Tsonga exécute Berdych, le patron des Bleus ne s’appelle pas Gaël

Alors que toute la pression du clan français semble reposer sur les épaules de Gaël Monfils, Jo-Wilfried Tsonga avance dans l’ombre. Plus solide que jamais à Paris, le Manceau a pulvérisé Tomas Berdych en quatre manches (6-3,6-2,6-75,6-3). La meilleure chance de notre pays Porte d’Auteuil s’appelle Jo, et non Gaël.

Tsonga exécute Berdych, le patron des Bleus ne s’appelle pas Gaël
Face à Berdych, Tsonga a remporté un match de gros serveurs

Un seul set perdu

Alors qu’il doit ce soir défier Roger Federer, La Monf’ a déjà concédé cinq manches en trois matchs. Or il n’est pas concevable d’atteindre un dernier carré en Grand Chelem, et encore moins une finale, en dépensant autant d’énergie en première semaine de tournoi. Pendant ce temps, Tsonga, de son côté, n’a pas encore laissé le moindre set à ses adversaires, pourtant dangereux. Après Christian Lindell et Dudi Sela, adversaires modestes, Jo avait affaire à un pur terrien, Pablo Andujar. Au terme d’un match très bien maîtrisé, il a su ne pas rester trop longtemps sur le court pour préserver ses forces pour le tour suivant face au nouveau 4ème mondial Tomas Berdych. Le résultat est là, trois sets à un avec une excellente entame, une régularité constante et une fin de match mentalement assurée.

 

Un service presque parfait

Depuis le début du tournoi, Jo affiche un plutôt bon ratio de premières balles. De plus son pourcentage de points gagnés lorsque sa première passe est excellent : 74% face à Andujar, 88% contre Sela, 88% contre Lindell encore, et 77% cet après-midi. Un bilan qui s’avère tout simplement monstrueux. En dehors de ses temps faibles, prendre le jeu de service du Manceau relève presque de l’utopie pour ses adversaires, qui ne peuvent pas se permettre le moindre jeu sans sur leur service pour entrevoir le gain d’une manche.

 

Pas la moindre pression jusqu’alors

Depuis le tirage au sort, le constat est simple. Gaël par ci, Monfils par là, toute l’attention des médias se focalise sur Sliderman. Et pendant ce temps, Jo avance sans faire de bruit malgré des grands pas. Il devenait habitué ces dernières années, et surtout depuis qu’il a eu quatre balles de match face à Djokovic en quarts en 2012, à attirer tous les regards. Mais en 2015, les « temps de parole » sont différents. Gaël a battu Federer à deux reprises (en finale de la Coupe Davis puis à Monte-Carlo) et se retrouve propulsé comme un outsider de Roland-Garros. Pourtant en août dernier (sur surface rapide, certes), Tsonga a remporté le Masters 1000 de Toronto en battant 4 membres du Top Ten en 4 jours. Le jour où Monfils triomphera en Masters 1000 semble encore très loin…

 

Un tableau difficile mais pas impossible

Deux premiers tous presque donnés puis un Espagnol solide mais usé par Kohlschreiber ont permis à Tsonga de rallier sans encombre les huitièmes de finale. Se dressait alors Tomas Berdych, sur le papier presque imprenable (4ème à l’ATP, 3ème depuis janvier). Le géant tchèque n’a jamais semblé en mesure de sortir l’ogre français en ce dimanche après-midi pluvieux à Paris. Au tour suivant se présentera face à Ali-Jo le Japonais Kei Nishikori, vainqueur de Barcelone. Seuls Andy Murray et Novak Djokovic sont parvenus à battre le 5ème mondial sur terre battue cette année. Il sera donc très difficile de venir à bout du joueur asiatique mais le challenge est tout de même plus abordable qu’un Nadal ou qu’un Djokovic, surtout en quart de finale de Roland-Garros. Le vainqueur de ce match n’aura pas besoin de battre ni les deux favoris, ni Andy Murray pour rejoindre le dernier carré de ces Internationaux de France.

 

Un moral au beau fixe

Après une première partie de saison handicapée par une blessure, le Français arrivait sans repère à Paris. Mais avec moins de pression que les années précédentes et des joueurs affrontés qui lui ont permis de monter en puissance progressivement, le Français s’est bâti un moral en béton à l’heure d’aborder un énorme défi : battre Kei Nishikori en cinq sets gagnants.