Autopsie du XV de France à l'aube du Six Nations
Le XV de France à Marcoussis

Autopsie du XV de France à l'aube du Six Nations

Le tournoi est de retour, et comme chaque année, les fans de rugby attendent avec toujours plus d’impatience la saveur de ces affrontements avec nos voisins, celtes comme latins. Depuis 2010 et le dernier grand chelem du XV de France, le trophée est monopolisé par ces équipes îliennes quiprésentent une rigueur et une grande qualité de jeu qui a fini par avoir raison des ambitions de victoires françaises.

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Simon Renoud

Les joueurs français sont exposés à un championnat hyper violent, le Top 14, dont les enjeux financiers toujours plus importants se sont fait au détriment de la qualité de jeu. Dans cette course à la compétitivité, l’afflux de stars étrangères a longtemps affaibli le réservoir de joueurs sélectionnables. Pas plus tard que le weekend dernier, Montpellier a défié Clermont avec une ligne de trois-quarts sans un seul français. A raison car le club héraultais a remporté ce match et garde la tête du classement.

La compositon de Montpellier

Alors le bilan est-il si sombre ? La LNR, qui encadre le Top14 affirme vouloir aider la fédération (FFR) à améliorer la compétitivité de l’équipe nationale. Un salary cap, censé encadrer les salaires des joueurs de chaque club est plus ou moins contourné, et n’a pas fait ralentir la « course à l’armement » des clubs. Néanmoins, le durcissement du quota JIFF (joueur issus des filières de formation française) incite les clubs à s’appuyer sur leur centre de formation. En cas de non-respect de ce quota, qui va augmenter d’année en année, les clubs se verront retirer des points au classement. Ce système n’est pas parfait mais ses fruits commencent à apparaître, le Racing autrefois équipe cosmopolite a été le principal fournisseur de joueurs pour la dernière liste du XV de France. Il suffit de voir les équipes alignées par la Rochelle il y a trois semaines en Ulster (10 joueurs sélectionnables), qui a enthousiasmé l’Europe entière pour sa première participation à la Champions League du rugby, ou  Toulouse (12 joueurs sélectionnables) ainsi que Bordeaux (12 joueurs sélectionnables également), respectivement le weekend dernier et il y a quatre semaines pour voir qu’un changement des mentalités est en marche.

La composition de Toulouse

La composition de Bordeaux

Ce phénomène a eu pour effet un rajeunissement de l’effectif du XV de France sur les deux dernières listes (13 joueurs, jeunes pour la plupart, avec moins de 5 sélections). Si certains jeunes été attendus et ont répondu comme Macalou ou Lambey( cf : https://www.vavel.com/fr/rugby/top-14/810460-bilan-top-14-troisime-partie.html ) , pris en équipe de France, d’autres font le bonheur de leur club en attendant mieux (Couilloud, Ruffenach, Tanguy, Woki, Dupichot, Reilhac, Ramos etc…). Cependant, au milieu de surprises : Priso ou Gomes Sa, un garçon comme Matthieu Jalibert n’était pas attendu à un si haut niveau en si peu de temps. Cependant, la maturité et le contrôle dont il a fait preuve ainsi que sa force de caractère est un atout pour ce XV de France en manque de repères. Et en équipe de France comme en Top 14. Les jeunes français sont de nouveau sur le devant de la scène. Si ce n’est malgré tout pas suffisant pour jouer la victoire du Tournoi dès cette année, cette transition démographique au sein du groupe France laisse augurer des jours meilleurs.

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