De nouveaux visages en Bleu, pour un nouveau départ ?

Alors que les traditionnelles rencontres amicales de novembre approchent à grands pas, Philippe Saint-André, le très décrié sélectionneur du XV de France, a décidé de convoquer de nouveaux joueurs, afin de redorer le blason de sa formation, qui enchaîne les piètres résultats depuis son arrivée, malgré son statut de vice-championne du monde. Entre joueurs déjà convoqués, mais n'étant jamais entré en jeu, nouvelles têtes sans expérience internationale, et joueurs naturalisés, que peuvent-ils apporter à la sélection, et quelles sont leurs chances de s'imposer ?

De nouveaux visages en Bleu, pour un nouveau départ ?
Rory Kockott, le gros coup de Saint-André

Nous débutons par la présentation des joueurs ayant déjà été convoqués, une ou plusieurs fois, mais dont le statut de doublure a empêché toute entrée sur le gazon. Ils comptent bien enfin honorer leur première sélection. 

Les "anciens".

On y retrouve Xavier Chiocci, solide pilier gauche de 24 ans (1 mètre 80, 120 kg), qui évolue au RC Toulon. La saison passée, il a profité du forfait d'Andrew Sheridan pour s'affirmer comme un remplaçant de choix, inscrivant 3 essais en 33 apparitions, et participant activement aux victoires de son club en Top 14, ainsi qu'en H Cup.                                                                                                                           

Ses chances de s'imposer en Bleu tournent autour de 75 %, étant donné qu'il incarne l'avenir d'un poste où Thomas Domingo a déçu lors de ses dernières sorties, au même titre que Vincent Debaty, qui peine à retrouver son meilleur niveau. Cependant, il devra faire face à la concurrence d'Alexandre Menini, son coéquipier en club, qui compte déjà deux sélections, mais qui est plus proche de la fin de sa carrière que de son début.

Virgile Bruni, qui évolue également à Toulon, espère lui aussi entrer sur le terrain pour la première fois avec les Bleus. Tout comme Xavier Chiocci, il a percé l'an passé, profitant de l'irrégularité de Juan Smith pour grappiller du temps de jeu, et convaincre ses dirigeants, ainsi que Philippe Saint-André. Sa vitesse, alliée à un physique de déménageur (2 mètres, 110 kg), lui permet d'ouvrir des brèches pour ses coéquipiers.                                                          

Ses chances de s'imposer en Bleu sont d'environ 25 %. Son manque d'expérience lui joue encore des tours, et il devra souffrir de la comparaison avec Thierry Dusautoir, qui fait son retour en sélection. Il devra aussi prendre son mal en patience, car Bernard Le Roux est bien installé. Néanmoins, il peut compter sur sa progression fulgurante pour déloger le premier, dont le niveau diminue d'année en année, la faute à de nombreux pépins physiques.

Charles Ollivon, déjà appelé pour le précédent stage de préparation des Bleus, il y a un mois de cela, fera tout pour se glisser parmi les titulaires. Pour cela, il devra simplement étoffer sa palette technique au côté de Damien Chouly, capitaine de l'ASM, qui est dans la forme de sa vie.                                              

Ses chances de s'imposer en Bleu sont de 75 %. Avec déjà deux essais en dix apparitions cette saison, et deux ou trois places à prendre à ce poste en équipe de France, le joueur de Bayonne n'a plus qu'à saisir sa chance, tout en continuant d'utiliser sa carrure (2 mètres, 115 kg) pour perforer les lignes adverses.

Nous poursuivons avec la présentation des joueurs étant convoqués pour la première fois, qui profitent d'une blessure à leur poste. C'est une occasion en or de prouver leur valeur, qu'ils ne comptent pas laisser passer.

Les "roues de secours".

Pierre Bernard, le jeune demi d'ouverture de Bordeaux-Bègles (25 ans), a l'occasion de faire parler son expérience, lui qui compte déjà six saisons de Top 14. Il fera tout pour pallier l'absence de François Trinh-Duc, qui est quand même une référence à ce poste (50 sélections, 70 points).                                    

Ses chances de s'imposer au sein du groupe ne vont pas au-delà de 25 %. Il est sous la menace de la guérison de celui qu'il a remplacé, ainsi que d'un retour en Bleu de joueurs tels que Morgan Parra (55 sélections, 325 points) ou Frédéric Michalak (70 sélections, 375 points). Il doit actuellement faire face à une concurrence redoutable, composée de Rémi Talès, champion de France en 2013, et de Camille Lopez, étincelant avec l'ASM depuis le début de saison.

Yacouba Camara, le jeune colosse du Stade Toulousain (1 mètre 95, 100 kg), intègre le groupe du XV de France en raison de la blessure de Rabah Slimani, le pilier du Stade Français. Bien que n'évoluant pas au même poste, Saint-André a été séduit par sa puissance, et a décidé de lui permettre de s'étalonner un peu en sélection.                                                                                                                                   

Ses chances de s'imposer en Bleu sont de 75 %. Tout comme Charles Ollivon, qui évolue au même poste que lui, c'est le moment de sortir quelques performances de choix, ce dont il est parfaitement capable, en vue de prendre l'une des "nombreuses" places à attribuer à ce poste.

Teddy Thomas, le nouvel ailier du Racing-Métro, ne pouvait qu'être appelé au vu de son début de saison tonitruant (4 essais en 8 matches). Il remplace Félix Le Bourhis, auteur de performances catastrophiques lors des dernières sorties du XV de France.                                                                                      

Ses chances de s'imposer en Bleu ne sont que de 25 %, car sa régularité est encore à prouver, et les prétendants à ce poste ne manquent pas. Rien que pour cette tournée, il devra s'affirmer aux dépens de Yoann Huget (30 sélections, 6 essais), de Maxime Médard (39 sélections, 11 essais), et de Benjamin Fall (6 sélections, 3 essais).

Alexandre Dumoulin, qui évolue également au Racing-Métro, est passé du statut de remplaçant à celui d'international, et ce grâce à des performances, qui n'ont laissé personne de marbre (3 essais en 10 matches). Il tentera de prendre la place de Rémi Lamerat, blessé avec les Bleus il y a un mois.      

Ses chances de s'imposer en Bleu sont de 25 %. Les joueurs de qualité, à ce poste, ne manquent pas, et la concurrence est rude : Mathieu Bastareaud (1 mètre 85, 110 kg), Wesley Fofana (27 sélections, 9 essais) et Maxime Mermoz (double champion d'Europe en titre) l'attendent de pied ferme.

Nous terminons avec ces joueurs, qui viennent d'obtenir la nationalité française, et ont été appelés pour la première fois avec les Bleus. L'occasion pour eux d'exister sur la scène internationale avec une sélection plus huppée que celle de leur pays d'origine, ou de souffrir d'une concurrence moins rude.

Les "étrangers".

Rory Kockott, le Sud-Africain d'origine, champion de France en 2013, au terme d'une saison dont il a été désigné meilleur joueur, est le gros coup de Philippe Saint-André, qui a profité de l'indifférence des Springboks à son égard pour l'attirer dans le groupe du XV de France.                                                

Ses chances de s'imposer sont de 50 %. Son irrégularité est parfois inquiétante, surtout à un tel niveau, mais, la plupart du temps, il est un joueur doté d'une lecture du jeu hors du commun, ce dont profitent ses coéquipiers à Castres. Il souffrira cependant de la comparaison avec Sébastien Tillous-Borde, double champion d'Europe et et champion de France en titre. Un retour de Maxime Machenaud (20 sélections, 45 points) n'est pas non plus à exclure.

Scott Spedding, également en provenance d'Afrique du Sud, il est, à l'instar de Charles Ollivon, l'un des rares joueurs de Bayonne à briller. Il compte en effet 4 essais en 10 matches, et, bien qu'il ne soit là que grâce au forfait de Brice Dulin, il pourrait être l'un des éléments les plus utilisés lors de cette tournée.  

Ses chances de s'imposer sont de 75 %. Son explosivité et sa vitesse sont ses principales qualités, et sa polyvalence est précieuse. Mais Brice Dulin est un joueur majeur du XV de France. Mais Maxime Médard, bien qu'en légère perte de vitesse ces dernières saisons, reste une valeur sûre (40 sélections, 60 points). Spedding devra donc veiller à ne pas brûler les étapes, et à saisir sa chance à la première occasion.

Uini Atonio, le monstrueux pilier de La Rochelle (1 mètre 95, 150 kg), négligé par la Nouvelle-Zélande, son pays d'origine, est également un joli coup de la part du sélectionneur. Champion de Pro D2 l'an passé, son ascension est fulgurante, est sa convocation n'est qu'une suite logique des choses.                                

Ses chances de s'imposer en Bleu sont de 50 %. Il manque encore de métier, mais est d'une maturité sidérante. Il faudra encore qu'il trouve un club d'un autre statut, afin de se familiariser avec les rencontres de haut niveau. S'il engrange assez d'expérience au côté de Nicolas Mas, il devrait pouvoir s'affirmer aux dépens de joueurs tels que Rabah Slimani ou de Luc Ducalcon.