Tournoi des Six Nations 2015, Chapitre 4

Pour cette avant-dernière journée de compétition, le programme était alléchant, et semblait nous offrir une occasion de se faire une idée bien plus précise sur le classement final. En ouverture, le choc du week-end, avec un bouillant Pays de Galles - Irlande à Cardiff. Le soir même, une autre affiche, avec la Calcutta Cup, entre la Rose et le Chardon. Enfin, pour en terminer avec ces deux jours d'ovale, une rencontre indécise entre l'Italie et le XV de France.

Tournoi des Six Nations 2015, Chapitre 4
Leigh Halfpenny, le cauchemar des défenses du Vieux Continent

La Rencontre à Ne Pas Manquer

Représentant incontestablement le choc de cette journée, le duel entre le Poireau et le Trèfle a tenu toutes ses promesses, et finalement tourné à l'avantage des Gallois. S'imposant 23 à 16, ils ont enlevé une rencontre d'une intensité et d'une densité physique exceptionnelles, en témoignent les bilans de leur trois meilleurs plaqueurs ( 31 pour Luke Charteris, 23 pour Sam Warburton, et 20 pour Scott Baldwin ) ! En première période, les deux équipes avaient déjà donné un aperçu du combat d'anthologie qui allait suivre. Une lutte symbolisée par deux des meilleurs marqueurs du tournoi, Leigh Halfpenny pour les Gallois, et Jonathan Sexton pour les Irlandais. Au bout de quarante minutes, quatre pénalités à trois en faveur du premier, auxquelles il faut ajouter un drop de son coéquipier Dan Biggar. Résultat, 15 à 9 à la pause.

Au retour des vestiaires, la bataille reprenait de plus belle, les Diables Rouges s'en allant les premiers dans l'en-but adverse, par Scott Williams, ce à quoi l'Irlande répondit par un essai de pénalité, transformé par le solide Jonathan Sexton. Et, au beau milieu d'un combat qui faisait rage, le Trèfle se devant de marquer un nouvel essai pour passer devant au tableau d'affichage, c'est bel et bien Leigh Halfpenny qui profitait de leur précipitation pour passer une nouvelle pénalité, et figer le score en faveur de son pays.

La Rouste à Ne Pas Manquer

Pour la première fois, le XV de France sort de la catégorie "purge", et passe dans celle de la "rouste". Et c'est amplement mérité, tant les Tricolores ont évolué au-dessus des Italiens dimanche. Reste à déterminer de manière objective si ce sont eux qui ont fait déjouer leurs adversaires, ou si l'Italie s'est faite hara-kiri. En tout cas, pas grand-chose à se mettre sous la dent en première période, les Bleus ne passant que trois pénalités, deux par Camille Lopez, puis une par Scott Spedding.

En revanche, après la pause, le début du massacre. Les différentes entrées en jeu ont permis aux Français de concrétiser leurs occasions. Par exemple, Jules Plisson, enfin au niveau en sélection. Impérial au pied, il a passé deux pénalités, et transformé les deux essais des Bleus, inscrits par Yoann Maestri, puis par Mathieu Bastareaud, sur le gong. Au final, un cinglant 0 à 29 en faveur des joueurs de Saint-André.

Une équipe revigorée, transformée, métamorphosée, les mots manquent pour décrire le changement de comportement des Tricolores sur le terrain. Pourvu que ça dure.

La Purge à Manquer

La rencontre entre la Rose et le Chardon semblait destinée à finir dans la catégorie de la "rouste", tant les Anglais faisaient forte impression depuis le début de la compétition. Pourtant, en dépit de leur victoire, ils ont offert un spectacle bien loin des attentes, tout comme leurs adversaires. En effet, les deux équipes ont fait preuve d'une maladresse incroyable, gâchant cartouche sur cartouche, multipliant les fautes de main et les plaquages ratées. Au final, c'est bien l'Angleterre qui a su l'emporter, 25 à 13.

En première période, un essai de Jonathan Joseph au bout de cinq minutes, et la Rose semblait partie pour donner une belle correction au Chardon. George Ford transformait, avant de passer une pénalité. Mais les visiteurs profitaient de la multitude d'occasions ratées par les locaux pour faire mal en contre, avec un essai de Mark Bennett, transformé par Greg Laidlaw, qui s'offrait ensuite deux pénalités, pour permettre à sa formation de rentrer aux vestiaires avec trois points d'avance.

En seconde période, sans pour autant cesser de gâcher, les Anglais passaient la vitesse supérieure, et s'en allaient deux autres fois dans l'en-but écossais, par l'intermédiaire de George Ford, puis de Jack Nowell. Le premier ttransformait son propre essai, avant de passer sa deuxième pénalité de la rencontre, achevant ainsi ses adversaires, qui ne marquèrent donc aucun point durant les quarante dernières minutes.