Dominic Thiem, la pépite qui inquiète

Il est Autrichien, il a 20 ans et sa gueule d'ange en inquiète plus d'un. Tombeur de Wawrinka à Madrid, de Simon à Indian Wells, inquiétant Murray à Rotterdam et Tsonga à Vienne, Dominic Thiem est entré il y a à peine deux mois dans le top 100 et bouscule la hiérarchie actuelle. Portrait d'un joueur dont vous entendrez très sûrement parler prochainement.

Il a seulement 20 ans et son nom fait déjà peur aux plus grands. Dominic Thiem, Autrichien, 58ème joueur mondial commence à se faire un nom dans le domaine très concurrentiel du circuit ATP. Vous avez peut-être entendu parler de lui après ses précédents exploits, à Indian Wells en mars où il a battu Gilles Simon ou à Madrid où il a sorti la tête de série n°2, Stanislas Wawrinka. Et il ne compte pas s'arrêter là. C'est un joueur multisurface, plus jeune joueur du top 100. S'appuyant sur un service de qualité, il est réputé pour la puissance et la précision de ses coups, qui surprennent ses adversaires. Il bénéficie également d'un mental à tout épreuve. Il est prédit futur joueur du top 10 par de nombreux observateurs. Il est qualifié directement pour le tournoi principal de Roland-Garros et de Wimbledon. Mais revenons sur son parcours de ses débuts sur le circuit en 2011 à son exploit contre Wawrinka, numéro 3 mondial.

Kitzbühel, le tournoi qui lui réussit

Dominic Thiem débute vraiment sur le circuit en 2011 où, du haut de ses 17 ans il devient professionnel. Il évolue alors au-delà de la 700ème place mondiale. Cette année là, il réalise comme belle performance une finale dans un Future en Turquie, tournoi donnant 10 points au vainqueur. Il totalise cette année là un prize-money équivalent à 30 000$, assez pour pouvoir continuer dans cette voie. L'année suivante, il débute sa vraie carrière en accumulant les bonnes performances : finale au Maroc, victoire chez lui au 1er tour à Vienne contre Lukas Lacko, alors 51ème mondial, défaite serrée contre Ernests Gulbis, alors 151ème mondial à Winston-Salem (ATP250, 4-6, 3-6). A Kitzbühel (ATP 250), il oblige Martin Klizan, alors 62ème mondial à aller jusqu'à un troisième set où il ne s'incline que d'un break. Il finit l'année aux portes du top 300.

A Kitzbühel, en 2013. - ©Gepa Pictures
À Kitzbühel, en 2013. - ©GEPA Images

Après une année 2011 de découverte et une année 2012 de progression, il s'affirme vraiment à partir de l'année 2013, où il commence à faire parler de lui. Pour son deuxième tournoi de la saison, il atteint la finale d'un Futures en Croatie où il doit abandonner, alors qu'il était favori. La semaine suivante, il remet ça et remporte le tournoi. Ses performances paient et il participe pour la première fois aux qualifications d'un Masters 1000, à Rome. Il se qualifie pour le tournoi final et croise la route d'Olivier Rochus, qui le bat en deux sets. Il participe ensuite de nouveau à l'ATP 250 de Kitzbühel où il réalise une belle prestation en battant successivement le Russe Andrey Kuznetsov, 82ème mondial et surtout Jurgen Melzer, son compatriote 34ème mondial. Comme une passation de pouvoir.

Tout proche de battre Tsonga

Au tournoi ATP 250 de Vienne, il se distingue en se qualifiant pour les huitièmes de finale en battant coup sur coup Daniel Gimeno-Traver puis Jaroslav Pospisil (à ne pas confondre avec Vasek, le Canadien). Il se présente face à Jo-Wilfried Tsonga au troisième tour et lui donne du fil à retordre. Après la perte du premier set d'un break (4-6), il remporte la seconde manche (6-3) et emmène finalement le Français dans un tie-break où il perd les pédales (3-7). Mais au final, l'Autrichien est tout proche de l'exploit. Il termine sa saison par une victoire au Challenger de Casablanca (en n'ayant perdu qu'un set) et une élimination au premier tour du Challenger de Bratislava, contre Igor Sijsling, 72ème mondial. Il termine sa saison à la 122ème place, soit près de 180 places gagnées en une année.

À Bratislava, en 2013. - ©Christian Hofer

120ème, Dominic Thiem peut alors s'aligner plus facilement sur les qualifications des tournois du circuit principal et du coup, monter encore plus au classement. Grâce à ses efforts lors des Futures et des Challengers ainsi qu'à ses exploits dans les tournois ATP 250 auxquels il a participé, Thiem peut maintenant viser plus haut pour sa saison 2014. Il peut maintenant dire adieu aux tournois de niveau inférieur et dire bonjour au grand circuit. C'est ainsi qu'il participe aux qualifications du tournoi ATP 250 de Doha et qu'il se qualifie pour le tableau principal, après n'avoir perdu aucune manche lors des qualifications. Il s'incline finalement au premier tour face à l'Allemand Peter Gojowczyk.

L'Open d'Australie, premier Grand Chelem

Mais c'est finalement à l'Open d'Australie qu'il se révèle au grand public. Participant pour la première fois de sa carrière, à seulement 20 ans, aux qualifications d'un Grand Chelem, Thiem se qualifie finalement pour le tournoi principal. Mais pas sans difficultés. Tout d'abord, il livre un énorme match contre le Sud-Africain Rik De Voest au premier tour des qualifications, qu'il conclue au troisième set (l'apparition des trois sets gagnants se fait dans le tableau principal) sur le score de 10-8 au bout de 2h40 de jeu ! Ce match était une confrontation entre deux gros serveurs puisqu'il y a eu pas moins de 16 aces dans la rencontre. Au deuxième tour, face à Matthias Bachinger, il se ressaisit après avoir laissé filer le second set et s'impose 6-3, 0-6, 6-3. En revanche, il asphixie Martin Klizan au troisième tour de ces qualifications (6-2, 7-5) en 1h16 grâce à un très bon service (84% de points remportés sur première balle) et se qualifie pour le tableau principal. Une grande marche pour lui.

À l'Open d'Australie, en 2014. - ©GEPA Pictures

Il dispute alors son premier match en trois sets gagnants, face au Portugais Joao Sousa, 50ème mondial. Tout débute mal avec la perte du premier set 5-7. Mais l'Autrichien n'abandonne jamais et se ressaisit grâce à un énorme service (20 aces) et s'impose finalement en quatre sets 5-7, 6-4, 6-3, 7-6 [3] en 3h05 de jeu. Le plus long match de sa (courte) carrière. À bout de force, après avoir disputé 12 sets en moins d'une semaine, il ne peut rivaliser avec Kévin Anderson, 21ème mondial. Face à un joueur au profil similaire, il ne rivalise pas et s'incline en trois sets secs 4-6, 3-6, 4-6 en seulement 1h47 de jeu. Fin de l'aventure australienne pour lui. Mais il a beaucoup appris lors de ces quelques matchs en Grand Chelem.

Murray a failli trembler

Puis Thiem continue à travailler, à perfectionner son jeu un mois durant jusqu'à se présenter aux qualifications du tournoi ATP 500 de Rotterdam où il se défait au terme d'un match serré du Français Kenny De Schepper grâce à son mental dans les deux tie-breaks de la rencontre (7-6 [4], 7-6 [1]). Puis au deuxième tour, il ne tombe pas dans le piège du Slovaque Adrian Sikora, 288ème joueur mondial (6-1, 7-5). Arrive alors le tableau principal. Il commence par affronter Jarkko Nieminen, 36ème joueur mondial. Entreprenant, il est solide sur son premier service (87% de points gagnés) et se met au niveau de son adversaire. Au final, il s'impose 6-4, 4-6, 6-4 en ayant sauvé sept balles de break. C'est alors l'adversaire le mieux classé qu'il ait battu.

Face à Andy Murray, à Rotterdam en 2014. - ©Tous Droits Réservés

Au second tour, il est opposé à Andy Murray. Le Britannique, 6ème mondial et qui dispute alors son premier match du tournoi n'arrive pas à dominer franchement l'Autrichien. Après avoir remporté le premier set 6-4, il ne peut récidiver dans le second set et le perd 3-6. Arrive alors la troisième manche décisive. Thiem se bat alors mais ne peut lutter. Faisant face à un très bon retourneur (seulement deux aces), ne profitant pas de ses opportunités (cinq balles de break non conclues), il se fait finalement punir et battre 6-3 dans la dernière sur un double-break de son adversaire. Rageant quand on sait que les deux joueurs ont remporté autant de points l'un et l'autre (106 points chacun). Au tournoi suivant (ATP 500 d'Acapulco), il ne franchit pas les qualifications.

Une tournée Nord-Américaine qui lui sourit

Mais après sa belle performance à l'Open d'Australie et sur le circuit principal, Thiem a le droit de participer aux qualifications du Masters 1000 d'Indian Wells. Il ne tombe alors pas dans le piège et se qualifie pour le tournoi principal. Pour son premier tour, il fait face à un Américain peu connu, Daniel Kosakowski (366ème mondial). Pas de problèmes pour lui, victoire en 1h29 6-2, 7-6. Au tour suivant, il affronte Gilles Simon 23è joueur mondial mais en manque de confiance. Sans sourciller, il s'impose 7-6 [5], 6-2 et se retrouve au troisième tour. Une belle performance qui lui permettra d'entrer dans le top 100. Malgré une défaite 6-7, 3-6 face à Julien Benneteau, Dominic Thiem a fait un nouveau pas en avant.

Indian Wells, 2014. - ©John G. Mabanglo

Après Indian Wells, traversée des États-Unis pour atterrir à Miami. Une nouvelle fois, place aux qualifications. Une nouvelle fois, entrée dans le tableau principal. Il réalise une belle performance puisqu'au premier tour, il se joue de Lukas Rosol 7-6 [6], 6-4. Tommy Robredo, contre qui il s'incline au 2nd tour doit s'employer dans le tie-break de la seconde manche pour s'imposer. Dominic Thiem n'est plus un joueur de seconde zone, c'est désormais un joueur qui peut battre n'importe qui, n'importe quand.

La terre battue lui fait passer un cap

À la suite de la tournée Nord-Américaine, Dominic Thiem fait une seconde pause dans ses tournois et travaille de nouveau un mois durant, entrecoupé par son premier match de Coupe Davis, qu'il perd. Arrive alors la saison sur terre battue. Tout commence bien pour lui avec une place directe dans le tableau final de Monte Carlo. Une place qu'il ne sait exploiter à cause d'une défaite contre le 40ème mondial, Nicolas Mahut en trois manches 6-4, 3-6, 2-6. Retour aux qualifications pour le tournoi ATP 500 de Barcelone dont il se sort, comme il a l'habitude. Mais place alors aux grosses pointures, dont il ne fait qu'une bouchée.  Tour à tour, Radek Stepanek (6-4, 6-4) et Marcel Granollers (3-6, 6-3, 6-2) subissent les foudres de l'Autrichien. Seul Santiago Giraldo, futur finaliste et en état de grâce peut le stopper dans son élan en trois sets (6-4, 4-6, 6-7).

À Barcelone, en 2014. -  ©EPA/Alejandro Garcia

Arrive enfin le Masters 1000 de Madrid, son tournoi le plus abouti et celui dans lequel l'on a le plus entendu parler de lui. Dès les qualifications, il doit affronter des adversaires de son niveau : le 76ème mondial Leonardo Mayer au premier tour (6-7 [2], 6-2, 6-4) puis l'Australien Marinko Matosevic, 68ème mondial (6-4, 6-4). Thiem est alors 70ème mondial. Au premier tour du tournoi principal, il se joue de Dmitry Tursunov, 32ème mondial avec une déconcertante facilité (6-4, 6-2). Mais c'est au second tour que le grand public entend parler de lui. Car Thiem réalise un match fantastique contre un Stanislas Wawrinka à côté de son match et s'impose en night session 1-6, 6-2, 6-4. Malheureusement pour lui, il doit abandonner au tour suivant et déclarer forfait pour les qualifications du tournoi de Rome. Cependant, Thiem s'est fait un nom au fur et à mesure des tournois, et s'est imposé comme un membre du circuit principal en 2014. Il ne serait pas étonnant de le voir faire une grosse performance à Roland-Garros. Et pourquoi pas même à Wimbledon ? À voir...

Son profil type

Dominic Thiem est un joueur multisurface, plus jeune joueur du top 100. S'appuyant sur un service de qualité, il est réputé pour la puissance et la précision de ses coups, qui surprennent ses adversaires. Il bénéficie également d'un mental à tout épreuve. À seulement 20 ans, il est prédit futur joueur du top 10 par de nombreux observateurs. Il est qualifié directement pour le tournoi principal de Roland-Garros et de Wimbledon.