Interview exclusive avec Maxime Teixeira

154ème à l'ATP en 2012 Maxime Teixeira est retombé au 493è rang après une année 2014 compliquée. Il a accordé une interview exclusive à Vavel à propos des difficultés qu'il rencontre au quotidien sur les circuits challengers et futures.

Interview exclusive avec Maxime Teixeira
Maxime Teixeira 493è à l'ATP @atpworldtour

" Pour un joueur classé aux alentours du top 500 comment s'organise une saison, avec quelle structure ?

C'est quelque chose de dur à trouver car souvent le budget est limité donc il faut se débrouiller pas mal tout seul. Pour ma part j'ai la chance de bénéficier des structures de la fédération française de tennis à Roland Garros. J'ai tout à ma disposition. En ce qui concerne les tournois je pense qu'il faut alterner des futures avec des qualifs de challenger pour se confronter à un niveau supérieur.

 Il y a quelques jours Guy Forget estimait dans un entretien au journal Le Monde que certains joueurs exagèrent sur les primes perçues. Que répondriez-vous à l'ancien capitaine de Coupe Davis ?

Que je suis d'accord avec lui. Les meilleurs joueurs sont ceux qui jouent le moins de tournois, qui ont souvent un BYE au premier tour et qui demandent un calendrier avec plus de repos. Alors certes ils gagnent beaucoup de matchs et donc peuvent jouer beaucoup.Mais pour les exhibitions  les dates ne les dérangent pas. Je ferais peut être pareil à leur place vu les sommes mirobolantes qu'ils peuvent toucher, mais dans ce cas ils ne peuvent se plaindre du calendrier ATP. 

Que se passe t'il sur le plan financier en cas de blessure pour un joueur évoluant, comme vous, aux alentours du top 200 (y'a t'il une aide de l'ITF ou de l'ATP) ?

N'ayant jamais été blessé très longtemps je ne me suis jamais renseigné à ce sujet. Je crois que lorsque l'on se blesse la partie financière est très dure à gérer. 

 Avez-vous une idée des écarts de revenus entre les joueurs habitués aux challengers et ceux habitués aux ATP 250 ?

 Il est énorme. Il suffit de regarder l'écart des le premier tour. Le plus petit gain des atp 250 au 1 er tour et de environ 4000 euros en sachant qu'un tournoi comme kuala lumpur par exemple va jusqu'à 9000$ (soit 7000 euros). Alors qu'en challenger le plus petit et de 360 euros...En sachant que les joueurs de ce niveau joue le tableau des 4 grand chelem. La différence à la fin de l'année est énorme.

A partir de quel classement un tennisman peut-il vivre de sa passion ?

Je pense que si l'on arrive à ce stabiliser sous les 200 premier mondiaux certes on ne met pas d'argent de coté mais on peut vivre sans problème à condition de bien gérer son budget.

 Quel est le coût moyen d'une saison sur le tour quand vous êtes accompagné d'un entraîneur ?

Et bien c'est minimum le double d'une saison seule soit minimum 60 000 euros (si on est très économe et sans trop de déplacement). Il faut payer ses frais de déplacement, les repas. Rajouter un supplément pour la semaine d'accompagnement ou un pourcentage sur le prize monnaie pour que lui aussi puisse gagner sa vie. Autant dire que c'est impossible si l'on est tout seul et pas sous les 80 premiers mondiaux.

 Avez-vous une idée pour financer une hausse des prize-money sur les circuits secondaires ?

Les petits tournois sont souvent au maximum de leur possibilités financières. Malgré que les meilleurs gagnent beaucoup beaucoup d'argent c'est malheureusement grâce à a eux aussi que le tennis et un sport si médiatique et reconnu dans le monde entier.

 Esperez-vous un coup de pouce des instances, sous quelle forme ?

A part une énorme injection d'argent des associations comme l'ITF ou l'ATP je ne vois pas comment les choses peuvent changer...

Pensez-vous que la solution pourrait passer par une meilleure médiatisation et notamment par une diffusion de la finale comme à Bordeaux ?

On en revient toujours au même. Pour pouvoir promouvoir le circuit secondaire et le médiatiser il faut de l'argent et des sponsors. Une chose vraiment pas facile à trouver pour beaucoup de tournois... Bordeaux fait parti des plus gros tournois challenger et a des infrastructures fabuleuses. La richesse et la renommée de la ville aident beaucoup aussi.    "