Novak Djokovic - Roger Federer, une finale en 5 actes

14 heures pétantes, les deux protagonistes pénètrent sur le central de Wimbledon. Deux légendes dans le plus beau des écrins, le décor est planté. D’un côté Novak Djokovic, Serbe de 27 ans, six titres du Grand Chelem dont un Wimbledon. De l’autre côté, le maître des lieux, Roger Federer, Suisse de 33 ans, 17 titres en Grand Chelem dont 7 Wimbledon. Le décor consiste en une arène de 15 000 places. Côté court le clan de Novak Djokovic, côté jardin la « Federer Box ». Au milieu de tout ça, deux artistes qui nous ont offert le plus beau des spectacles.

Novak Djokovic - Roger Federer, une finale en 5 actes
Djokovic avec le Wimbledon Trophy, "Vieux linge ! Toi je te garde"
Djokovic
3 2
Federer

Ce blockbuster nous promettait un rude combat entre ce qui se fait de mieux en matière de finale, il n’a pas dérogé à la règle. Pendant trois heures et quarante cinq minutes de jeu, les deux finalistes se rendent coups pour coups : chop, slice, aces, smashs, demi-volées, montées au filet sur seconde balle, il n’y a rien à dire, on a assisté à un match de haute volée. C’est sur sa seconde balle de titre que Novak Djokovic finit par faire craquer Roger Federer. Le revers du Suisse vient mourir en plein milieu du filet tirant ainsi le rideau sur cette finale, majestueuse.

Novak Djokovic vient rompre la malédiction de trois finales perdues en Grand Chelem. Le Djoker n’avait plus gagné de majeur depuis l’Open d’Australie 2013 où il avait dominé le Britannique Andy Murray (écarté dans ce Wimbledon par Grigor Dimitrov). Tout au long de cette finale, Novak Djokovic aura couru, se sera battu, et comme à sa grande habitude n’aura jamais rien lâché. Bien qu’il ait du concéder la première manche au Suisse lors du premier tie-break de la rencontre, c’est bien le Serbe qui entame le mieux le second set. Il prend le service de Roger Federer très tôt à 2/1 et fait la course en tête. Nole tient son engagement tout au long de cette manche : il joue juste, sert bien et ne concède aucune balle de break. En 43 minutes, il conclue cette seconde manche 6/4. Les deux hommes sont à égalité un set partout. Plus mobile sur le terrain, plus précis que son adversaire (le Serbe commet seulement 2 fautes directes) et toujours aussi impérial sur son service, Djokovic remporte le second tie-break et fait désormais la course en tête en menant deux sets à un.

La fin pour Federer ? No way ! Tout le contraire, le public, connaisseur et admirateur du beau jeu pousse le Suisse qui reprend des couleurs malgré le fait qu’il ait du écarter une première balle de titre sur son service. Djokovic joue moins juste et se crispe. Il devient plus vulnérable sur son service dont il doit le concéder pour la première fois dans cette finale. Coup de génie de Roger Federer : un ace pour écarter la balle de titre, d’abord annoncée dehors, puis vite corrigée par le hawk-eye. Le reste n’est que du pur spectacle comme on y est habitué dans ce genre de finale. Roger Federer nous sort sa spéciale : montée sur seconde, demi-volée dans la foulée. Un enchaînement dont lui seul est capable de faire à un tel stade de la compétition. Il remporte dans la foulée le quatrième set, voilà les deux hommes à égalité.  Une cinquième manche s’ouvre sur le Center Court, la première depuis 2009 et l’épique 16/14 entre Roger Federer et Andy Roddick. Mais cette finale n’aura le même suspens, en difficulté sur son service, Roger Federer passe beaucoup moins de premières balles et se trouve agressé en permanence derrière ses secondes. Novak Djokovic, peut puiser dans son mental d’acier et ne craque pas, ses démons sont biens loin désormais. Après un dernier jeu chaotique du Suisse avec quatre fautes directes, il finit par offrir le second Wimbledon à Novak Djokovic et se prive ainsi lui même d'une huitième couronne à Londres. C'est la fin de la partie, game set and match...

Comme en 2011, Petra Kvitova qui avait remporté le titre chez Dames est imitée le lendemain par Novak Djokovic. Grâce à ce succès, il rejoint ainsi John McEnroe et Mats Wilander avec sept titres du Grand Chelem et redeviendra lundi le patron du classement ATP.