Tournoi des Six Nations 2015, Chapitre 5

Après plusieurs semaines de compétition, l'édition 2015 de cet "Euro" de rugby touchait à sa fin ce week-end, avec, en perspective, des rencontres qui serviraient à enfin connaître le classement final. Pour commencer, l'Italie affrontait le Pays de Galles, qui avait encore la possibilité de remporter le titre. Ensuite, l'Irlande, elle aussi en course pour la première place, se rendait chez le XV du Chardon. Et, en clôture, la France s'en allait défier l'Angleterre à Twickenham. Voici le compte-rendu de ces trois affiches.

Tournoi des Six Nations 2015, Chapitre 5
Sean O'Brien, un doublé et un rôle majeur dans la conquête du titre

La Meilleure Rencontre.

Quoi de mieux qu'un "Crunch" pour en terminer avec l'édition 2015 ? D'autant plus que celui-là est rentré dans la légende, de par la qualité de jeu proposée, et l'orgie qu'il a été. Douze essais, 90 points, et un suspense terrible quant à l'issue de la rencontre, qui déterminerait celle de la compétition. Jusqu'à la fin, les Anglais y auront cru, en grande partie grâce à la maladresse de leurs adversaires au pied ( 12 points de perdus ). Au final, la Rose n'a pu remporter le titre, la faute à une différence de points inférieure à celle de l'Irlande.

En première période, la rencontre est partie sur des bases incroyables, avec un essai de Ben Youngs d'entrée de jeu. Il en ajoutera un autre à cinq minutes de la pause. George Ford les transformera, ainsi que celui d'Anthony Watson, et passera aussi deux pénalités. En réponse à l'agressivité de la Rose, le XV de France ira deux fois dans l'en-but, par Sébastien Tillous-Borde, puis par Noa Nakaitaci. Jules Plisson se chargera de transformer le deuxième, y ajoutant une pénalité.

Au retour des vestiaires, le combat reprit de plus belle, avec, côté anglais, un doublé de Jack Nowell, transformé par George Ford, qui validera également son propre essai, puis celui de Billy Vunipola. Les Français, eux, inscriront trois autres essais, par Maxime Mermoz à la conclusion d'un superbe mouvement collectif, par Vincent Debaty après une course fantastique de plus de 80 mètres, et, pour finir, par Benjamin Kayser, concrétisant un maul d'une puissance à nulle autre pareille. Seul le premier sera transformé par Jules Plisson, qui laissera par la suite Rory Kockott passer une pénalité.

Après cela, 55 à 35 en faveur de la Rose, et une joie immense d'avoir eu le privilège d'assister à un tel spectacle.

La Rouste à Ne Pas Manquer.

Dans cette catégorie, la conquête du titre par l'Irlande, avec la manière, sur le terrain du Chardon qui plus est, ne pouvait être évitée. Face à une équipe qui n'avait plus rien à perdre, et qui souhaitait simplement se faire pardonner de ses piètres prestations, la tâche semblait ardue.

En première période, les locaux ont su faire illusion, répondant non sans mal au défi physique du Trèfle. De leur côté, un essai de Finn Russell, transformé par Greg Laidlaw, qui inscrira également une pénalité. En revanche, les Irlandais seront moins mesurés, avec des essais de Paul O'Connell et de Sean O'Brien, transformés par un Jonathan Sexton en feu, qui s'offrira six autres unités, profitant de la précipitation adverse dans les rucks.

Au retour des vestiaires, l'Irlande a mis le pied sur l'accélérateur, et fait preuve de réalisme, contrairement au Chardon, qui, bien que livrant une résistance admirable, n'a su marquer aucun point en seconde période. Le Trèfle, quant à lui, a poursuivi sa marche vers le trophée, grâce à deux nouvelles pénalités de Jonathan Sexton, qui validera un essai de Jared Payne, ainsi qu'à celui du doublé pour Sean O'Brien, qui sera lui transformé par Ian Madigan.

La Purge à Manquer.

Bien que le terme de "purge" semble un peu fort pour une rencontre aussi fructueuse, il est bon de souligner que cette débauche offensive n'est véritablement allée que dans un sens. En effet, l'Italie, bien que vaillante en première période, n'a pas tenu la cadence, livrant quarante dernières minutes à oublier.

Pourtant, tout laissait penser que l'affrontement serait plus équilibré que prévu, les Gallois ne prenant l'avantage qu'au moment de rentrer aux vestiaires. Pour les Italiens, une pénalité de Kelly Haimona, et une autre de Luciano Orquera, qui s'occupera également de donner plus d'ampleur à l'essai de Giovabattista Venditti. Pour leurs adversaires, un essai de Jamie Roberts, deux pénalités de Leigh Halfpenny, et une de Dan Biggar.

En revanche, après la pause, la rencontre tournera à l'humiliation, la faute aux Italiens, qui prendront deux cartons jaunes, et évolueront en infériorité numérique durant vingt minutes. Le début du festival. Sept essais en trente minutes : un de Liam Williams ( transformé par Dan Biggar ), trois de George North ( transformés par Dan Biggar ), un de Rhys Webb, un de Sam Warburton ( transformé par Dan Biggar ), et, pour finir, un de Scott Williams ( transformé par Dan Biggar ). En réponse à cette déferlante, un malheureux essai de Leonardo Sarto, transformé par Luciano Orquera.

Une rencontre à sens unique, et un sentiment de gâchis après les deux cartons jaunes envers les Italiens, trop inexpérimentés pour pouvoir livrer un véritable combat durant plus d'une heure.