.

Le joueur de l’année

    Victor Vito a réalisé une saison régulière exceptionnelle. Sa vista, sa puissance, ses offloads sortis de nulle part, ses aptitudes de sauteur en touches (60 touches obtenues) et sa qualité de finition (5 essais marqués) en font indiscutablement le joueur de la saison. La Rochelle s’est beaucoup appuyé sur son expérience de double champion du monde avec les All Blacks. Equipe dans laquelle, barré par Kieran Read, il n’a jamais été titulaire indiscutable.

   C’est donc à la recherche d’un nouveau challenge et plein d’ambition que le numéro 8 pose ses valises à la Rochelle l’été dernier. Mais si ce dernier a marché sur l’eau depuis août dernier, sa performance en demi-finale vient atténuer l’ensemble de sa saison. Il n’a jamais paru avoir de l’influence sur cette partie ni d’être en mesure de pouvoir inverser le cours du match à quatorze contre quinze. Sa saison restera cependant de très très bonne facture et il sera encore plus attendu pour faire avancer l’équipe rochelaise l’année prochaine.

    Mention spéciale à Morgan Parra, meilleur joueur de la finale. 

L’Equipe-type des étrangers

15 - Murimurivalu : 23 matchs – 23 points (4 essais, 1 drop) – La Rochelle

                Relanceur hors pair, a souvent mis la Rochelle dans l’avancée et déclenché les actions. Un catalyseur.

14 – Nadolo : 18 matchs – 45 points (9 essais) - Montpellier

                Un ailier à l’image de son équipe, avec de la technique. Arrivé des Crusaders à l’intersaison. Un mastodonte.

13 – Tomane : 19 matchs – 40 points (8 essais) - Montpellier

                Une nouvelle preuve que le MHR ne compte pas que sur ses avants. Arrivé des Brumbies à l’intersaison. Une confirmation pour le sosie de Camille Gérondeau.

12 – Waisea : 20 matchs – 70 points (14 essais) – Stade français

                Le meilleur marqueur d’essais du TOP14 saison 2016-2017. N’a cessé de s’améliorer depuis son arrivée au Stade français. El Matador.

11 – Tuisova : 13 matchs – 20 points (4 essais) – Toulon

                Fidèle à lui-même, il n’a cessé de poser des culs et d’engendrer des protocoles commotions. Mais attention, Votu le Palois aurait pu lui prendre sa place. Le Punching Fidjian.

10 – James : 22 matchs – 214 points (69 pénalités, 1 essai, 1 drop) – La Rochelle

                L’ex-Clermontois est en grande partie responsable de la saison de la Rochelle. Son expérience fut bénéfique au reste de l’équipe et il n’a pas calé en demi de TOP14 comme en demi de Challenge, face à Gloucester. Urdapilletta, auteur d’une bonne saison avec Castres serait un joker de luxe. Très safe le Brock James.

9 – Januarie : 22 matchs – 10 points (2 essais) – La Rochelle

                La concurrence de la part des autres demis de mêlée étrangers n’étant pas très rude, le Sud-Africain a néanmoins le mérite d’avoir formé une belle association avec Brock James. Overweight Ricky.

8 – Fearns : 20 matchs – 40 points (8 essais) - Lyon

                L’Anglais fut sans conteste le meilleur joueur de Lyon, en plus d’être le meilleur avant en termes d’essais marqués. Une satisfaction que le LOU ait réussi à le garder. Monsieur Propre.

7 – Vito : 22 matchs – 25 points (5 essais) – La Rochelle

                Son cas fut déjà traité (voir Joueur de la saison). Le Special One.

6 – Gill : 25 matchs – 35 points (7 essais) – Toulon

                Arrivé des Reds cet été. Le flanker aura été un maillon essentiel dans la mise en route du moteur diesel que fut le RCT cette année. La surprise de la saison.

5 – Nakarawa : 22 matchs – 35 points (7 essais) – Racing 92

                On s’attendait à ce que l’ex joueur des Warriors confirme. On a été servi. Sa technique individuelle a fait des ravages. Gogo-gadgéto bras articulé.

4 – Willemse : 15 matchs – 20 points (4 essais) - Montpellier

                Un des trois représentants du pack Montpelliérain. Fidèle à son registre, puissance et explosivité. Pourrait être sélectionnable avec le XV de France. Paul le golgoth.

3 – Zirakashvili : 19 matchs - 10 points (2 essais) - Clermont

                Le pilier Clermontois fut un rouage essentiel du pack auvergnat. Sa tenue en mélée et sa rudesse dans les rucks a grandement aidé son équipe. Fear the beard.

2 – B. Du Plessis : 13 matchs – 25 points (5 essais) - Montpellier

                Le Sud-Africain a confirmé pour sa deuxième saison au sein du MHR. Propre en conquête et leader exemplaire. A enfilé le casque à pointe.

1 – Nariashvili : 20 matchs – 0 points - Montpellier

                Les piliers géorgiens ont martyrisé leurs homologues en mêlée fermée. Même si la présence d’Asieshvili le briviste dans cette équipe n’aurait pas été immérité, le Montpellierain a bénéficié de la grande supériorité de la mélée du MHR cette saison. Supériorité à laquelle il n’est pas étranger. Du type caucasien.

 

 

    Dans la seconde partie, l'équipe type des français, l'équipe type globale, l'équipe type des espoirs pour la saison prochaine ainsi que de des enjeux du Top 14 2017-2018.

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