Oyonnax, les étapes d'un miracle

Il était une fois Oyonnax, commune peuplée de 20 000 âmes, perdue entre Lyon et Grenoble. Et il était une fois l'USO, son club de rugby, fondé en 1909, qui arbore fièrement depuis le rouge et le noir qui font sa réputation, au point d'éclipser le LOU et le FCG. Après avoir découvert le Top 14 l'an passé, pour se sauver à la différence de points particulière aux dépens de Perpignan, le groupe de Christophe Urios est en train de réaliser un authentique exploit, celui de se qualifier pour les phases finales. Voici les moments décisifs de cette saison colossale.

Oyonnax, les étapes d'un miracle
Benjamin Urdapilleta, le métronome de l'USO

Troisième Journée.

Après deux défaites à l'extérieur pour entamer le championnat, les Oyomen souhaitent lancer leur saison à l'occasion de la réception du Stade Français. Les Parisiens, eux, ont laissé quelques titulaires sur le banc, mais leur XV de départ s'avance quand même en épouvantail sur la pelouse de Charles - Mathon. On y retrouve tout de même six internationaux, et pas des moindres, contre seulement quatre pour l'équipe titulaire d'Oyonnax.

Pourtant, Oyonnax va d'entrée prendre le jeu à son compte, pour inscrire un essai au quart d'heure de jeu par l'ailier Yves Donguy, un Français originaire de Côte d'Ivoire. Il ira une nouvelle fois dans l'en-but, seulement cninq minutes plus tard, pour un doublé inédit. Benjamin Urdapilleta, l'Argentin, demi d'ouverture et vedette de l'équipe, passera une pénalité entre ces deux essais, à laquelle répondra le Parisien Jérôme Fillol, cinq minutes avant la pause. Au moment de rentrer aux vestiaires, rien de bien fantastique mais une solide avance pour les locaux, 13 à 3.

Et puis, à la reprise, le festival. Au bout de cinq minutes, nouvelle pénalité de Benjamin Urdapilleta, et nouvelle réponse de Jérôme Fillol. Ensuite, plus rien pour le club de la capitale. Benjamin Urdapilleta fera le spectacle, avec une troisième pénalité, puis deux transformations, la première pour bonifier son propre essai, à cinq minutes du terme, puis la seconde pour bonifier celui de Roimata Pune, le centre venu de Nouvelle - Zélande, dans les arrêts de jeu. Le Stade Français repart bredouille, corrigé sur le score de 33 à 6, tandis qu'Oyonnax célèbre une première à domicile sans bavure.

 

 

Dixième Journée.

Oyonnax se rend à Colombes, sur les terres du Racing - Métro, qui aligne onze internationaux au coup d'envoi, contre huit pour les visiteurs. Ceux - ci, venus pour le bonus défensif, tenteront de s'appuyer sur un défense à toute épreuve et sur la réussite de leur buteur fétiche.

Au bout de dix minutes, celui - ci se met en action, en passant un drop face aux perches. Benjamin Urdapilleta est lancé. Cinq minutes plus tard, premier coup d'arrêt, avec un essai des locaux, qui est signé Johan Goosen. Jonathan Sexton transforme, le Racing se prépare à enfoncer le clou. Mais il faudra encore attendre cinq nouvelles minutes, pour voir Benjamin Urdapilleta inscrire trois nouveaux points, pénalisant ainsi l'alignement défensif des Franciliens. Un quart d'heure plus tard, il passe une nouvelle pénalité, mais dans le temps additionnel, Teddy Thomas à l'essai et Johan Goosen à la transformation permettent au public de respirer, sur le score de 14 à 9.

En seconde période, hormis par l'intermédiaire de Johan Goosen, sur pénalité, le Racing restera muet, sans ressources face à l'impitoyable machine qu'est ce petit club au grand courage. Impériaux en défense, les coéquipiers de Benjamin Urdapilleta feront le nécessaire pour lui permettre d'inscire quatre nouvelles pénalités, pour porter le score à 17 - 21, et conclure une performance d'un indescriptible pragmatisme.

 

Dix - Septième Journée.

Après l'humiliation subie à l'aller, à Charles - Mathon, le Stade Français reçoit Oyonnax, avec pour seule intention de poursuivre sa série d'invincibilité à domicile, que lui envient tous les autres clubs de cette édition 2014 - 2015. Cette fois, pas de titulaires au repos, et un XV de départ composé de neuf internationaux, contre quatre pour les visiteurs.

Mais c'est sans compter sur la résistance farouche des Oyomen, qui vont faire ce qu'ils savent le mieux, à savoir défendre sans relâche, pour ensuite conclure au pied. Et, comme toujours, c'est Benjamin Urdapilleta qui s'en chargera. Le récital commence au bout d'un quart d'heure, avec une première pénalité. Djibril Camara réplique cinq minutes plus tard, en inscrivant un essai transformé par Jules Plisson, qui passera ensuite une pénalités avant la pause, contre trois autres pour Benjamin Urdapilleta.

Au retour des vestiaires, alors que le score est de 10 à 12 en faveur des joueurs de Christophe Urios, les Parisiens reprendront l'avantage grâce à une nouvelle pénalité de Jules Plisson, et tenteront par la suite d'enfoncer le clou. C'était sans compter sur le courage de leurs adversaires, qui multiplieront les sauvetages insensés, pour ensuite repasser devant au tableau d'affichage par l'intermédiaire de leur métronome, Benjamin Urdapilleta, qui scellera ainsi le sort de cette rencontre. Au final, 13 à 15.

 

Dix - Neuvième Journée.

Alors que Toulouse reste sur trois victoires de suite, et ne cesse de grimper au classement, Oyonnax souhaite grappiller le maximum de points en vue du maintien, qui est encore l'objectif principal. Les internationaux de Guy Novès se comptent au nombre de quatorze, contre quatre pour ceux de Christophe Urios.

Là encore, pour voir du rugby flamboyant, il faudra repasser. Mais quelle discipline ! Une défense tout aussi imperméable, un buteur tout aussi décisif et un public tout aussi bruyant, tout était réuni pour un nouvel exploit. Au bout de cinq minutes de jeu, pénalité de Benjamin Urdapilleta, un classique. Trente minutes plus tard, égalisation de Luke McAlister. Et voilà, 3 - 3 à la pause.

Après les dix traditionnelles minutes de repos, les joueurs reviennent sur la pelouse, le temps d'offrir deux nouvelles pénalités à Benjamin Urdapilleta, la première à une demi - heure de la fin, sur une faute de Vincent Clerc, et la seconde à dix minutes de la fin, sur une nouvelle erreur de jugement des Toulousains. Et c'est ainsi qu'Oyonnax s'impose, 9 à 3, toujours avec la même minutie et la même capacité à faire déjouer l'adversaire.

 

Vingt - Deuxième Journée.

Une semaine avant la finale de la Coupe d'Europe, Clermont reçoit Oyonnax, mais décide de laisser au repos tout son XV titulaire habituel. Ne vous y fiez pas, il y a quand même du très lourd chez les "remplaçants", preuve en est des douze internationaux présents au coup d'envoi, contre six pour les visiteurs.

Au bout de trente minutes fermées, Marcel - Michelin se réveille, et ce grâce à l'essai du jeune Peceli Yato, en faveur de l'ASM. Brock James transforme, et voilà Clermont lancé vers un tranquille succès à domicile. Mais juste avant la pause, Benjamin Urdapilleta, pourtant pas très en vue lors de cette rencontre, passe une pénalité, et permet à son équipe de rester au contact, 10 à 3.

Lors de la mi - temps, Christophe Urios intervient, et fait comprendre à ses joueurs que les Jaunards sont prenables. Message reçu, avec, au bout d'un quart d'heure, un essai de Soane Tonga'Uiha, international avec les Tonga. Benjamin Urdapilleta manque la transformation, mais se rattrape vingt minutes plus tard, en répondant à une pénalité de Brock James. Résultat, victoire sur le gong des Oyomen, 10 à 11.